Ophélie Conan

Ma photo
Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

vendredi 23 juin 2017

Pearl Harbour

J’aime quand tu arbores ta perle
Je l’attaque alors sans crier gare
Je fonds sur elle
Je lance mon aéronavale
Ma plus belle armada
Dont je sais que tu es complètement fana

jeudi 22 juin 2017

Un poème

Un poème c’est de la musique faite avec des mots
J’aime ceux 
Dont le lyrisme est discret et n’ont rien d’épique
Ceux qui ne piquent pas
Qui sèment ici et là
Quelques graines de mystère
De non représentable
Des graines qui ont
Quelque chose à voir
Avec la vie
Ceux-là se chuchotent
Se respirent
N’aboutissent pas où l’on pourrait croire
Leur rythme est court
Un peu haletant
Comme le respiration d’un coureur égaré

mercredi 21 juin 2017

Ton cul

Ton cul
Quand tu me l’offres en levrette
Avec ses fesses et sa raie
Son petit trou
Son fruit d’Eve fendu
Ton cul dis-je est mirifique
Et le temps qui passe
Le temps qui presse
N’y pourra rien changer
Ton cul je le prends tout entier et j’en joue
Oui 
Avec ivresse
Je le fesse 
Je le confesse
Je le caresse
Je le frotte
En long
En large
En rond
En travers
Je l’explore avec tous mes doigts
Toujours en délicatesse 
Avec ma langue
Et tu en joues
Oui 
Je suis ton enchanteresse

mardi 20 juin 2017

Du tort à personne

Je veux bien reconnaître que je suis souvent toute nue devant mon ordinateur
Admettez que cela ne fait du tort à personne

Si mon voisin d’en face autrefois est mort
C’est que cela devait fatalement lui arriver un jour

dimanche 18 juin 2017

Pas suivre le sens de la flèche



"Dériver n’est pas suivre le sens de la flèche. Et quand Debord dit que la dérive doit s’effectuer en ville, parce que c’est le lieu de la modernité, je n’ai pas très envie de le suivre. Il y a tant de lieux merveilleux dans la nature, de jour comme de nuit!"

(Extrait de "La dérive", mon journal en 2014)





samedi 17 juin 2017

Pas ramollo sans petit vélo et avec nos pomelos

J’aime quand nous déformons ensemble nos quatre boites à lolo
Quand liane élastique tu poses sur mon pussy ton très gros vibro
Quand tu dis non avec ta tête la langue sur mon clito
Quand tu m’asseois cuisses ouvertes incognito
Sur une table de nuit et que tu t’agenouilles pour fumer ton gros cigarillo
J’aime quand tu fais vibrer mes fesses avec la vivacité d’une sténodactylo
Quand tu prends ton temps pour lécher mes deux gros roploplos
Quand tu bois ma chatte ma bouche et le reste comme une alcolo
Quand nous faisons soixante-neuf et que nous n’y allons pas mollo
Quand après avoir pris le thé et des petits gâteaux comme deux intellos
Nous enduisons nos seins de chantilly pour les sucer c’est tellement rigolo

vendredi 16 juin 2017

Ce que tu penses

                                                                           à Marianne,

Pendant que je lèche ton téton gauche
Que je le fais pointer en le serrant fort entre mes doigts
Je te regarde dans les yeux
Tu es allongée sur le dos et tu me souris
Muette et belle
Tes grands yeux sont noirs
Et tu me regardes aussi dans les yeux
Et je sais ce que tu penses
Que nous sommes deux belles salopes aux bouches d’ange
Aux dévotions si particulières


jeudi 15 juin 2017

Il te suffit

Tu t’attardes longuement sur mes seins
Comme sur une belle nappe blanche
Tu les touches
Tu les palpes
Tu les aimes comme de gentils séraphins
Tu les suces
Tu prends mes tétons entre tes dents et tu tires
Ça t’amuse c’est élastique
Tu as raison
C’est un jeu sans fin
Qu’on peut aussi bien jouer à l’ombre d’une dune

mercredi 14 juin 2017

Sensible au rituel

“La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir de l'ordre du naturel.”
Jean Beaudrillard

