Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

dimanche 31 décembre 2017

jeudi 28 décembre 2017

Mélanges

Nous mêlons nos bouches et nos cheveux
Dans nos sexes 
Entre nos petites lèvres papillon
Luisent les étoiles de l’amour

mardi 26 décembre 2017

samedi 23 décembre 2017

Bientôt Noël

 Kali a six ans. Elle est devenue grande. Elle sait lire maintenant. Elle croit encore au Père Noël, du moins elle nous le fait croire malicieusement. Sans doute, ce sera la dernière année. Je ne vais pas tarder, et cela me fait un immense plaisir, à la revoir chez ma tante Angèle où, comme chaque année, tant que celle-ci est encore de ce monde, aura lieu le traditionnel réveillon et le jour de Noël, en compagnie de Karine et de Pierre, mes enfants, et de leurs conjoints.

 Chez Angèle, avec Rose, Muriel et Marianne, nous avons dressé et décoré le sapin, ainsi que placé la crèche du petit Jésus, à laquelle ma tante tient tant. Marianne, évidemment, part voir ses enfants, et Rose ira passer Noël chez Eliaz et sa femme, où elle retrouvera Muriel et ses deux sœurs. Andréa, la mère de Muriel (la femme d’Eliaz) sait parfaitement que sa fille et Rose sont amantes, mais cela ne pose aucun problème. Tout se passe bien. Rose est reçue comme si elle était leur propre fille. De nos jours, la vie de gouine n'est plus ce qu'elle était dans les familles!

 Grace a beaucoup de chagrin. Elle m’écrit des lettres enflammées et désespérées. Elle aurait voulu que nous passions Noël ensemble, mais ce n’est pas possible. Je lui ai promis que je retournerai la voir en début d’année prochaine. Je ne veux vraiment pas la faire souffrir. Elle, si bonne et si belle. L’amour doit pouvoir se partager.


vendredi 22 décembre 2017

Laquelle?


Laquelle pourrait se transformer en une comète fatale?
Laquelle, dans la crèche, pourrait tenir le rôle de Marie, la mère du petit Jésus?
Est-ce la même?

jeudi 21 décembre 2017

mercredi 20 décembre 2017

Bâtisse mal construite?

"Le soutien-gorge a pour fonction de soutenir quelque chose de plus lourd que prévu, dont le poids a été mal calculé, et qu'il faut étayer après coup un peu comme on étaye avec des piliers et des contreforts le balcon d'une bâtisse mal construite." 
(Milan Kundera)

mardi 19 décembre 2017

Huit jours plus tard

 La nuit dernière n’a pas été banale. Figurez-vous qu’après une bonne partie de jambes en l’air dans notre chambre, quand nous fûmes couchées et endormies, nous avons été réveillées par Rose qui suffoquait et râlait, à moitié inconsciente. Marianne et moi qui étions dans le grand lit, sommes venues voir ce qui se passait dans le petit lit. Rose ne pouvait plus respirer, sa gorge était devenue énorme et continuait de grossir. Nous avons alors paniqué. En plus, Rose passait du rouge au bleu, et ne pouvait plus parler. Que lui arrivait-elle?

 Marianne a appelé le SAMU, et dans le quart d’heure qui a suivi, un médecin était au chevet de Rose et trois pompiers déambulaient dans notre chambre avec leurs grosses tatanes. Mais stupéfaction. Dès leur entrée dans la chambre, magiquement, Rose était redevenue complètement normale. Elle ne suffoquait plus, sa gorge avait repris ses dimensions habituelles. Elle était assise dans son lit et nous souriait béatement comme si rien ne lui était arrivé. Elle se souvenait vaguement d’un mauvais rêve…

 Nous avons expliqué au médecin et aux trois pompiers que nous n’étions pas des menteuses, que Rose avait bien été à deux doigts de mourir étouffée… Les pompiers ne nous croyaient pas. L’un d’eux, en particulier, un grand gaillard barbu, nous regardait avec circonspection. Il s’obstinait à observer les godemichés, bien visibles, sur une table de nuit, et que, dans notre affolement, nous n’avions pas eu le temps de ranger à leur place. Heureusement, le médecin, lui, nous a crues, et a fait son diagnostic. Oedème de Quincke, a-t-il dit, obstruction des voies respiratoires, due à une allergie. La cause? En nous posant des questions, il l’a trouvée. La pointe dans le pied, le sérum anti-tétanique de l’hôpital… Ça devait être ça, du sérum de cheval, d’où une allergie, pile huit jours plus tard!

