Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

mardi 31 octobre 2017

Nos petits trous

Ton petit trou pour moi n’a plus de secret
J’y mets mes ongles nacrés
Mes doigts tant que je veux
Aussi nos godes
Mes tétons
Ma passion
Ma langue et ses belles chansons
Et toutes sortes d’autres choses

Dans ton petit trou je me sens chez moi
Comme toi tu es chez toi dans le mien

lundi 30 octobre 2017

Dildo d'une nuit

Dildo d’une nuit
Toujours le même rituel
Moi-même j’ai envie

samedi 28 octobre 2017

Une poupée

Je suis la poupée de moi-même
Je m’habille me déshabille et me rhabille
J’ai souvent ma menotte dans ma petite culotte
Je suis une petite flamme d’alcool rigolote
Avec une longue langue de louve
Et des seins de fiancée ou de voûte céleste
Je rêve de l’équation de ton impudeur
Et de l’équateur de tes impulsions
Et me surprends de la rougeur du crépuscule 
Je vole éperdument avec des voix sauvages
Et je tempête mille fois contre les vilains nuages
Qui cachent mon nombril quand je suis à la plage
Quand je te parle dans la langue des oiseaux
Pour essayer de te voir au-delà de tes apparences

(Par un fleuve emportée…)

vendredi 27 octobre 2017

Alternative

"Il y a deux manières de se délivrer de son désir: en y renonçant ou bien on le réalise."

Marcel Jouhandeau

jeudi 26 octobre 2017

Le pont

Nos seins sont
Ce qu’invariablement 
Nous chérissons
Ce sont des nourrissons
Des chérubins
Qui nous relient l’une à l’autre
Comme un pont
Sur lequel nous revenons`
Sans fin
Car nous nous aimons
Avec nos mains
Avec nos bouches
Et pourtant
Quand j’ai la tête dans le V de ta victoire
Quand je te tète
Quand je te broute
Quand je te vénère
Quand je te savoure
Quand je te mets la tête à l’envers
Quand je te mets tout entière à la fête
A te faire vibrer les mames
Je me dis
Et je me répète
Qu’il faut revenir vite sur le pont
Car la vraie vie n’est pas autre chose

mercredi 25 octobre 2017

Je t'aime me dit-elle

 Au mois d’août dernier, vous le savez, je suis rendue seule aux Etats Cunnis, plus exactement à New York City, pour rendre visite pendant une semaine à notre bonne et très chère amie Grace. J’étais sans Marianne et sans Rose et j’en ai bien profité, parce que j'avais Grace pour moi toute seule pendant une semaine. Tout s’est magnifiquement bien passé entre nous, pas de pomme de discorde, seulement quatre pommes de concorde que nous avons beaucoup empoignées, tripotées, sucées. Nos tétines nous les avons aussi bien léchées, délicatement croquées. C’était exquis. Divin.

 Grace a vingt-quatre ans. Elle pourrait être ma fille. Contrairement à Giulia qui vit avec moi une relation purement hédoniste et théâtrale, Grace est sincère, elle est amoureuse. Follement amoureuse de moi. Elle n’a plus de petite amie à New-York et, curieusement, n’en cherche pas. Sa nouvelle petite amie, me disait-elle, c’est moi. Elle me déclarait aussi qu’elle m’aimait à la folie et qu’elle voulait vivre avec moi. 

 Je lui ai dit, mais elle le sait très bien, que je suis amoureuse de Marianne. Cela n’a pas d’importance pour elle, me répondait-elle, cela ne m’empêche pas de t’aimer à la folie et de te considérer comme la femme de ma vie, même si nous sommes loin l’une de l’autre, séparées par un océan. Je le reconnais, j’ai pas mal été tiraillée entre Grace et Marianne, en septembre, mais je crois que ce tiraillement est maintenant terminé. C’est Marianne que j’aime vraiment, j'en suis sûre. Durant mon séjour, Grace n’a cessé de me dire que j’étais une déesse parfaite. Heureusement, Marianne n’a pas été jalouse, du haut de ses quarante-deux printemps, peut-être bien un peu quand même... Mais Grace est jeune, et terriblement belle et sexy, avec ses yeux en amande, ses dreadlocks, ses jolis seins, et ses arrogantes petites fesses de gazelle. Elle pourrait être une redoutable rivale pour ma Normande…    

