Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

lundi 23 octobre 2017

Vieillesse

"La vieillesse, en définitive, n’est que la punition d’avoir vécu."

Emil Cioran

dimanche 22 octobre 2017

Dans ta rose


Dans ta rose
Je trouve la rosée de mai
Je la recueille pas seulement avant l’aube
Mais à toute heure de la journée
Avec ma langue
Pas seulement au printemps
Mais en toute saison
Oui toujours
Oui amour
Avec ma langue
Car elle possède le pouvoir du feu sacré
Elle est l’union du ciel et de la terre
Qui ouvre sur la quintessence


samedi 21 octobre 2017

Une véranda chez Giulia

 L’atmosphère qui règne sous une véranda a quelque chose de très particulier, à la fois lumineuse, poétique, dépaysante, surtout quand elle est située à Rome. La véranda de Giulia, en terrasse, dans son appartement du Trastevere, est un oasis de verdure et de fleurs qui n’a rien à voir le reste de son espace habitable. Dans cette véranda, je m’y sentais bien, presqu’entre ciel et terre. Nous y avons passé, elle et moi, de longues heures, côte à côte, allongées nues dans des transats, charmées par l’éclat des rayons du soleil, ou attendries par la pâleur soudaine provoquée par le passage d’un nuage. Sol carrelé sur lequel je me suis retrouvée souvent à quatre pattes à subir les assauts de la dame, petits meubles en rotin charmants et faciles à vivre, fauteuils et banquettes où il était délicieux de nous ébattre, de nous baiser et de nous caresser, tout était merveilleux dans cette véranda. Je me souviens encore des vitrages, habillés de stores bouillonnés, réalisés dans un tissu très léger à motif fleuri qui, dans certains cas, à certaines heures, pouvaient nous protéger du vis-à-vis de lointains voisins voyeurs.

vendredi 20 octobre 2017

Grandes manœuvres

Placée derrière ton dos
Quel bonheur
De pétrir ta poitrine

Femelle lubrique
Je m’allonge sur toi
Et me régale de tes nibards

Allongée derrière toi
Je te masturbe
Et embrasse la bouche que tu me tends

Ta langue me rassure
Elle chante comme un colibri
Un bel orgasme de jument

jeudi 19 octobre 2017

Vision

Certains murs sont des prisons
Et l’horizon qu’on ne voit pas
Derrière
Devient ligne de vie.
Mes yeux s’y attardent
Et me font oublier la chute sourde des années
Mais pas celle toujours très belle
Très délicate
De tes reins
Ni l’odeur optimiste du foin

Des gens là-bas
Acteurs sans doute de la société civile
Place de l’Étoile à Paris
Enlèvent quelque chose
Une créature de songe et de fumée
Qui doit avoir ses règles
Tandis qu’une autre 
Tantôt cérémonieuse
Tantôt espiègle  
Me répond

mercredi 18 octobre 2017

Commentaires d'un temps déjà ancien


  • "Mon très cher amour,
  • En ce dimanche de solitude pour nous deux, je voudrais te dire encore une fois combien je t'aime et combien j'aime tes poèmes. Celui-ci est très beau et très triste. J'espère de tout mon coeur, petit coeur, que ton coeur n'est pas aussi macabre que l'image que tu as choisie pour l'illustrer. Je t'embrasse partout.
  • Marianne" 
  •  
  • "Ma chérie,
  • Tes mots sont ici si rares que j'éprouve une grande surprise et toujours un plaisir extrême à les lire. C'est un feu qu'ils éveillent en moi, tu le sais bien, qui me brûle, me consume, et je t'en remercie, car ils me tirent de ma langueur dominicale. Aujourd'hui je suis seule et je me sens seule. Rose est avec Charlotte, et moi, je n'ai d'autre ressource que de penser à toi, à toi, à toi, toujours à toi, à tous ces moments vraiment merveilleux passés ensemble, et à tous ceux qui viendront encore, j'en suis sûre. La séparation est assurément une très grande douleur, mais si délicieuse... Si un jour nous avons la chance de vivre ensemble, serons-nous toujours ainsi, aussi folle l'une de l'autre?
  • Je t'aime, mon adorée, et moi aussi je t'embrasse partout.
  • Ton Ophélie"

mardi 17 octobre 2017

Vilain Gustave


"La femme est un animal vulgaire dont l’homme s’est fait un trop bel idéal."