 Nous avons vraiment eu très peur et avons fait plein de bises à Rose, tellement nous avons cru la perdre.


lundi 18 décembre 2017

Ceci n'est pas un godemiché

Si, justement,
c'en est un.
Et dessiné par Marc Weiler.
En bois de noyer
et en laiton poli.
Le raffinement.

dimanche 17 décembre 2017

samedi 16 décembre 2017

La veilleuse


Même au centre de la clarté
La plus humble veilleuse brille comme un phare
Un incroyable désir s'empare d'elle
Et fait d'elle
Parmi les cailloux fatigués
Une pierre précieuse


vendredi 15 décembre 2017

Le plus simple


Le plus simple sera de t’attacher nue sur le lit
De te coller un vibro sur le clito
Et de te sucer les seins
On te dira des mots doux dans la pénombre
Avant de te laisser là
On repoussera le tiroir
Il te poussera sûrement des ailes
Et on te fera voir du noir
Nous reviendrons
Nous serons 
Malgré la pluie battante
Qui tambourine au dehors
Les bouffeuses obstinées de ta moule et de tes miches

(Par un fleuve emportée…)

jeudi 14 décembre 2017

Pays de cocagne


C’est drôle
Quand tu emprisonnes un des mes tétons dans ta bouche
Tu ouvres grand tes yeux
Comme un bohémienne
Marchant sous les ruines d’un ciel immense
Alors tu me regardes
Comme si tu venais d’aborder
Une île miraculeuse
Dont les frondaisons déborderaient de générosité
Une île désertée trop longtemps recherchée
Loin des famines et des guerres
Une terre de salamandres
Et de pétales de roses
Et de bombances perpétuelles
D’inversion des valeurs et des lois naturelles
Où ne buissonnent jamais plus les ombres
Où s’imposent la jouissance et l’amour
Quand la haine et la misère sont proscrites

(Par un fleuve emportée…)

mercredi 13 décembre 2017

Croco de malheur

Dans une rue toute pleine de ténèbres
Nez à nez je tombe
Sur un croco qui deale
Ses lèvres
Quand il voit l’aube incolore de mes seins
Se fendent d’un vieux sourire carnassier
Que vais-je devenir
Pauvre de moi
Me dis-je
Toute nue sous mon pull
Sans doute va-t-il
Ce croco qui deale
Toute crue me dévorer
Heureusement
Des femmes sans passé passent dans le quartier
Maraudeuses sans doute sans pitié
Avec des allures funèbres de mannequins
Vite à elles je me joins
Et les entends qui me disent 
Affolées
Que le ciel et l’enfer
Ne sont rien d’autre que des états de l’âme d’ici-bas
Et à l’heure dite
Laquelle je ne sais pas 
Sans doute pas celle du trépas
Le silence se met à rugir
Dans des douches d’égout en chaleur
Ce qui fait natchaver ce croco de malheur très dealer
Et moi
De le regarder se faire la belle
Au loin
Me ravit


mardi 12 décembre 2017

Mauvaises langues

"Il n’y a pas de femmes frigides. Il n’y a que de mauvaises langues." 
Coluche

lundi 11 décembre 2017

Muriel

 Je ne vous ai pas dit, mais Rose a rencontré une nouvelle amie, une fille très bricoleuse comme elle, une certaine Muriel. Muriel travaille comme charpentier-couvreur avec son beau-père, et a entrepris de restaurer une jolie ruine qu’elle vient d’acquérir. Il y a beaucoup de taf pour rendre habitable cette vieille bâtisse, et Rose est déjà allée l’aider plusieurs fois. Ce samedi dernier, Marianne et moi nous sommes jointes à elles pour leur donner un petit coup de main. Il fallait rien moins que déposer toute la toiture, ardoises et lattes, pour refaire certains chevrons bien pourris. Bien sûr, c’était Eliaz, le beau-père de Muriel, le maître d’œuvre de cette affaire, et nous les filles, nous étions seulement à son service pour descendre les ardoises et les lattes, et les entasser dans un coin du terrain.

