Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

dimanche 31 décembre 2017

jeudi 28 décembre 2017

Mélanges

Nous mêlons nos bouches et nos cheveux
Dans nos sexes 
Entre nos petites lèvres papillon
Luisent les étoiles de l’amour

mardi 26 décembre 2017

samedi 23 décembre 2017

Bientôt Noël

 Kali a six ans. Elle est devenue grande. Elle sait lire maintenant. Elle croit encore au Père Noël, du moins elle nous le fait croire malicieusement. Sans doute, ce sera la dernière année. Je ne vais pas tarder, et cela me fait un immense plaisir, à la revoir chez ma tante Angèle où, comme chaque année, tant que celle-ci est encore de ce monde, aura lieu le traditionnel réveillon et le jour de Noël, en compagnie de Karine et de Pierre, mes enfants, et de leurs conjoints.

 Chez Angèle, avec Rose, Muriel et Marianne, nous avons dressé et décoré le sapin, ainsi que placé la crèche du petit Jésus, à laquelle ma tante tient tant. Marianne, évidemment, part voir ses enfants, et Rose ira passer Noël chez Eliaz et sa femme, où elle retrouvera Muriel et ses deux sœurs. Andréa, la mère de Muriel (la femme d’Eliaz) sait parfaitement que sa fille et Rose sont amantes, mais cela ne pose aucun problème. Tout se passe bien. Rose est reçue comme si elle était leur propre fille. De nos jours, la vie de gouine n'est plus ce qu'elle était dans les familles!

 Grace a beaucoup de chagrin. Elle m’écrit des lettres enflammées et désespérées. Elle aurait voulu que nous passions Noël ensemble, mais ce n’est pas possible. Je lui ai promis que je retournerai la voir en début d’année prochaine. Je ne veux vraiment pas la faire souffrir. Elle, si bonne et si belle. L’amour doit pouvoir se partager.


vendredi 22 décembre 2017

Laquelle?


Laquelle pourrait se transformer en une comète fatale?
Laquelle, dans la crèche, pourrait tenir le rôle de Marie, la mère du petit Jésus?
Est-ce la même?

jeudi 21 décembre 2017

mercredi 20 décembre 2017

Bâtisse mal construite?

"Le soutien-gorge a pour fonction de soutenir quelque chose de plus lourd que prévu, dont le poids a été mal calculé, et qu'il faut étayer après coup un peu comme on étaye avec des piliers et des contreforts le balcon d'une bâtisse mal construite." 
(Milan Kundera)

mardi 19 décembre 2017

Huit jours plus tard

 La nuit dernière n’a pas été banale. Figurez-vous qu’après une bonne partie de jambes en l’air dans notre chambre, quand nous fûmes couchées et endormies, nous avons été réveillées par Rose qui suffoquait et râlait, à moitié inconsciente. Marianne et moi qui étions dans le grand lit, sommes venues voir ce qui se passait dans le petit lit. Rose ne pouvait plus respirer, sa gorge était devenue énorme et continuait de grossir. Nous avons alors paniqué. En plus, Rose passait du rouge au bleu, et ne pouvait plus parler. Que lui arrivait-elle?

 Marianne a appelé le SAMU, et dans le quart d’heure qui a suivi, un médecin était au chevet de Rose et trois pompiers déambulaient dans notre chambre avec leurs grosses tatanes. Mais stupéfaction. Dès leur entrée dans la chambre, magiquement, Rose était redevenue complètement normale. Elle ne suffoquait plus, sa gorge avait repris ses dimensions habituelles. Elle était assise dans son lit et nous souriait béatement comme si rien ne lui était arrivé. Elle se souvenait vaguement d’un mauvais rêve…

 Nous avons expliqué au médecin et aux trois pompiers que nous n’étions pas des menteuses, que Rose avait bien été à deux doigts de mourir étouffée… Les pompiers ne nous croyaient pas. L’un d’eux, en particulier, un grand gaillard barbu, nous regardait avec circonspection. Il s’obstinait à observer les godemichés, bien visibles, sur une table de nuit, et que, dans notre affolement, nous n’avions pas eu le temps de ranger à leur place. Heureusement, le médecin, lui, nous a crues, et a fait son diagnostic. Oedème de Quincke, a-t-il dit, obstruction des voies respiratoires, due à une allergie. La cause? En nous posant des questions, il l’a trouvée. La pointe dans le pied, le sérum anti-tétanique de l’hôpital… Ça devait être ça, du sérum de cheval, d’où une allergie, pile huit jours plus tard!