 (Gustave Flaubert)

lundi 16 octobre 2017

Petit bateau sur l'O

Bijou
Et
Frifri
Mimi joli
Doigt tatillon
Fesses d’ivresse
Quand tout se passe
Comme à la messe
Entre tes cuisses de belle femme
Et que n’en finissent pas de brûler
Tes longs cheveux de guitare

Tes longs cheveux de guitare
N’en finissent pas de brûler
Entre tes cuisses de belle femme
Comme à la messe
Quand tout passe
Fesses d’ivresse
Doigt tatillon
Joli frifri
Bijou
Et
Mimi

dimanche 15 octobre 2017

Madame la Comtesse


 "Madame revint et se pencha à ma portière pour me caresser les seins doucement.
— On dirait que ce lieu t’inspire. Tu rêves, ma parole?
— Oui Madame! J’écoute les croassements des corbeaux. Vous les entendez?

Elle ne me répondit pas.
— Ouvre la boite à gants, dit-elle, et viens tout de suite! Je t’attends!

 J’obéis et, surprise, découvris dans la boite à gants un garçon à lanières de belle taille. L’objet en main, je mis un pied hors de la voiture et m’approchai de Madame.
— C’est toi qui vas œuvrer, dit-elle, mais j’entends que tu sois extrêmement capricante!
— Capricante?
— Sautillante, si tu préfères, comme une chèvre, est-ce que tu me comprends bien?

 Comme je la regardais bonassement, elle ajouta:
— Je veux que tu n’y mettes aucune poésie, aucune fioriture! Que tu sois brutale et bestiale, que tu me baises, quoi! Est-ce bien clair?
— Oui Madame!
— Je vais t’aider à le fixer, tu n’en as jamais mis, je suppose?
— Non Madame!

 Déjà, j’aimais ces étranges préparatifs, l’attente de ces curieuses cérémonies rituelles entre femmes… Madame s’agenouilla devant moi, avec, dans sa main, le garçon. Elle le posa sur mon sexe et le fixa en prenant bien soin de tendre et de régler correctement les différentes sangles pour qu’il fût solidement arrimé. Passivement, les bras ballants, les seins moites, je me laissai harnacher, en même temps que je scrutai obsessionnellement les alentours, craignant la venue d’un éventuel habitué des lieux que notre passage en voiture aurait pu surprendre. Constatant notre réel isolement, je me calmai, fixai l’horizon qui virait au rouge, émue par les craillements intensifs des corneilles qui se répondaient lugubrement dans le proche petit bois. Madame se redressa. Je me vis dans le reflet des vitres arrière de l’auto, et jugeai insolite ce grand membre, assez réaliste dans sa forme et sa couleur, que Madame avait érigé au centre de ma silhouette. Elle eut l’air satisfaite de son œuvre et lança:

— Maintenant, tu sais comment fait un homme?"

samedi 14 octobre 2017

Get me wet

L’eau dans le jardin est mobilité
Fluidité
Nos seins dénudés aussi
L’eau désagrège le rocher
Patiemment
Avec le temps

J’aime jouir sur ta langue de pierre
L’eau est forte comme la pierre
L’eau est la pierre

J’aime ton bouton tout gonflé en forme d’éclosion
L’humidité est une fascinante élévation de l’esprit
Les grands ciels d’encre me font rêver d’éternité
Belle et silencieuse
Et mes yeux mes oreilles s’ouvrent à la justesse
Quand mon cœur se disloque
C’est la troublante expérience du vertige