 Malgré le mauvais temps, la journée s’est passée dans la bonne humeur, et toutes les quatre nous mettions du cœur et du corps à l’ouvrage. Eliaz est un homme charmant, un peu timide, mais très sympathique, pas un brin macho. Sans autoritarisme, en professionnel très averti, il distribuait à chacune son rôle et chacune lui obéissait en tous points. A la fin de la journée, quand l’objectif fut atteint, Rose n’a rien trouvé de mieux que de marcher sur un morceau de bois d’où ressortait une grande pointe rouillée, ce qui l’a fait hurler et m’a obligé de l’emmener aux urgences de l’hôpital. Là, un infirmier ventripotent et peu sympathique lui a injecté du sérum anti-tétanique, et aujourd’hui, tout est rentré dans l'ordre, elle va bien.

 Rose s’entend très bien avec cette Muriel qui, malgré son métier, est une jolie fille, pas du tout masculine, douce, blonde, à la peau très blanche, aux articulations très fines. Elle aime aussi les plantes et c’est à la jardinerie où Rose travaille que, y étant venue comme cliente, elles se sont rencontrées et ont sympathisé. Muriel est une jeunette. Agée de vingt-six ans, je ne vous raconterai pas sa vie, car cela pourrait déplaire à ma Rose chérie. Toujours est-il que Rose ne voit presque plus Agathe, avec laquelle elle paraît désormais assez brouillée. Agathe est certainement un peu jalouse de Muriel. C’est dommage, parce que je l’aimais bien, Agathe. De plus, nous avons passé pas mal de bon temps sur ses bateaux.

dimanche 10 décembre 2017

Brigandes

Qu’il est agréable d’être l’objet de nos soins
D’être au cœur de nos histoires de brigandes
D’imaginer que nous ressentons tous les transports que nous excitons
Que nous jouissons de tous les plaisirs que nous nous donnons
La vie évidemment ne va pas sans de grands oublis
Mais quand nous baisons à trois
Pas question d’en oublier une
C’est là notre devise
Nous y sommes soumises
Nous sommes très attentives
De ne pas faire deux plus une
Nous excitons minutieusement tout ce qui doit l’être
Et nos palots derrière une fenêtre
Nous les roulons simultanément et intimement à trois
Et nos pelles aussi bien mais jamais en duel
Ne les épargnons comme de stupides caisses d’épargne

samedi 9 décembre 2017

L'académie?

"Avec une minuscule, c’est un corps de jolie femme. Avec une majuscule, c’est un corps de vieux barbons." 

Paul Morand

vendredi 8 décembre 2017

French kiss

Rouler un palot
Quand une vieille romance taraude
Exactement à l’endroit du cœur
Rouler une pelle quand ailleurs le devoir nous appelle
Un patin sur des patins à roulettes
Une saucisse
Quand tout glisse sur les odeurs mauves du silence
Une escalope pour jouir d’être bien salopes
Une galoche dans la chambre bleue où nous nous vautrons
Enfin c’est la vie des langues que l’on roule
Qui se parlent
Qui s’aiment et qui s’écoulent
Dans un baiser de langues sans fin
De langues en bouche et de bouches en langue
Un baiser de vis sans fin
Non prévu par Archimède
Un baiser en somme en forme de dauphin
Pour nous sucer la glotte en toute liberté égalité sororité

jeudi 7 décembre 2017

Ce qui tient à un fil


"C’est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle"
(Jean d’Ormesson)

mercredi 6 décembre 2017

Tout l'univers

"Tout l'univers obéit à l'Amour; aimez, aimez, tout le reste n'est rien."
Jean de La Fontaine


mardi 5 décembre 2017

Elles dansent

Illustration d'Igor Zenin

"Dans ce monde où nous endossons chaque matin comme une vieille veste usée, totalement immunisés contre la surprise, l'arbre est la seule forme qui de temps en temps, à certains brefs moments de stupeur où les yeux se décapent de l'accoutumance, m'apparaît comme parfaitement délirante."

(Julien Gracq)



lundi 4 décembre 2017

Cœur en bouche

Dessin de Leone Frollo

Le loup à pas de nuit s'introduit dans ma couche.
Visiteuse! Visiteuse! Tes boucliers sont des seins!
Dans l'atelier se dressent aussi sournoises que des langues les vipères.
Et les étaux de fer comme des giroflées sont devenues des mains.