 Un soir à Manhattan, en rentrant d’une promenade dans Central Park, Grace m’a raconté sa vie, son enfance dans le Bronx. Elle n’a pas connu son père, et sa mère a eu huit enfants de trois pères différents. Entre huit et dix ans, elle s’est fait quotidiennement violer par un de ses deux beaux-pères, un homme odieux et alcoolique qui est mort aujourd’hui, assassiné on ne sait trop par qui. Grace a réellement vécu dans la misère et je me demande encore, comment elle a pu se sortir d’un pareil enfer. Heureusement, elle est allée à l’école, et comme c’est une fille intelligente, curieuse et sérieuse, elle y a toujours bien travaillé et y a obtenu une certaine reconnaissance qui l’a valorisée. Contrairement à d’autres filles, elle a su ne pas tomber dans la prostitution. Elle a développé des valeurs de travail et d’honnêteté. Et contrairement à ses frères, elle n’a jamais eu de problèmes avec la police et les juges, et n’a que très peu touché à la drogue. Mais en grandissant, son cœur n’a jamais battu pour des garçons, seulement pour des filles, d’abord noires, puis, bizarrement blanches, et de préférence blondes. Comme moi, en quelque sorte! Tout le contraire d’elle. 

 Quand elle m’a vue, la première fois, en mars dernier, elle a cru rêver. Elle croyait que la fée de ses rêves venait d'entrer dans sa saladerie. 

 Le lendemain de ces confessions, Grace a voulu que je voie le quartier de son enfance, avec ses façades d’immeubles vétustes et couvertes de graphes, ses prostituées, ses drogués et ses rideaux de fer complètement délabrés fermant des petits commerces minables. Là, vivaient, et vivent encore, une majorité de blacks avec des latinos et quelques blancs. J’ai pu voir que son "borough", contrairement à certains autres, n’est toujours pas rénové. Il paraît que la criminalité et les trafics en tout genre, y sont toujours aussi importants. En rendant visite à sa mère, non loin du Grand Concourse, nous avons croisé des gangs qui organisaient sur le bitume, parmi les poubelles, les plumes, les excréments, les cochonneries diverses qui traînaient partout, voire tombaient des fenêtres, d’incroyables concerts de hip hop. Dans l’appartement sordide de sa mère, Grace m’a dit qu’elle n’aimait revenir ici, ses souvenirs étaient trop douloureux. Petite, elle n’avait pas toujours à manger chez elle. La pauvreté était épouvantable. Cette vie, elle l'avait vécu comme une humiliation permanente. D'ailleurs, elle croyait que c’était ça la vie. C’était comme être nue face aux armes à feu, aux couteaux, aux coups de poing, au viol, au crack. Elle avait vécu dans une état constant de peur et de guerre, et il avait fallu lutter, rien que pour avoir le droit de posséder son corps et d’en disposer à sa guise. Pour ne pas être tuée ou devenir une pute. Elle avait peur de deux formes de violence, celle de la police et celles des gangs, constitués essentiellement de mecs, et la violence de la police n’était pas plus supportable que la violence des gangs.

 Sa mère était au lit, alcoolisée et sans doute aussi malade. Grace ne m’a même pas présentée à elle, sachant bien qu'elle n’était pas en état de me parler ni même de me sourire. En plus, elle pensait certainement que sa mère n’aurait rien à dire à cette jolie femme blanche aux longs cheveux blonds, aux allures de bimbo. A un moment, elles se sont querellées, et Grace s'est dirigée vers la porte et je l'ai suivie. En sortant de l’appartement qui se trouvait au dernier étage, Grace m’a montré une échelle qui permettait de monter sur le toit. En riant, mais énervée par la querelle, elle m’a dit que, gamine, elle empruntait souvent cette échelle pour être tranquille au-dessus, et rêver. Chiche, me dit-elle, tu veux qu'on y aille? Je te suis, lui ai-je répondu. Nous avons grimpé les barreaux de l’échelle verticale, et j’ai découvert une terrasse crasseuse avec d'énormes tuyaux partout, et des petites constructions insolites aux portes fermées et rouillées, recouvertes de graffitis. Deux gamines noires s’y trouvaient également et nous regardaient comme si nous étions deux extra-terrestres. Elles finirent par nous sourire. Grace leur demanda ce qu’elles faisaient là. Elles répondirent qu’elles y étaient venues pour jouer. Nous commençâmes le tour de la terrasse en regardant la rue crasseuse en contrebas, et quand nous fûmes hors des regards des deux gamines, Grace, tout à coup, vint plaquer ses lèvres sur les miennes. Je t’aime, me dit-elle, en français et en pleurant.