L’eau est le lien entre mon corps et le tien 
Entre nos corps et le cosmos
Au jardin les fontaines 
Où la patience est vertu très lunaire

vendredi 13 octobre 2017

Sweet kisses

Pendant que tu me branles
Je t’embrasse
Pendant que tu te branles
Je gobe tes seins
Nous caressons nos recoins
Nos trésors
Nos essaims
Miséricordieusement nues
Inséparables nous sommes

Pendant que tu m’embrasses
Je te branle
Pendant que tu me lèches
Tu te caresses
Pendant que nous nous chevauchons
La nuit descend à gros flocons
Sur les vieux toits d’ardoises cabossés

Ignorante de nos coquillages en somme
Pourtant suspendue à notre cyprine qui coule
Seule mesure exacte de la vie

jeudi 12 octobre 2017

Vivre


"L’excès de prudence détruit l’âme et le cœur, parce que vivre est un acte de courage. Et un acte de courage est toujours un acte d’amour."

Paulo Coelho

mercredi 11 octobre 2017

Pour m'éclore mieux

                                                              à Rose,

Lune de nous deux a peut-être souri
Tu es la licorne qui n’est pas une fable d’images
Parée d’elle tu en es la forme brandie
Qui comble à merveille mon petit trou
Point cardinal de toi petite rousse
Qui se prend pour la grande ourse
Et m’éclaire si bien pour m’éclore mieux

mardi 10 octobre 2017

L'âme des femmes

L'essayage - Francine Van Hove

"C'est le miroir qui se mire dans la femme."
Xavier Forneret

lundi 9 octobre 2017

Dans la nature nous sommes la nature

Faire l’amour à plusieurs
Quand on se retrouve entre femmes
C’est être au jardin d’Eden
Parmi des myriades (j'exagère) 
De seins et de fessiers
Il y a tant de fruits à cueillir
Dans cet espalier
Tant à sucer
Qu’on ne sait plus où donner de la langue et des lèvres
L’on est soi-même mangée
Sucée dévorée
Car on est aussi ce jardin

Dans la nature
Nous ne sommes rien d’autre que la nature
Tandis que Dieu va et vient
S'occupe de ses affaires

dimanche 8 octobre 2017

Un cheveu sur la langue

Quand je savoure une chatounette
Mes longs cheveux blonds souvent passent devant mes yeux
Comme des flammes
Malgré mon agitation
Je m’efforce de les remettre en place
Bien qu’ils n’en aient aucune
Car pour rien au monde
Je ne voudrais garder
Définitivement
L’un d’eux
Sur le bout de ma langue

samedi 7 octobre 2017

Une autre femme


“La femme doit cesser de se considérer elle-même comme l'objet de convoitise de l'homme.”
(Gandhi)

vendredi 6 octobre 2017

Dans la forêt

Sur le dos
Sur la mousse
Chacune dans le prolongement de l’autre
Emboîte son creux
Dans celui aimanté de son aimée
Jusqu’à ce qu’ils forment définitivement
Une seule et même charnière

La soudure est fragile
Car nous nous activons
Dans ce fourré
A l’abri des chasseurs
Comme des biches que nous sommes
Nos vulves folles vivent
Et s’entrevivent 
Et se frottent 
Dans le bel automne
Que Dame Nature a peint
Majestueusement
En technicolor

jeudi 5 octobre 2017

Une force dissolvante

D’envie O. soupirait devant ses flacons
Aux corps transparents
Et aux reflets ambrés
Ils abritaient des crèmes pour le corps
Du gel
Du savon parfumé
Ou de l’eau de toilette
Tous habillés de leur sublime robe de cristal