 Nous avons vraiment eu très peur et avons fait plein de bises à Rose, tellement nous avons cru la perdre.


lundi 18 décembre 2017

Ceci n'est pas un godemiché

Si, justement,
c'en est un.
Et dessiné par Marc Weiler.
En bois de noyer
et en laiton poli.
Le raffinement.

dimanche 17 décembre 2017

samedi 16 décembre 2017

La veilleuse


Même au centre de la clarté
La plus humble veilleuse brille comme un phare
Un incroyable désir s'empare d'elle
Et fait d'elle
Parmi les cailloux fatigués
Une pierre précieuse


vendredi 15 décembre 2017

Le plus simple


Le plus simple sera de t’attacher nue sur le lit
De te coller un vibro sur le clito
Et de te sucer les seins
On te dira des mots doux dans la pénombre
Avant de te laisser là
On repoussera le tiroir
Il te poussera sûrement des ailes
Et on te fera voir du noir
Nous reviendrons
Nous serons 
Malgré la pluie battante
Qui tambourine au dehors
Les bouffeuses obstinées de ta moule et de tes miches

(Par un fleuve emportée…)

jeudi 14 décembre 2017

Pays de cocagne


C’est drôle
Quand tu emprisonnes un des mes tétons dans ta bouche
Tu ouvres grand tes yeux
Comme un bohémienne
Marchant sous les ruines d’un ciel immense
Alors tu me regardes
Comme si tu venais d’aborder
Une île miraculeuse
Dont les frondaisons déborderaient de générosité
Une île désertée trop longtemps recherchée
Loin des famines et des guerres
Une terre de salamandres
Et de pétales de roses
Et de bombances perpétuelles
D’inversion des valeurs et des lois naturelles
Où ne buissonnent jamais plus les ombres
Où s’imposent la jouissance et l’amour
Quand la haine et la misère sont proscrites

(Par un fleuve emportée…)

mercredi 13 décembre 2017

Croco de malheur

Dans une rue toute pleine de ténèbres
Nez à nez je tombe
Sur un croco qui deale
Ses lèvres
Quand il voit l’aube incolore de mes seins
Se fendent d’un vieux sourire carnassier
Que vais-je devenir
Pauvre de moi
Me dis-je
Toute nue sous mon pull
Sans doute va-t-il
Ce croco qui deale
Toute crue me dévorer
Heureusement
Des femmes sans passé passent dans le quartier
Maraudeuses sans doute sans pitié
Avec des allures funèbres de mannequins
Vite à elles je me joins
Et les entends qui me disent 
Affolées
Que le ciel et l’enfer
Ne sont rien d’autre que des états de l’âme d’ici-bas
Et à l’heure dite
Laquelle je ne sais pas 
Sans doute pas celle du trépas
Le silence se met à rugir
Dans des douches d’égout en chaleur
Ce qui fait natchaver ce croco de malheur très dealer
Et moi
De le regarder se faire la belle
Au loin
Me ravit


mardi 12 décembre 2017

Mauvaises langues

"Il n’y a pas de femmes frigides. Il n’y a que de mauvaises langues." 
Coluche

lundi 11 décembre 2017

Muriel

 Je ne vous ai pas dit, mais Rose a rencontré une nouvelle amie, une fille très bricoleuse comme elle, une certaine Muriel. Muriel travaille comme charpentier-couvreur avec son beau-père, et a entrepris de restaurer une jolie ruine qu’elle vient d’acquérir. Il y a beaucoup de taf pour rendre habitable cette vieille bâtisse, et Rose est déjà allée l’aider plusieurs fois. Ce samedi dernier, Marianne et moi nous sommes jointes à elles pour leur donner un petit coup de main. Il fallait rien moins que déposer toute la toiture, ardoises et lattes, pour refaire certains chevrons bien pourris. Bien sûr, c’était Eliaz, le beau-père de Muriel, le maître d’œuvre de cette affaire, et nous les filles, nous étions seulement à son service pour descendre les ardoises et les lattes, et les entasser dans un coin du terrain.

 Malgré le mauvais temps, la journée s’est passée dans la bonne humeur, et toutes les quatre nous mettions du cœur et du corps à l’ouvrage. Eliaz est un homme charmant, un peu timide, mais très sympathique, pas un brin macho. Sans autoritarisme, en professionnel très averti, il distribuait à chacune son rôle et chacune lui obéissait en tous points. A la fin de la journée, quand l’objectif fut atteint, Rose n’a rien trouvé de mieux que de marcher sur un morceau de bois d’où ressortait une grande pointe rouillée, ce qui l’a fait hurler et m’a obligé de l’emmener aux urgences de l’hôpital. Là, un infirmier ventripotent et peu sympathique lui a injecté du sérum anti-tétanique, et aujourd’hui, tout est rentré dans l'ordre, elle va bien.