mardi 24 octobre 2017

A cheval sur ton bidet

Les lanières sont bouclées
Je suis prête pour le strap-on
D’abord tu lèches icelui tranquillement
Pour l’humecter
Puis tu te positionnes
Tu te mets en levrette 
Comme une mangue bien fraîche
Et je n’ai plus qu’à introduire
A aller et venir
Je vais je viens je peins
Le pinceau marche bien
C’est vraiment enfantin
Maintenant je le retire
Je m’assieds au bord du lit et tu sais bien
Ce que tu dois faire
T’asseoir sur moi t’empaler sur icelui
Ce que tu ne manques pas de faire
A cheval sur ton bidet

lundi 23 octobre 2017

Vieillesse

"La vieillesse, en définitive, n’est que la punition d’avoir vécu."

Emil Cioran

dimanche 22 octobre 2017

Dans ta rose


Dans ta rose
Je trouve la rosée de mai
Je la recueille pas seulement avant l’aube
Mais à toute heure de la journée
Avec ma langue
Pas seulement au printemps
Mais en toute saison
Oui toujours
Oui amour
Avec ma langue
Car elle possède le pouvoir du feu sacré
Elle est l’union du ciel et de la terre
Qui ouvre sur la quintessence


samedi 21 octobre 2017

Une véranda chez Giulia

 L’atmosphère qui règne sous une véranda a quelque chose de très particulier, à la fois lumineuse, poétique, dépaysante, surtout quand elle est située à Rome. La véranda de Giulia, en terrasse, dans son appartement du Trastevere, est un oasis de verdure et de fleurs qui n’a rien à voir le reste de son espace habitable. Dans cette véranda, je m’y sentais bien, presqu’entre ciel et terre. Nous y avons passé, elle et moi, de longues heures, côte à côte, allongées nues dans des transats, charmées par l’éclat des rayons du soleil, ou attendries par la pâleur soudaine provoquée par le passage d’un nuage. Sol carrelé sur lequel je me suis retrouvée souvent à quatre pattes à subir les assauts de la dame, petits meubles en rotin charmants et faciles à vivre, fauteuils et banquettes où il était délicieux de nous ébattre, de nous baiser et de nous caresser, tout était merveilleux dans cette véranda. Je me souviens encore des vitrages, habillés de stores bouillonnés, réalisés dans un tissu très léger à motif fleuri qui, dans certains cas, à certaines heures, pouvaient nous protéger du vis-à-vis de lointains voisins voyeurs.

vendredi 20 octobre 2017

Grandes manœuvres

Placée derrière ton dos
Quel bonheur
De pétrir ta poitrine

Femelle lubrique
Je m’allonge sur toi
Et me régale de tes nibards

Allongée derrière toi
Je te masturbe
Et embrasse la bouche que tu me tends

Ta langue me rassure
Elle chante comme un colibri
Un bel orgasme de jument

jeudi 19 octobre 2017

Vision

Certains murs sont des prisons
Et l’horizon qu’on ne voit pas
Derrière
Devient ligne de vie.
Mes yeux s’y attardent
Et me font oublier la chute sourde des années
Mais pas celle toujours très belle
Très délicate
De tes reins
Ni l’odeur optimiste du foin

Des gens là-bas
Acteurs sans doute de la société civile
Place de l’Étoile à Paris
Enlèvent quelque chose
Une créature de songe et de fumée
Qui doit avoir ses règles
Tandis qu’une autre 
Tantôt cérémonieuse
Tantôt espiègle  
Me répond

mercredi 18 octobre 2017

Commentaires d'un temps déjà ancien


  • "Mon très cher amour,
  • En ce dimanche de solitude pour nous deux, je voudrais te dire encore une fois combien je t'aime et combien j'aime tes poèmes. Celui-ci est très beau et très triste. J'espère de tout mon coeur, petit coeur, que ton coeur n'est pas aussi macabre que l'image que tu as choisie pour l'illustrer. Je t'embrasse partout.
  • Marianne" 
  •  
  • "Ma chérie,
  • Tes mots sont ici si rares que j'éprouve une grande surprise et toujours un plaisir extrême à les lire. C'est un feu qu'ils éveillent en moi, tu le sais bien, qui me brûle, me consume, et je t'en remercie, car ils me tirent de ma langueur dominicale. Aujourd'hui je suis seule et je me sens seule. Rose est avec Charlotte, et moi, je n'ai d'autre ressource que de penser à toi, à toi, à toi, toujours à toi, à tous ces moments vraiment merveilleux passés ensemble, et à tous ceux qui viendront encore, j'en suis sûre. La séparation est assurément une très grande douleur, mais si délicieuse... Si un jour nous avons la chance de vivre ensemble, serons-nous toujours ainsi, aussi folle l'une de l'autre?
  • Je t'aime, mon adorée, et moi aussi je t'embrasse partout.
  • Ton Ophélie"

mardi 17 octobre 2017

Vilain Gustave


"La femme est un animal vulgaire dont l’homme s’est fait un trop bel idéal."