Pour apaiser son corps et son esprit
O. décida de prendre un bain
Rien de tel que le rituel du bain
Elle hésita entre quatre essences
Prodiguant chacune des bienfaits spécifiques
L’iris qui donnait de l’énergie
Le cyprès pour la sérénité
Le citron qu’elle savait réconfortant
Et le cerisier qu’elle avait l’habitude d’utiliser
Pour se rendre gaie

Mais le mieux se dit-elle
Est de s’immerger dans l’eau pure
L’eau matricielle
Et de ne rien connaître du tout
Car moins on sait
Moins on a de préjugés
Et plus on est apte à changer de point de vue

Alors O. mit sa main entre ses cuisses et
Devenue miroir du ciel 
Totale humilité
Totale humidité
Commença à se masturber

(Par un fleuve emportée…)

mercredi 4 octobre 2017

Vierges de fer



 "J’ouvris les yeux et vis qu’elle était au-dessus de moi, tête-bêche. Sans me toucher, son petit cul adorable était devenu mon ciel… J’attrapai le lacet de cuir qui pendait au milieu de sa vulve et, très doucement, tirai dessus, confiante en le plaisir que je lui donnerais à faire ressortir cette chose qui, comme un long, paisible et beau paquebot, reparut. Mais, quand elle fut au dehors, elle me sembla hideuse et titanesque, semblable à un affreux serpent de mer. Attentivement, je regardai l’œil de cyclope d’où la chose venait de sortir. Il était bien rose, bien humide, avec des sortes de perles de rosée à l’intérieur, de jolies parois de nacre. Mais c’était une béance, l’entrée d’une grotte terriblement mystérieuse, étonnamment chaude et savonneuse. J’aurais voulu être à la place de la chose, être un petit quelque chose de ce Titanic, de cette bouteille à la mère, quand, de nouveau, je l’enfonçai dans l’huître rose où elle y disparut de nouveau corps et bien. J’étais au nord. De l’autre côté, dans l’hémisphère sud, la même chose entrait et sortait de moi, et me faisait beaucoup de bien. Un bien fou. J’étais pleinement heureuse, pleine de la chose. Je la laissais entrer et glisser en moi, et moi de mon côté, je poussai et tirai sur ma chose à moi. Et ma chose revenait, identique à elle-même, et je la repoussai encore et encore, comme un petit enfant qui jette au loin sa bobine et la fait revenir au moyen d’une ficelle, en jubilant. Tout marchait bien, était bien huilé, parfaitement réglé. Nous étions, Ariane et moi, comme une horloge, comme un petit univers clos. Chacune, à sa place, faisait son ouvrage (de dames) et donnait un plaisir mesuré à sa moitié. Nous attendions perfidement le big-bang, la grande et brutale expansion de notre univers, celle qui nous éclaterait, nous déchiquetterait et réduirait nos deux corps en bouillie, celle qui déplacerait notre centre de gravité et nous mettrait les nichons dans le cul. En attendant, nous étions de drôles de dames, des petites cochonnes célestes, des vierges de fer sataniques qui, ni vues ni connues, s’adonnaient à un jeu d’enfer! Par quelle communion de pensée Ariane eut-elle l’idée, la grande extase passée, de mettre sur la platine de sa chaîne, "Number of the Beast" d’Iron Maiden?"

mardi 3 octobre 2017

Noctambules

                                                                   à Marianne,

Seule parmi les étoiles
Tu m’attends
Sage
Assise sur un banc
Dans ce grand parc d’ombres très sombres
Où déjà rôde l’automne

Tu as marché longtemps 
Seulement vêtue de ton très long manteau de songes
Grand ouvert
Et nue dessous
Perchée sur tes vertigineux escarpins
Et sans doute en chemin 
Sur les trottoirs
Dans les rues les boulevards
T’es-tu laissé envouter par la chair lunaire de la nuit
Si belle nuit 
Si belle chair qui ne s’achève jamais