Robert Desnos
(Cœur en bouche)

dimanche 3 décembre 2017

Il

Aujourd’hui encore il se masturbe
Même paralysé
Je vous ai pas dit
Il est paralysé des jambes et d’un bras
Mais il se masturbe encore avec l’autre

samedi 2 décembre 2017

Un grand festin

Je remplis ma bouche avec ton sein gauche
Tandis que ma senestre main tripote ta chatoune
Je m’en réjouis et je t’écoute 
Tu miaules comme une anguille aimantée

Comme tu n’es avare d’aucun regard de boussole
Tu viendras t’installer entre mes jambes
Où ta langue entre mes cuisses fera mille cabrioles

Nous ne nous dirons rien 
Nous voguerons en silence
Le cœur tapissé de mousse et de milliers de lettres d’amour
On n’entendra que ma respiration bruyante
Ponctuée seulement de mes doux gémissements
Et le chuchotement de tes baisers savamment déposés 
Ça et là sur mes lèvres et mes tétons

vendredi 1 décembre 2017

Une envie folle

J’ai une envie folle de pincer tes tétons
Désirables et identiques aux miens
J’ai une envie folle d’asseoir mon cul
Sur ta bouche
Et de regarder les flammes danser dans la cheminée
J’ai une envie folle de nos jeux élastiques
De lesbiennes très lubriques
Une envie folle de gémir et de couiner de plaisir
A couper ton ciseau qui me coupe aussi bien

jeudi 30 novembre 2017

Chaînes

"Si vous ressentez vos chaînes, vous êtes déjà à moitié libre."
Proverbe anglais

mercredi 29 novembre 2017

Du coup

 Je n’aime pas du tout l’expression "du coup". C'est un tic de langage laid et ridicule, surtout quand celles ou ceux qui en sont atteints commencent systématiquement leurs phrases avec. J’entends encore Rose m’interpeler en me disant: "Du coup, Ophélie, tu serais d’accord pour qu’on sorte ce soir?" 

 Rose, quand elle est venue s’installer chez moi, me saoulait avec ses "du coup" à tout bout de champ. Du coup, du coup, du coup… Je lui ai donc fait la guerre et elle s’est corrigée. Elle continue de nous mettre des fessées et des coups de martinet, mais elle ne dit plus jamais "du coup" (rarement). 

 Je ne pense pas être puriste, mais cette expression est aujourd’hui utilisée de manière totalement absurde. Normalement, elle signifie "par conséquent" ou "de ce fait" ou encore "aussitôt". Elle évoque l’idée d’une cause agissant brusquement, comme un "coup" qui survient, alors qu’on ne l’attend pas. Mais, de nos jours, elle est utilisée systématiquement, sans surprise, en dehors de tout lien brusque de cause à effet. "Du coup" est ainsi jeté dans le discours n’importe comment, avant même l’évocation de quoi que ce soit, même pas pour faire croire à l’interlocuteur qu’on utilise là un argument, mais seulement pour "meubler", "occuper le terrain" parce qu’on n’a rien à dire. Peut-être s’agit-il d’extorquer une approbation de son interlocuteur, car "du coup" est souvent une fausse causalité qui vise à assener une violence à l’autre (un coup) afin de le mieux prendre pour un con. "Du coup" n’a vraiment aucune utilité dans: "Du coup, il a fait beau aujourd’hui!". Du coup quoi? Par rapport à quoi? En revanche, quand je dis: "l’orage a éclaté et, du coup, nous nous sommes déshabillées pour aller courir nues sous la pluie battante", j’établis bien une relation causale entre le déclenchement de l’orage qui, comme un coup, provoque notre désir brusque et sensuel d’aller courir nues sous la pluie.

 Bien sûr, il existe d’autres tics horripilants. Je citerais: "au niveau", "juste pas assez", "juste trop bien", "genre", "trop", "c’est clair", "en mode", "au final", "voilà", "quelque part", "je veux dire"... 