 (Gustave Flaubert)

lundi 16 octobre 2017

Petit bateau sur l'O

Bijou
Et
Frifri
Mimi joli
Doigt tatillon
Fesses d’ivresse
Quand tout se passe
Comme à la messe
Entre tes cuisses de belle femme
Et que n’en finissent pas de brûler
Tes longs cheveux de guitare

Tes longs cheveux de guitare
N’en finissent pas de brûler
Entre tes cuisses de belle femme
Comme à la messe
Quand tout passe
Fesses d’ivresse
Doigt tatillon
Joli frifri
Bijou
Et
Mimi

dimanche 15 octobre 2017

Madame la Comtesse


 "Madame revint et se pencha à ma portière pour me caresser les seins doucement.
— On dirait que ce lieu t’inspire. Tu rêves, ma parole?
— Oui Madame! J’écoute les croassements des corbeaux. Vous les entendez?

Elle ne me répondit pas.
— Ouvre la boite à gants, dit-elle, et viens tout de suite! Je t’attends!

 J’obéis et, surprise, découvris dans la boite à gants un garçon à lanières de belle taille. L’objet en main, je mis un pied hors de la voiture et m’approchai de Madame.
— C’est toi qui vas œuvrer, dit-elle, mais j’entends que tu sois extrêmement capricante!
— Capricante?
— Sautillante, si tu préfères, comme une chèvre, est-ce que tu me comprends bien?

 Comme je la regardais bonassement, elle ajouta:
— Je veux que tu n’y mettes aucune poésie, aucune fioriture! Que tu sois brutale et bestiale, que tu me baises, quoi! Est-ce bien clair?
— Oui Madame!
— Je vais t’aider à le fixer, tu n’en as jamais mis, je suppose?
— Non Madame!

 Déjà, j’aimais ces étranges préparatifs, l’attente de ces curieuses cérémonies rituelles entre femmes… Madame s’agenouilla devant moi, avec, dans sa main, le garçon. Elle le posa sur mon sexe et le fixa en prenant bien soin de tendre et de régler correctement les différentes sangles pour qu’il fût solidement arrimé. Passivement, les bras ballants, les seins moites, je me laissai harnacher, en même temps que je scrutai obsessionnellement les alentours, craignant la venue d’un éventuel habitué des lieux que notre passage en voiture aurait pu surprendre. Constatant notre réel isolement, je me calmai, fixai l’horizon qui virait au rouge, émue par les craillements intensifs des corneilles qui se répondaient lugubrement dans le proche petit bois. Madame se redressa. Je me vis dans le reflet des vitres arrière de l’auto, et jugeai insolite ce grand membre, assez réaliste dans sa forme et sa couleur, que Madame avait érigé au centre de ma silhouette. Elle eut l’air satisfaite de son œuvre et lança:

— Maintenant, tu sais comment fait un homme?"

samedi 14 octobre 2017

Get me wet

L’eau dans le jardin est mobilité
Fluidité
Nos seins dénudés aussi
L’eau désagrège le rocher
Patiemment
Avec le temps

J’aime jouir sur ta langue de pierre
L’eau est forte comme la pierre
L’eau est la pierre

J’aime ton bouton tout gonflé en forme d’éclosion
L’humidité est une fascinante élévation de l’esprit
Les grands ciels d’encre me font rêver d’éternité
Belle et silencieuse
Et mes yeux mes oreilles s’ouvrent à la justesse
Quand mon cœur se disloque
C’est la troublante expérience du vertige

L’eau est le lien entre mon corps et le tien 
Entre nos corps et le cosmos
Au jardin les fontaines 
Où la patience est vertu très lunaire

vendredi 13 octobre 2017

Sweet kisses

Pendant que tu me branles
Je t’embrasse
Pendant que tu te branles
Je gobe tes seins
Nous caressons nos recoins
Nos trésors
Nos essaims
Miséricordieusement nues
Inséparables nous sommes

Pendant que tu m’embrasses
Je te branle
Pendant que tu me lèches
Tu te caresses
Pendant que nous nous chevauchons
La nuit descend à gros flocons
Sur les vieux toits d’ardoises cabossés

Ignorante de nos coquillages en somme
Pourtant suspendue à notre cyprine qui coule
Seule mesure exacte de la vie

jeudi 12 octobre 2017

Vivre


"L’excès de prudence détruit l’âme et le cœur, parce que vivre est un acte de courage. Et un acte de courage est toujours un acte d’amour."