Et maintenant à mon tour je marche 
Je vais à ta rencontre
Lunaire et poitrinaire
Escarpinée comme toi
Et nue aussi sous mon manteau
J’hésite à donner des détails
Bas noirs
Porte-jarretelles noir
Les yeux de n’importe qui derrière mon dos
Très ignare des draperies solennelles du vent
Et des pages ennuyeuses qui tournent et me tourmentent
Et nourrissent ma journée immobilière
Mille fois heureuse d’aller baiser tes lèvres de feuilles tendres 
Comme des soupirs
Sur la carte de Tendre
De toucher tes seins parfaits
Et sucer leurs doux tétons diaboliques
Sous d’antiques arches et d’évidents réverbères

Je presse le pas
Vite ma mie je veux arriver vite
Pour te sucer
Te baiser
Mon cœur assassin est une bulle à feu et à seins
Je sais qu’en arrivant le cœur battant tu te régaleras aussi des miens
Tu seras je le sais
Sûre enfin que je suis bien ta femme
Celle qui ne meurt jamais 
Et jamais plus n’est rongée par l’angoisse des vertèbres
Celle qui sait que les voies initiatiques sont toujours des voies solitaires
Que le chemin dans la nuit
Pour jouir de l’unité
On le fait forcément seule et nue

lundi 2 octobre 2017

Convoitise d'elle


“Chaque femme est sa propre poupée, qu'elle habille et arrange.”
(Alphonse Karr)

dimanche 1 octobre 2017

Dans notre chambre à toucher

                                                                à Marianne,

Dans notre chambre à toucher
Sur le grand lit
Nous nous bécotons tendrement comme deux amantes
Mais maintenant il est temps de nous déshabiller
Pour continuer nues nos nuées de baisers continus
Ce qui doit arriver arrivera très certainement
Nous lécherons nos gentils pistils
Puis les exciterons follement avec nos tendres tétines

samedi 30 septembre 2017

Délices

                                                     à Marianne,

Avec ma langue
Je savoure tous les replis de ta moule
Ma langue fouille
Bute
Démêle
Rencontre mes doigts
Peut-être les tiens
Qui séparent les feuillets
Dans un instant
J’utiliserai un gode
Tandis qu’avec cette vicieuse 
Je continuerai d’attaquer le charmant durillon
Et toi
Tu caresseras ma chevelure brouillonne

vendredi 29 septembre 2017

Jérémie

Il mesure trente-trois centimètres d'un bout à l'autre
Avec 
A chaque bout
Une longueur insérable de quinze
Tel est notre cher petit monsieur
A toutes les trois 
Un bel amour qui n'est pas en bois
Et pas non plus 
Le cheval de Troie

jeudi 28 septembre 2017

De tout petits détails

 Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nos deux nuits passées dans notre grand gîte, au mois de juillet, furent loin d’être des folles nuits. Sans doute, étions-nous toutes un peu fatiguées par nos journées. En petit couples, vers vingt-trois heures, nous nous acheminions, fourbues, épuisées, les unes après les autres, dans nos chambres, pour faire un très grand dodo. On ne se faisait même pas la bise, dans le long couloir qui desservait les chambres, juste un petit signe de la main et un sourire complice qui voulaient dire à demain. La première nuit, je la partageai avec Grace, et la seconde, avec Giulia. Ce fut quand même un vrai grand plaisir, surtout le matin, au réveil. Ces deux nuits furent, quand j’y pense, sans doute prémonitoires. A y bien voir, elles annonçaient ma deuxième quinzaine d’août, passée d’abord à Rome, chez Giulia, puis à New-York, chez Grace.

