Ophélie Conan

Ma photo
Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

samedi 3 juin 2017

Un volcan d'émotions

 Peut-être que vivre est un perpétuel renouvellement. Vivre, c’est de vider et se remplir pour se régénérer perpétuellement. Mais je me rend compte que ces notions de vide et de plein sont psychologiquement très relatives. Woody Allen dit que l’amour est une expérience vide. C’est à la fois vrai et faux. Quand on aime, on se sent plein de l’autre, mais pour l’aimer vraiment et bien le recevoir, il faut être vide, d’une certaine manière. L’orgasme est-il l’expérience du plein ou du vide? Quand, bien remplie, je me gode, j’ai étrangement le sentiment de trouver mon plaisir dans l’écoulement de mon être, et d’en être totalement vidée. Et quand ma bouche est remplie d’un téton, je disparais aussi totalement dans le sein que je suce. Et quand je suis vide de tout ça et que je le désire ardemment, j’ai l’impression d’être complètement pleine de mon manque. Tout cela est donc bien paradoxal.

 Le sexe sans amour est certainement une expérience vide. Mais la question est parfois de savoir ce qu’est réellement l’amour. Ce même mot englobe tellement d’expériences différentes… C’est au nom de l’amour que le jaloux empêche sa moitié de jouir avec un(e) autre, et c’est aussi au nom de l’amour qu’un(e) amant(e) peut regarder son amant(e) faire l’amour dans les bras d’un(e) autre. L’amour est tantôt, comme le dieu des monothéismes, limité à un(e) seul(e) personne, tantôt, comme dans une conception polythéiste du divin, conçu sur le modèle de la pluralité multiforme. Dans le premier cas, l’amant(e) est unique et irremplaçable, dans le second, l’amant(e) est interchangeable, et c’est alors l’universel du sexe qui est visé dans des personnes particulières. Et puis l’amour, dans une optique certainement chrétienne, voire courtoise, est un partage, un projet orienté dans le temps, même une construction ludique ou sérieuse qui engage et qu’on contracte à deux (même si ce n’est plus seulement pour faire des enfants), alors que la passion amoureuse n’a rien d’une telle construction, n’ayant d’autres préoccupations que de jouir du moment présent, au fil des opportunités de la vie.

 En fait, je ne sais plus très bien ce qu’est l’amour. Je sais seulement que c’est un sentiment que je ressens souvent, indépendamment du sexe, mais que le sexe transforme toujours en un véritable volcan d’émotions. A l’inverse, le sexe sans aucune émotion amoureuse (et là, j’inclus les fantasmes qui en font partie) est toujours une machinerie vide dont le produit me fait penser à l’étal du boucher.



4 commentaires:

  1. Là, tu as vidé ton sac,
    tellement ta réflexion est pleine.
    Quand on est bien avec une personne,
    quand on a des sentiments pour elle,
    quand on l'excite, quand elle nous excite,
    quand elle s'éloigne, on la veut,
    vivons,innovons, jouissons, recommençons.
    Si on ne s'en lasse pas,
    sans se poser de questions,
    c'est qu'on l'aime.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison. C'est assez simple!

      Supprimer
    2. Ophélie, je ne sais pas.
      Je ne suis pas volcanologue.
      Je dis tout simplement,
      ce que je pense, avec,
      une certaine petite naïveté
      de ma part, peut-être,
      mais avec beaucoup de sincérité.
      (ça, j'en suis sûr)

      Supprimer
    3. C'est très bien. Je ne te le reproche pas!

      Supprimer