 Rose s’entend très bien avec cette Muriel qui, malgré son métier, est une jolie fille, pas du tout masculine, douce, blonde, à la peau très blanche, aux articulations très fines. Elle aime aussi les plantes et c’est à la jardinerie où Rose travaille que, y étant venue comme cliente, elles se sont rencontrées et ont sympathisé. Muriel est une jeunette. Agée de vingt-six ans, je ne vous raconterai pas sa vie, car cela pourrait déplaire à ma Rose chérie. Toujours est-il que Rose ne voit presque plus Agathe, avec laquelle elle paraît désormais assez brouillée. Agathe est certainement un peu jalouse de Muriel. C’est dommage, parce que je l’aimais bien, Agathe. De plus, nous avons passé pas mal de bon temps sur ses bateaux.

dimanche 10 décembre 2017

Brigandes

Qu’il est agréable d’être l’objet de nos soins
D’être au cœur de nos histoires de brigandes
D’imaginer que nous ressentons tous les transports que nous excitons
Que nous jouissons de tous les plaisirs que nous nous donnons
La vie évidemment ne va pas sans de grands oublis
Mais quand nous baisons à trois
Pas question d’en oublier une
C’est là notre devise
Nous y sommes soumises
Nous sommes très attentives
De ne pas faire deux plus une
Nous excitons minutieusement tout ce qui doit l’être
Et nos palots derrière une fenêtre
Nous les roulons simultanément et intimement à trois
Et nos pelles aussi bien mais jamais en duel
Ne les épargnons comme de stupides caisses d’épargne

samedi 9 décembre 2017

L'académie?

"Avec une minuscule, c’est un corps de jolie femme. Avec une majuscule, c’est un corps de vieux barbons." 

Paul Morand

vendredi 8 décembre 2017

French kiss

Rouler un palot
Quand une vieille romance taraude
Exactement à l’endroit du cœur
Rouler une pelle quand ailleurs le devoir nous appelle
Un patin sur des patins à roulettes
Une saucisse
Quand tout glisse sur les odeurs mauves du silence
Une escalope pour jouir d’être bien salopes
Une galoche dans la chambre bleue où nous nous vautrons
Enfin c’est la vie des langues que l’on roule
Qui se parlent
Qui s’aiment et qui s’écoulent
Dans un baiser de langues sans fin
De langues en bouche et de bouches en langue
Un baiser de vis sans fin
Non prévu par Archimède
Un baiser en somme en forme de dauphin
Pour nous sucer la glotte en toute liberté égalité sororité

jeudi 7 décembre 2017

Ce qui tient à un fil


"C’est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle"
(Jean d’Ormesson)

mercredi 6 décembre 2017

Tout l'univers

"Tout l'univers obéit à l'Amour; aimez, aimez, tout le reste n'est rien."
Jean de La Fontaine


mardi 5 décembre 2017

Elles dansent

Illustration d'Igor Zenin

"Dans ce monde où nous endossons chaque matin comme une vieille veste usée, totalement immunisés contre la surprise, l'arbre est la seule forme qui de temps en temps, à certains brefs moments de stupeur où les yeux se décapent de l'accoutumance, m'apparaît comme parfaitement délirante."

(Julien Gracq)



lundi 4 décembre 2017

Cœur en bouche

Dessin de Leone Frollo

Le loup à pas de nuit s'introduit dans ma couche.
Visiteuse! Visiteuse! Tes boucliers sont des seins!
Dans l'atelier se dressent aussi sournoises que des langues les vipères.
Et les étaux de fer comme des giroflées sont devenues des mains.

Robert Desnos
(Cœur en bouche)

dimanche 3 décembre 2017

Il

Aujourd’hui encore il se masturbe
Même paralysé
Je vous ai pas dit
Il est paralysé des jambes et d’un bras
Mais il se masturbe encore avec l’autre

samedi 2 décembre 2017

Un grand festin

Je remplis ma bouche avec ton sein gauche
Tandis que ma senestre main tripote ta chatoune
Je m’en réjouis et je t’écoute 
Tu miaules comme une anguille aimantée

Comme tu n’es avare d’aucun regard de boussole
Tu viendras t’installer entre mes jambes
Où ta langue entre mes cuisses fera mille cabrioles

Nous ne nous dirons rien 
Nous voguerons en silence
Le cœur tapissé de mousse et de milliers de lettres d’amour
On n’entendra que ma respiration bruyante
Ponctuée seulement de mes doux gémissements
Et le chuchotement de tes baisers savamment déposés 
Ça et là sur mes lèvres et mes tétons

vendredi 1 décembre 2017

Une envie folle

J’ai une envie folle de pincer tes tétons
Désirables et identiques aux miens
J’ai une envie folle d’asseoir mon cul
Sur ta bouche
Et de regarder les flammes danser dans la cheminée
J’ai une envie folle de nos jeux élastiques
De lesbiennes très lubriques
Une envie folle de gémir et de couiner de plaisir
A couper ton ciseau qui me coupe aussi bien