 J’adore les réveils matinaux quand je me retrouve avec une jolie fille dans mon lit, quand je peux la tripoter à ma guise dans mon demi-sommeil, et quand elle aussi me tripote dans son demi-sommeil. J’ai alors l’impression de me réveiller dans un pays de rivières chaudes où le ciel est vaporeux et plein d’oiseaux distraits et où des plages ensoleillées regorgent de jolies sirènes, jeunes comme l’éternité. Ces réveils sont fréquents, me direz-vous, puisque j’ai l’habitude de dormir avec Rose ou Marianne. Mais là, avec Giulia et Grace, c’était bien différent, non parce qu’on pouvait faire la grâce matinée, mais tout simplement parce que c’était différent. Que c’était autre chose. Bien sûr, comme d’habitude, je pouvais disposer d’une paire de nichons qui n’était pas la mienne, mais ce n’étaient pas les mêmes paires que d’habitude, même si elles se ressemblaient. Je pouvais aussi jouer avec un frifri comme d’habitude, mais ce n’était pas le même frifri que d’habitude, même s’ils se ressemblaient. L’un parlait italien, l’autre américain, et ceux de l’habitude, toujours français. Donc, ce n’étaient plus les mêmes frifris. Parfois, quand j’y pense, je me demande à quoi ça tient le changement. Je me rends compte, en y réfléchissant, sotte que je suis, que ça tient à de tout petits détails.

mercredi 27 septembre 2017

Ce qu'on dit

Détail d'une petite bonne poitrinaire


 Une poitrinaire, à ce qu'on dit, est une femme atteinte de tuberculose pulmonaire. 

 C'est ce qu'on dit.

 Autrefois, cette maladie touchait principalement la classe ouvrière qui, comme on le sait, était moins bien nourrie et moins bien logée qu'aujourd'hui, vivant dans une promiscuité propre à développer toutes sortes de miasmes intrépides. Par extension, la maladie touchait également les quartiers bourgeois où elle était appelée "maladie des petites bonnes". 

 C'est ce qu'on dit.

 On dit aussi que la tuberculose pulmonaire est à l’origine du mouvement hygiéniste et de la construction de sanatoriums où les poitrinaires pouvaient poitriner, c'est-à-dire, toujours d'après ce qu'on dit:
1- parler ou chanter avec une voix de poitrine;
2- rabattre leurs cartes sur leur poitrine pour les cacher, quand elles jouaient au tarot;
3- plastronner devant les autres;
4- mettre en avant leurs seins pour les exhiber;
5- manipuler et caresser les seins d’une autre femme.

 Tout ça, c'est ce qu'on dit. Mais il ne faut pas toujours croire ce qu'on dit.

(Par un fleuve emportée...)

mardi 26 septembre 2017

A genoux

A genoux
Mon cul s’encastre parfaitement sur ton visage
Ne fait plus qu’un avec lui
Comme une grosse prothèse en double pamplemousse
Ton nez touche une promesse
Et tu me lèches
Agrippant mes fesses qui se trémoussent

lundi 25 septembre 2017

Un autre commentaire (ancien) de Marianne et ma réponse en forme de poème

Ma très douce Ophélie, en lisant ce poème, et en lisant ce que tu as écrit hier et les jours précédents, j'ai l'impression que tu me prépares une très, très grande passion, mais tu sais bien que je t'accompagne, que je suis avec toi, que je ne t'ai pas quittée, même si je ne suis pas présente physiquement auprès de toi. En aimant Marlène, tu ne me perdras pas, je serai toujours là, parce que je sais bien que tu m'aimes, et que c'est précisément au nom de notre amour fou que tu peux désirer et aimer Marlène. Ce n'est pas une autorisation. Aimer l'amour, c'est aimer la vie. Bonne nuit, ma chérie, ma très douce Ophélie.

Marianne


  • Merci merveilleux petit chat noir
  • Pendant que tu ronronnes
  • Sur tes douillets coussins
  • Je bise ton fin museau félin
  • Et barbare je pars à ta place
  • A la chasse aux souris

  • Ophélie

dimanche 24 septembre 2017

Quand il pleut


 L’autre jour, je regardais la pluie tomber par la fenêtre, et fredonnais tout bêtement: "Il pleut, il pleut bergère…" Pourquoi pas? C’est une simple association d’idées qui n’a rien d’original, mais je l’ai trouvée enfantine et ravissante, propre à émouvoir l’enfant que je suis demeurée et, effectivement, à susciter des caresses sous les draps et même hors des draps. 