Paulo Coelho

mercredi 11 octobre 2017

Pour m'éclore mieux

                                                              à Rose,

Lune de nous deux a peut-être souri
Tu es la licorne qui n’est pas une fable d’images
Parée d’elle tu en es la forme brandie
Qui comble à merveille mon petit trou
Point cardinal de toi petite rousse
Qui se prend pour la grande ourse
Et m’éclaire si bien pour m’éclore mieux

mardi 10 octobre 2017

L'âme des femmes

L'essayage - Francine Van Hove

"C'est le miroir qui se mire dans la femme."
Xavier Forneret

lundi 9 octobre 2017

Dans la nature nous sommes la nature

Faire l’amour à plusieurs
Quand on se retrouve entre femmes
C’est être au jardin d’Eden
Parmi des myriades (j'exagère) 
De seins et de fessiers
Il y a tant de fruits à cueillir
Dans cet espalier
Tant à sucer
Qu’on ne sait plus où donner de la langue et des lèvres
L’on est soi-même mangée
Sucée dévorée
Car on est aussi ce jardin

Dans la nature
Nous ne sommes rien d’autre que la nature
Tandis que Dieu va et vient
S'occupe de ses affaires

dimanche 8 octobre 2017

Un cheveu sur la langue

Quand je savoure une chatounette
Mes longs cheveux blonds souvent passent devant mes yeux
Comme des flammes
Malgré mon agitation
Je m’efforce de les remettre en place
Bien qu’ils n’en aient aucune
Car pour rien au monde
Je ne voudrais garder
Définitivement
L’un d’eux
Sur le bout de ma langue

samedi 7 octobre 2017

Une autre femme


“La femme doit cesser de se considérer elle-même comme l'objet de convoitise de l'homme.”
(Gandhi)

vendredi 6 octobre 2017

Dans la forêt

Sur le dos
Sur la mousse
Chacune dans le prolongement de l’autre
Emboîte son creux
Dans celui aimanté de son aimée
Jusqu’à ce qu’ils forment définitivement
Une seule et même charnière

La soudure est fragile
Car nous nous activons
Dans ce fourré
A l’abri des chasseurs
Comme des biches que nous sommes
Nos vulves folles vivent
Et s’entrevivent 
Et se frottent 
Dans le bel automne
Que Dame Nature a peint
Majestueusement
En technicolor

jeudi 5 octobre 2017

Une force dissolvante

D’envie O. soupirait devant ses flacons
Aux corps transparents
Et aux reflets ambrés
Ils abritaient des crèmes pour le corps
Du gel
Du savon parfumé
Ou de l’eau de toilette
Tous habillés de leur sublime robe de cristal

Pour apaiser son corps et son esprit
O. décida de prendre un bain
Rien de tel que le rituel du bain
Elle hésita entre quatre essences
Prodiguant chacune des bienfaits spécifiques
L’iris qui donnait de l’énergie
Le cyprès pour la sérénité
Le citron qu’elle savait réconfortant
Et le cerisier qu’elle avait l’habitude d’utiliser
Pour se rendre gaie

Mais le mieux se dit-elle
Est de s’immerger dans l’eau pure
L’eau matricielle
Et de ne rien connaître du tout
Car moins on sait
Moins on a de préjugés
Et plus on est apte à changer de point de vue

Alors O. mit sa main entre ses cuisses et
Devenue miroir du ciel 
Totale humilité
Totale humidité
Commença à se masturber