mardi 13 juin 2017

Le célibat du poème

Je me masturbe seule dans le noir
Sur le seuil de la nuit
Heureusement tu viens
Belle Marianne
Et ta main tantôt remplace la mienne
Tantôt l’accompagne
Sans jamais tâtonner 
Ivres d’espoir
Tes tendres baisers tordent mon désir
Et font de moi rien moins
Qu’une femme à coucher
Au sein d’une urbaine parade
Quand la ville dégringole
A la charnière soyeuse de nos deux sexes

lundi 12 juin 2017

Mélomane

                                              à Marianne,

Je te fais jouir avec mes doigts
Et la bouche ouverte
Je m’inquiète presque de ta jouissance
Tu souffles
Tu respires bruyamment
Tu halètes
Tu ânonnes 
Je happe un de tes seins
Et tu t’apaises soudain


dimanche 11 juin 2017

Si

Si je viens avec une badine
Pour te fouetter le cul
Que me diras-tu

Si je t’emmène sans culotte
Faire une promenade main dans la main
Que me diras-tu

Si dans la rue je t’embrasse 
Sur la bouche
Que me diras-tu

Si je t’emmène dans les chiottes
D’un bar louche pour te branler
Que me diras-tu

Si je t’invite une après-midi au cinéma
Pour te sucer les seins
Que me diras-tu

Si je te fais monter dans la tour Eiffel
Pour te faire l’amour
Que me diras-tu

Si je me déguise en Nosferatu
Et que je ne te dis rien
Que me diras-tu

samedi 10 juin 2017

Comme immobile


"La patience est la plus grande des prières."
(Gautama Bouddha)

vendredi 9 juin 2017

Même après 1920

Sur des ponts de fer
Enjambant le chemin de fer
Il y avait des jolies filles qu’on regardait passer
Vêtues de vêtements foncés renforcés
Doublés de cuir dans la zone génitale

Dans de sombres maisons
Où ne nichaient jamais les hirondelles
Il y avait des parents fous qui mettaient aux mains de leurs enfants 
Des gants grossiers sans doigts
Qu’ils attachaient fermement à leurs poignets

Dans leur chambre
Le soir
Avant qu’ils s’endorment 
Ils les bordaient bien serrés pour la nuit
Dans leur petit lit

Il y avait aussi dans la ville
Sur le sommet d’une colline
Un internat
Où des surveillants veillaient à ce que les enfants qu’ils surveillaient
Dorment toujours bien 
Leurs bras par-dessus leur couverture

La nuit certains enfermaient certaines jeunes filles 
Dans des sacs 
Ne laissant dépasser que leur tête
Et leurs bras
Ce qui les transformaient en d’inquiétantes momies

jeudi 8 juin 2017

Rhinos-éros

J’ai mis ma grande corne sur ma bouche
Et me glisse sous ta grande arche sans défense

mercredi 7 juin 2017

C'est sérieux

                                       à Marianne,

Quand je m’installe devant ta chatte
Pour la lécher
La sucer
C’est sérieux
Pour moi c’est une nouvelle aventure
Qui commence
Le ciel s’étoile
Et s’élargit
Et tout devient possible

mardi 6 juin 2017

Histoire secrète


“Le corps d'une femme est un secret bien gardé et une longue histoire.”

(Jacques Chardonne)

lundi 5 juin 2017

Action

                                                à Marianne,

J’active mon doigt
En même temps que je broute ta mandorle
Ça fait que tu deviens une machine à vapeur
Sans peur et sans reproche
Je persiste et je signe
Et vais jusqu’au bout de la ligne
Heureusement nous inversons nos positions
Et à mon tour je me tords
Quand je me glisse dans ton immanence

dimanche 4 juin 2017

Hiver

Nous sommes trois dames avec deux godes ceintures
Muettes comme des petits poissons au milieu d’une froidure
Nous jouons à saute-gouge parmi les feuilles qui pourrissent 
Un jour viendra où nous ne seront plus ces excellentes nourrices 
Lors nous perdrons nos semaines à cuire de la vaine friture
Sorcières serons devenues pleines de peines et de courbatures

samedi 3 juin 2017

Un volcan d'émotions

 Peut-être que vivre est un perpétuel renouvellement. Vivre, c’est de vider et se remplir pour se régénérer perpétuellement. Mais je me rend compte que ces notions de vide et de plein sont psychologiquement très relatives. Woody Allen dit que l’amour est une expérience vide. C’est à la fois vrai et faux. Quand on aime, on se sent plein de l’autre, mais pour l’aimer vraiment et bien le recevoir, il faut être vide, d’une certaine manière. L’orgasme est-il l’expérience du plein ou du vide? Quand, bien remplie, je me gode, j’ai étrangement le sentiment de trouver mon plaisir dans l’écoulement de mon être, et d’en être totalement vidée. Et quand ma bouche est remplie d’un téton, je disparais aussi totalement dans le sein que je suce. Et quand je suis vide de tout ça et que je le désire ardemment, j’ai l’impression d’être complètement pleine de mon manque. Tout cela est donc bien paradoxal.