 Mais vraiment, "du coup" est le plus vilain!


mardi 28 novembre 2017

Belles amantes

En corsage
Échancré
Baisers fiévreux et lumineux
Mains croisées dans des décolletés ajourés
Morsures des lèvres en feu
Succion éternelle des seins
En même temps que branlette soutenue
Plantureux soubresauts d’un arrière-train
Soixante-neuf énigmatique et chaotique
Lèvres luisantes roses et charnues
Imagination débridée des nichons au pouvoir
Gourmandise des tétons
Des globes parfaitement ronds 
Du sillon intermammaire
Encore des soubresauts d’un arrière-train
Une bouche arrondie comme un cœur
Des caresses partout
Beaucoup de douceur
Des seins en surplomb sur d’autres seins
Des papillons humides
Volcaniques autant que légendaires

lundi 27 novembre 2017

Un bel intrus

Poésie spatiale de Richard Leray


Il y a des fricassées
Où il peut être judicieux
Pour grimper plus haut dans les cieux 
Et mieux attraper les racines du vent
De glisser entre nous
Un bel intrus rempli de délices
Grelottant comme un lys blanc

dimanche 26 novembre 2017

L'amour nous plaît

"L'amour nous plaît, son bruit de chaînes et ses fruits de saison. Et tant mieux. Rien n'est plus désolant que de détester l'amour."
Marie Desplechin

samedi 25 novembre 2017

Bientôt


  • Mon cher amour,
  • Je n'en peux plus de notre séparation. Dans ce beau poème, tu me dis que tu veux me retenir pour me respirer à pleins poumons! Oh, si tu savais, ma chérie, comme j'ai envie que tu me retiennes, si tu savais comme moi aussi j'ai envie de te respirer. Bientôt, bientôt, ma chérie... 
  • Marianne
  • Cher petit cœur
  • Oui, bientôt, bientôt... En attendant, tu ne te laisses pas aimer négligemment et c'est très bien. Tu n'abuses pas de ta séduction, et c'est encore très bien. Tu ne préfères pas t’effacer quand nous sommes loin l'une de l'autre, et c'est merveilleux. Tu aimes te laisser entraîner dans d’infinis jeux de miroir avec moi, et ça j'adore! 
  • Tu es un vrai petit cœur et je t'aime, 
  • Ophélie 

vendredi 24 novembre 2017

Pour la petite histoire

Rien que pour la petite histoire
Tu m’as aguichée et j’en ai perdu la mémoire
Maintenant vois
Je la cherche au guichet des objets trouvés
A l’occasion je ne manque pas
Avec ma langue de te faire miauler
Et je trouve que les miaulements te vont très bien 
Mais ça ne me permet en rien 
De retrouver ma tête
On verra où tout ça nous mène
D’abord je ne regrette pas cette minute de Q
Puis cette ribambelle de secondes de silence
Oui tout ça finira bien par faire un beau voyage
Avec des cierges allumés
Et des trains manœuvrant sur des ponts d’acier
Quelqu’un je l’entends déjà
Perforera le mur de la nuit
Et il en aura même du mérite et moi
Pour l’instant
Je suis la balançoire de tes hanches qui te suit
Et toi un manchot lapin rêvant d’île déserte
A l’ombre de géants palmiers
Malgré tout je suis dans la lumière
Je tempère ta paire et j’en fais un repaire contre la tempête
J’ouvre ta porte que d’aucuns appellent jarretelles
Et des remorqueurs poussifs poussent des cris d’hirondelles
Sur un fleuve immense où lentement je dérive
Tandis que sur l’autre rive 
De gentils coquillages racontent l’océan
Mais ça n’est là encore qu’une mince bagatelle
Un peu troublante
En attendant de plus joyeux supplices à la Saint Sulpice
Rien que pour la petite histoire
Pour toi mon petit cœur

jeudi 23 novembre 2017

Je m'enracine

Nous sommes
Dans cette forêt d’automne
Comme deux sœurs jumelles
Aux seins jumeaux
Dont les petits bouts attisent le soleil

Veux-tu que je te dise
Dans notre moelleux bain de feuilles
Baisons ma douce
Baisons nos bouches amies
Suçons nos jolis tétons pour qu’ils durcissent
Et ne hâtons pas notre désir
D’exciter nos charmants pussies
Il sera toujours temps de le faire 
N’est-ce pas douce amie
Et même d’y introduire tu sais quoi
Ô ma sœur 
Ô ma jolie

