Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

vendredi 16 février 2018

Gaëlle

 Ça s’est compliqué avec Gaëlle, la sœur du milieu. A mon retour de New-York, fin janvier, Muriel et Rose avaient lancé une invitation aux deux sœurs, Karine et Gaëlle. Karine, l’aînée, avait été d’accord pour venir à la maison, mais Gaëlle pas du tout. Elle exprimait même carrément son hostilité, malgré le beau feu d’artifice final de ce fameux dimanche où elles étaient allées au cinéma. Elle disait que nous n’étions que des salopes malfaisantes, qu’elle nous détestait, et qu’elle ne voulait plus jamais nous revoir. Elle s’était d’ailleurs momentanément fâchée avec Muriel. Pourtant, ce dimanche-là, d'après Marianne, quand elle était venue boire le thé avec ses sœurs, Gaëlle s'était montrée parfaitement consentante, même si elle avait hésité pour donner et recevoir quelques douceurs bienfaisantes. 

 Nous avons cogité sur le sujet et, certainement, pensons-nous, Gaëlle connaît des problèmes psychologiques. Elle ne se trouve pas belle, alors que Marianne et Rose disent que c’est une fille magnifique. Elle vit seule, célibataire, et n’a jamais eu de liaisons amoureuses suivies, ni avec des hommes, ni non plus avec des femmes. Dès son adolescence, au fil des années, elle serait devenue timide, nerveuse, rebelle, anxieuse, jalouse, coléreuse, déprimée, changeante d’humeur, instable professionnellement, bref pas facile à vivre, sans qu’on en connaisse vraiment la raison. De son côté, bien au contraire, Karine est devenue partante pour nous fréquenter, malgré le refus de sa sœur. Elle avait beaucoup aimé l’accueil de Rose et de Marianne, et dit qu’elle serait ravie de faire plus ample connaissance avec moi. Elle aurait même exprimé que, malgré mon (grand) âge, j’étais une femme très belle et désirable et qu’elle aimerait beaucoup faire l’amour avec moi. 

 Depuis, ce n’est pas si vieux, Marianne et moi avons beaucoup joué avec elle, chez nous, avec sa brosse à cheveux, mais aussi chez elle, quand elle nous a invitées à dîner et à nous balader. Ce fut un moment très sympa. Ce jour-là, elle nous a raconté qu'elle avait eu, dans la semaine, la visite de sa sœur Gaëlle, et que, contre toute attente, Gaëlle avait complètement changé de position. Elle n'était plus du tout braquée contre nous et avait même demandé de nos nouvelles. Le plus incroyable était que Gaëlle avait envie de faire l'amour avec… Karine, sa sœur. Elle lui a donc demandé si elle voulait bien. Et Karine qui ne savait pas trop, a hésité, mais, sur l'insistance de sa sœur, a fini par lui dire oui. Gaëlle s’est montrée active et entreprenante, et, au final, complètement aux anges. 

 Je crois bien que cette fille est une sorte de névrosée qui a très envie de faire l'amour avec des femmes, sans doute parce qu'elle déteste les hommes, mais surtout elle a peur de se sentir coupable en gouinant, peur de faire quelque chose de très mal, de hors normes, donc elle rejette violemment son désir lesbien, au point qu'elle a pu nous traiter de salopes. Il est vrai que nous sommes des salopes, parce que nous sommes libertines, mais pas des salopes, au sens que nous ne ne sommes pas des mauvaises femmes, bien au contraire. 

 Je ne sais comment sa situation va évoluer, mais pour l'instant, Gaëlle va bien. Nous n'avons pas l'intention, Marianne et moi, de nous immiscer dans sa relation à Karine, et allons plutôt la laisser venir, voir d'abord si cette relation entre Karine et elle sera durable et si elle l'acceptera vraiment, sans culpabilité. Karine nous a dit qu'elle s'étaient embrassées sur la bouche, caressé les seins, et masturbées ainsi qu'elles le faisaient quand elles étaient ados, mais sans se déshabiller. L’initiative serait venue de Gaëlle, comme si c'avait été "plus fort qu'elle". Peut-être y aura-t-il un autre retour en arrière?

 Cette relation entre sœurs m’intrigue. J’avoue qu'avant de connaître Karine et Muriel (je dois dire que je ne connais toujours pas Gaëlle), bien que fille unique, l'idée m'était venue d'envisager une relation de ce type, parce que je la trouvais excitante. J'ai écrit une nouvelle à ce sujet, intitulée "Le locataire". A dire vrai, ça ne me choque pas vraiment, même si l'amour entre sœurs n'est pas une relation "normale" et courante. Cette famille est curieuse. Les trois belles-filles du charpentier sont lesbiennes, et Gaëlle l'est aussi très certainement, même si elle s'en défend encore. Peut-être qu'elle veut d’abord s'initier avec sa grande sœur? Je suis sûre que Karine, bien qu’encore peu expérimentée, sera une excellente maîtresse, car elle sait être douce, tendre et sensible. Et puis, elle aime beaucoup le corps de la femme. Il faut dire qu’elle a été très déçue du type avec lequel elle était mariée, ce qui fait qu'aujourd’hui, elle ne veut plus entendre parler des bonshommes!


 Les trois sœurs se ressemblent. Elles sont blondes, minces et jolies, avec des  jolis minois et des morphologies assez identiques, des seins plutôt volumineux, ni trop petits, ni non plus monstrueux. Il n'y a vraiment que leur caractère qui les différencie. La plus jeune est fonceuse et active, sportive et téméraire. Devenir lesbienne, pour elle, ne lui a jamais posé de problème. Elle l'est depuis l'école maternelle. L'aînée est plus introvertie, sensible, artiste, avec des doutes, mais persévérante et consciencieuse, un peu comme Marianne. Devenir lesbienne n'a pas été aussi simple. Quant à Gaëlle, devenir lesbienne est sûrement très compliqué... elle souffre certainement, mais nous allons l'aider et la rendre heureuse... si elle le veut bien. 

4 commentaires:

  1. Ca finira comme ça, c'est sûr.
    Comme vous êtes des bontés de femmes
    qui ne pensent qu'aux plaisirs partagés,
    vous serez toutes heureuses.
    Ces étranges relations, c'est vrai,
    feraient un bon sujet
    pour un de tes futurs livres, Ophélie.

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    1. J'espère aussi que tout finira bien, mais il faudra être patientes, et comme dit Romy, ne pas trop la brusquer!

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  2. Effectivement, il ne faut pas trop la brusquer.
    Rien ne me choque en amour. C'est le regard des autres qui fait que.
    Bien que c'est un désir qui ne m'habite pas, mise à part quelque petites incartades entre cousines, une relation plus qu'intime entre soeurs ne me choque pas. Je n'ai pas de soeur.
    C'est plus compliqué, je pense, entre parents et enfants. Mais je ne porterais pas de jugement non plus.
    J'ai une amie qui retrouvait sa mère dans son lit le dimanche soir et qui la tétait. Elle me disait que cela l'apaisait

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    1. Merci, chère Romy, pour ce commentaire qui témoigne de ton ouverture d'esprit. Je t'embrasse.

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