(Par un fleuve emportée…)

mercredi 4 octobre 2017

Vierges de fer



 "J’ouvris les yeux et vis qu’elle était au-dessus de moi, tête-bêche. Sans me toucher, son petit cul adorable était devenu mon ciel… J’attrapai le lacet de cuir qui pendait au milieu de sa vulve et, très doucement, tirai dessus, confiante en le plaisir que je lui donnerais à faire ressortir cette chose qui, comme un long, paisible et beau paquebot, reparut. Mais, quand elle fut au dehors, elle me sembla hideuse et titanesque, semblable à un affreux serpent de mer. Attentivement, je regardai l’œil de cyclope d’où la chose venait de sortir. Il était bien rose, bien humide, avec des sortes de perles de rosée à l’intérieur, de jolies parois de nacre. Mais c’était une béance, l’entrée d’une grotte terriblement mystérieuse, étonnamment chaude et savonneuse. J’aurais voulu être à la place de la chose, être un petit quelque chose de ce Titanic, de cette bouteille à la mère, quand, de nouveau, je l’enfonçai dans l’huître rose où elle y disparut de nouveau corps et bien. J’étais au nord. De l’autre côté, dans l’hémisphère sud, la même chose entrait et sortait de moi, et me faisait beaucoup de bien. Un bien fou. J’étais pleinement heureuse, pleine de la chose. Je la laissais entrer et glisser en moi, et moi de mon côté, je poussai et tirai sur ma chose à moi. Et ma chose revenait, identique à elle-même, et je la repoussai encore et encore, comme un petit enfant qui jette au loin sa bobine et la fait revenir au moyen d’une ficelle, en jubilant. Tout marchait bien, était bien huilé, parfaitement réglé. Nous étions, Ariane et moi, comme une horloge, comme un petit univers clos. Chacune, à sa place, faisait son ouvrage (de dames) et donnait un plaisir mesuré à sa moitié. Nous attendions perfidement le big-bang, la grande et brutale expansion de notre univers, celle qui nous éclaterait, nous déchiquetterait et réduirait nos deux corps en bouillie, celle qui déplacerait notre centre de gravité et nous mettrait les nichons dans le cul. En attendant, nous étions de drôles de dames, des petites cochonnes célestes, des vierges de fer sataniques qui, ni vues ni connues, s’adonnaient à un jeu d’enfer! Par quelle communion de pensée Ariane eut-elle l’idée, la grande extase passée, de mettre sur la platine de sa chaîne, "Number of the Beast" d’Iron Maiden?"

mardi 3 octobre 2017

Noctambules

                                                                   à Marianne,

Seule parmi les étoiles
Tu m’attends
Sage
Assise sur un banc
Dans ce grand parc d’ombres très sombres
Où déjà rôde l’automne

Tu as marché longtemps 
Seulement vêtue de ton très long manteau de songes
Grand ouvert
Et nue dessous
Perchée sur tes vertigineux escarpins
Et sans doute en chemin 
Sur les trottoirs
Dans les rues les boulevards
T’es-tu laissé envouter par la chair lunaire de la nuit
Si belle nuit 
Si belle chair qui ne s’achève jamais

Et maintenant à mon tour je marche 
Je vais à ta rencontre
Lunaire et poitrinaire
Escarpinée comme toi
Et nue aussi sous mon manteau
J’hésite à donner des détails
Bas noirs
Porte-jarretelles noir
Les yeux de n’importe qui derrière mon dos
Très ignare des draperies solennelles du vent
Et des pages ennuyeuses qui tournent et me tourmentent
Et nourrissent ma journée immobilière
Mille fois heureuse d’aller baiser tes lèvres de feuilles tendres 
Comme des soupirs
Sur la carte de Tendre
De toucher tes seins parfaits
Et sucer leurs doux tétons diaboliques
Sous d’antiques arches et d’évidents réverbères

Je presse le pas
Vite ma mie je veux arriver vite
Pour te sucer
Te baiser
Mon cœur assassin est une bulle à feu et à seins
Je sais qu’en arrivant le cœur battant tu te régaleras aussi des miens
Tu seras je le sais
Sûre enfin que je suis bien ta femme
Celle qui ne meurt jamais 
Et jamais plus n’est rongée par l’angoisse des vertèbres
Celle qui sait que les voies initiatiques sont toujours des voies solitaires
Que le chemin dans la nuit
Pour jouir de l’unité
On le fait forcément seule et nue

lundi 2 octobre 2017

Convoitise d'elle


“Chaque femme est sa propre poupée, qu'elle habille et arrange.”
(Alphonse Karr)

dimanche 1 octobre 2017

Dans notre chambre à toucher

                                                                à Marianne,

Dans notre chambre à toucher
Sur le grand lit
Nous nous bécotons tendrement comme deux amantes
Mais maintenant il est temps de nous déshabiller
Pour continuer nues nos nuées de baisers continus
Ce qui doit arriver arrivera très certainement
Nous lécherons nos gentils pistils
Puis les exciterons follement avec nos tendres tétines