Et avant d’entrer dans le secret de la terre
Veux-tu que je te dise encore très belle amie
Écoute en cette miraculeuse soleillée
La chute lente et très vertigineuse de cette élégante feuille rousse
La vois-tu 
La vois-tu qui tombe mon amour
L’entends-tu qui tousse
Oh écoute ma douce
C’était peut-être un rêve
Mais on n’entend plus rien du suintement des sèves maintenant
C’était au printemps tu t’en souviens
Et comme il était intimidant le craquement des écorces
Et rassurant le froissement des feuilles naissantes
Et comme tu me fais du bien en ce moment
Comment as-tu fait pour me le mettre
Continue tes va-et-vient ma très chère
Mais surtout écoute l’éternelle forêt qui vit
Et qui pourtant s’endort pendant que tu me perces
Et me berces
Et vois comment lentement
Doucement je m’enracine

mercredi 22 novembre 2017

Le fouet

"Le fouet a cet avantage sur les caresses. Ses traces durent longtemps."
(Denis Robert)

mardi 21 novembre 2017

Narquoise

Je te broute en pinçant les tétons
De tes prodigieuses boites à lolo
Qui me font tant rêver
Tant chavirer le cœur
Et toi 
Allongée sur le dos
Tu me regardes
Les mains derrière la tête
Muette comme un pot
Comme indifférente
Aux turpitudes lubriques de ta bonne Lili
Qui aime tant le clitoris de ta vallée 
Et qui si tu
Continues comme tu le fais 
A la narguer
Crois bien qu’elle va tout de suite tout cru l’avaler

lundi 20 novembre 2017

Vers le château

Photo d'Erik Johansson

"Les dernières maisons du village, coquettement fleuries, étaient souriantes et gaies. Je humai profondément le grand air et, avec ravissement, abordai la campagne qui, déjà, sentait bon l’automne. Le beau temps semblait de la partie, et seuls, par moments, des coups de feu tirés par des chasseurs trouaient son silence. Sur ma gauche, des champs roussissant sous le soleil encore dru s’étendaient à perte de vue. Sur ma droite, se profilait la belle parure d’un grand bois.

En coinçant sous la boutonnière de mon chemisier, une feuille de fougère que je cueillis, je songeai que le château ne serait certainement plus très loin, caché derrière cette épaisse et superbe végétation.

J’écoutai mon pas sur le goudron et repensai à la manière dont les événements s’étaient rapidement déroulés pour me permettre d’obtenir cet emploi. Finalement, je n’avais eu aucun mal à convaincre ma mère. Mon départ, bien qu’elle s’en défendît, la libérait.

Le lendemain de ma soirée chez Maÿlis, comme convenu, j’étais allée rendre visite à son amie Ariane. La belle prof de philo m’avait expliqué qu’elle s’était mise en rapport avec "la rouquine", l’intendante au Château des Ouches, une certaine Clémentine, qui lui avait confirmé qu’effectivement sa maîtresse, la comtesse de Kerouragan, était à la recherche d’une dame de compagnie qui fût jeune, jolie et rompue aux mœurs saphiques. Avec joie, j’appris que la place était toujours vacante, et qu’il m’était possible de faire un essai. Naturellement, il fallait que l’expérience me fût agréable et, pour être embauchée (ou débauchée), convenir à l’exigeante comtesse. Elle m’expliqua que cette drôle de femme comptait non seulement que sa nouvelle recrue s’adonnât sans réserve au lesbianisme, mais qu’en plus, elle fût particulièrement soumise et docile. Elle me demanda si je présentais de telles dispositions. Evasivement, par instinct, je confirmai.

En fin de comptes, je la remerciai d’une bise chaleureuse pour son aide. Elle en profita pour m’enlacer sensuellement et m’embrasser sur la bouche. A la fin, elle me demanda si je voulais bien dîner avec elle, et comme j’acceptai sa proposition, nous nous rendîmes en amoureuses, dans une gargote sympathique située dans le quartier latin. Vers dix heures, nous retournâmes chez elle, où nous attendait Maÿlis et y passâmes un délicieux reste de soirée. Mes deux amies m’initièrent à la partouze entre femmes et m’apprirent l’art de manier le godemiché…"