 Le sexe sans amour est certainement une expérience vide. Mais la question est parfois de savoir ce qu’est réellement l’amour. Ce même mot englobe tellement d’expériences différentes… C’est au nom de l’amour que le jaloux empêche sa moitié de jouir avec un(e) autre, et c’est aussi au nom de l’amour qu’un(e) amant(e) peut regarder son amant(e) faire l’amour dans les bras d’un(e) autre. L’amour est tantôt, comme le dieu des monothéismes, limité à un(e) seul(e) personne, tantôt, comme dans une conception polythéiste du divin, conçu sur le modèle de la pluralité multiforme. Dans le premier cas, l’amant(e) est unique et irremplaçable, dans le second, l’amant(e) est interchangeable, et c’est alors l’universel du sexe qui est visé dans des personnes particulières. Et puis l’amour, dans une optique certainement chrétienne, voire courtoise, est un partage, un projet orienté dans le temps, même une construction ludique ou sérieuse qui engage et qu’on contracte à deux (même si ce n’est plus seulement pour faire des enfants), alors que la passion amoureuse n’a rien d’une telle construction, n’ayant d’autres préoccupations que de jouir du moment présent, au fil des opportunités de la vie.

 En fait, je ne sais plus très bien ce qu’est l’amour. Je sais seulement que c’est un sentiment que je ressens souvent, indépendamment du sexe, mais que le sexe transforme toujours en un véritable volcan d’émotions. A l’inverse, le sexe sans aucune émotion amoureuse (et là, j’inclus les fantasmes qui en font partie) est toujours une machinerie vide dont le produit me fait penser à l’étal du boucher.



vendredi 2 juin 2017

Orante

A chacun de mes coups de langue
Sur ta chatte palpitante
Tu ouvres ta bouche
Et tu sors ta langue
C’est sans doute un réflexe
Ou parce que tu aimes
Ce que je te fais
Ma bouche est une grosse ventouse
Dont tu n’arrives pas à te débarrasser
Ma bouche et mon visage d’orante
Où se construit fatalement ce poème

jeudi 1 juin 2017

Le courant passe

                                      à Marianne et Rose,

Nous étions trois
Toi et moi missionnaires
Toi au-dessus
Moi en dessous tétant
Suspendus dans les airs
Tes tétons
Et Rose à la cave d’Éros
La tête
Entre nos cuisses de bergères
Léchant broutant passagère
Tantôt l’une
Tantôt l’autre
Éphémère
Mais jamais les deux à la fois
Jusqu’à ce qu’électrichienne exemplaire 
Reliant
Relieuse
Religieuse
Avec un double gode ordinaire
Qu’à sa manière
Elle recourba
Pour qu’entre nos deux bonheurs célibataires
Le courant passe

mercredi 31 mai 2017

Liberté



"Si vous ne trouvez pas une prière qui vous convienne, inventez-là."
(Saint Augustin)

mardi 30 mai 2017

Le travail du photographe

La fille est belle
C’est une belle photo quand on la regarde de loin
Mais de près
J’ai vu dans les yeux de la fille
Beaucoup d’inquiétude
Et sur sa peau
Que j’ai parcourue longuement
Notamment son visage et ses mains
J’ai vu beaucoup d’imperfections
Le photographe ferait-il le même travail que la mort

(Par un fleuve emportée…)

lundi 29 mai 2017

Tes grands cils

Tes grands cils
Tes jolis seins faits pour être pétris
Palpés
Sucés
Nos seins faits pour se rencontrer
Nos lèvres
Nos baisers
Montagnes qui se soulèvent
Grottes secrètes
Langues doigts 
Langues pour les explorer
Tes grands cils
Tes petits tétons dressés
Nos baisers fougueux
Fabuleux
Nos seins désirés
Soubresauts d’un plaisir unique
Bonheur qui jamais ne nous fait peur

dimanche 28 mai 2017

Transmutations

Photographie d'Helmut Newton


 "La transformation des corps en lumière et de la lumière en corps est très conforme au cours de la nature, qui semble se complaire aux transmutations." à écrit l’autre Newton, le physicien astronome. 