 En fait, que peut-on faire de mieux, en ces jours monotones de pluie, quand l’on s’ennuie quelque peu?

samedi 23 septembre 2017

Cet été

Rose est une jardinière à la main verte et à la culotte obsolète
Cet été notre jardin a regorgé de belles courgettes
Et de tomates bien rouges 
Toutes plus extravagantes les unes que les autres

vendredi 22 septembre 2017

Une semaine dans le Trastevere

                                                          à Giulia,

Un peu tout
Surtout les paysages qu’il faut sucer
Parce que tout va disparaître ici
Les rues étroites pavées 
Alignées vers le Janicule
Le pont Sisto
Où tu m’as embrassée plus de dix fois
Sur ma bouche et dans mon dos
Les trattorias
Les terrasses ombragées
Ton soutien-gorge super pigeonnant
A armature
Tout en dentelle
Galbant merveilleusement ta poitrine très belle
Fermé sur le devant par clips
Permettant de dégager instantanément tes seins
Le soir dans les rues mal éclairées
Non loin des bars et des cafés
Tout près
De la vie bruyante et éclatante
En attendant de nous entredévorer
Plus tard dans la nuit
Dans ton lit

jeudi 21 septembre 2017

Une puissance attractive



“Il y a dans la faiblesse de la femme une puissance attractive que la force de l'homme subit avec étonnement, qu'il flatte et qu'il maudit tour à tour comme une tyrannie, parce qu'il en coûterait trop à son orgueil d'y reconnaître une loi providentielle. Les archives du genre humain, épopées, histoires et légendes, sont remplies de témoignages éclatants de ce charme mystérieux : Eve et Marie, Minerve et Vénus, les Muses et les Sirènes, Armide et Béatrix, Cléopâtre et Jeanne d'Arc, en sont les figures immortelles. La femme est plus voisine que l'homme de la nature. En dépit de la Genèse, je serais tenté de croire qu'elle l'a précédé dans l'ordre de la création. L'influence que la femme exerce, comme à son insu, participe des influences naturelles. Son œil a les fascinations de la mer; sa riche chevelure est un foyer électrique; les ondulations de son corps virginal rivalisent de grâce et de souplesse avec les courbes des fleuves et les enlacements des lianes; et le Créateur a donné à son beau sein la forme des mondes.” 

(Marie d’Agoult)

mercredi 20 septembre 2017

La première fois que Marianne m'écrivait un commentaire dans mon blog


  • Ma douce, 
  • Je découvre ton blog avec ravissement et vraiment, je le trouve très bien, original et vivant. Il te ressemble comme deux gouttes d'eau. Il y a tellement de choses à lire de toi qu'il me faudra des jours et des jours, mais je le ferai... Tu as bien décrit notre journée d'hier, mais heureusement pas trop quand même, je n'aurais pas aimé que tu donnes trop de détails... J'ai aimé ta description de notre rencontre, le jour du mariage, et celle de notre belle journée à Cabourg. Tu as vraiment du talent, tu devrais faire romancière! J'ai vu, dans le musée que tu photographiais ce tableau, ainsi que des armoires. Je n'imaginais pas le voir aujourd'hui sur Internet, pour illustrer la journée que j'ai passée avec toi. Mais cela me fait plaisir, ce n'est pas un reproche. Parler de nous est peut-être une preuve d'amour. Mais es-tu amoureuse? Et puis, pourquoi avoir choisi ce tableau pour parler de notre journée? J'espère qu'il ne s'agit pas de savoir qui de nous deux est la fermière et qui est la vache? Je plaisante, bien sûr, et je t'embrasse très tendrement. 
  • Marianne 
(Par un fleuve emportée...)