 Ici, Helmut fait mieux que de l’écrire, il transmute réellement, et pour notre plus grand plaisir.

samedi 27 mai 2017

La chasse au trésor

On se branle chacune dans son coin
Pas très loin l’une de l’autre
Et de temps à autre
On se donne à goûter la liqueur sur nos doigts
Au bout d’un quart d’heure
Sur une rive inconnue
Nos seins on se pelote
On suce leurs petits bouts
On se les mord
On se les tord
C’est pas malin mais c’est divin
On se huile partout sur le corps
On se caresse
Ça glisse de partout
Jusqu’à la plante des pieds 
On s’enfonce des machins
Des rouges des bleus
Ça va ça vient
Ça va même très bien
Nous suivons toutes les pistes à la fois
De la chasse au trésor
C’est extra
Nous avons la foi
Avec nos clitos devenus zinzolins

vendredi 26 mai 2017

Le ciel inchangé

Elle m’avait dit avoir vécu jusqu’à ses quatre ans
Dans une maison avec un jardin
Où venait travailler son grand-père
Il y avait même des champs derrière ce petit paradis
Mais on a construit des tours dans les champs et dans son jardin
La maison a été rasée pour faire un boulevard
Et un ravin d’automobiles y saigne chaque jour à présent

jeudi 25 mai 2017

Les yeux fermés



 Le baiser est à l’amour, ce que la houle est à la mer. La houle est ce qui anime la surface de la mer. Sans elle, la mer serait d’huile et ne serait jamais tempête. Elle serait ennuyeuse. La houle est amusante, elle crée des ondulations, ouvre des gouffres, fait surgir des crêtes. Oui, le baiser a bien cette même fonction. Cela me fait penser à une citation dont je ne connais pas l’auteur qui affirme que "si l’on donne un baiser les yeux fermés, c’est pas tant que l’amour est aveugle, mais pour concentrer son attention sur ce qu’on va faire ensuite." Moi, quand je ferme les yeux, ce n’est pas pour cogiter la suite, mais plutôt pour mieux me laisser bercer par les prémices de la tempête que je sens tranquillement venir. 

mercredi 24 mai 2017

Soins intimes

                                                         à Marianne,

Nos intimités de femelles lubriques
Sont des astres illuminés
Où roulent des amours
Je masse tes fesses
Je les huile
Tu te soulèves quand  je frôle ta fente
Mais tu restes follement silencieuse
Avec tes drôles de petites oreilles studieuses

mardi 23 mai 2017

Comme autrefois

                                    à Marianne,

Tu balances exprès
Tes nibards au-dessus de ma bouche
Pour qu’en plein vol
Je t’attrape un téton
Comme autrefois au manège
La queue du Mickey
Gavée de sortilèges

lundi 22 mai 2017

Le mystère de l'amour

La lectrice soumise (René Magritte)

 L’émotion, c’est quand le sujet vous happe et que tout votre être échappe à vos raisonnements, à votre conscience, à votre vigilance, à tous vos contrôles patiemment appris. C’est bien pour ça d’ailleurs que Magritte rappelé son tableau « Le lectrice soumise »? Il s’agit bien d’une soumission. Et c’est pourquoi la situation amoureuse d’abandon est tout à fait comparable. La partenaire est soumise, soumise à vos faits et gestes, soumise à l’attente d’un plaisir anticipé, mais qu’elle a forcément déjà connu (avec vous?), puisqu’elle est prête à le reconnaître. Il est vrai que voir l’autre dans cette attente est tout aussi mystérieux que de regarder la lectrice soumise de Magritte, et que nul ne peut savoir vraiment ce qui se passe dans sa tête. Ce mystère est beau et participe au plaisir de faire l’amour… Ai-je déjà ressenti ce plaisir? Oh que oui. En regardant l’autre que je vais faire jouir, mais aussi en me sachant regardée par l’autre qui attend de me faire jouir! Dans les deux cas, j’y vois le triomphe (sans doute illusoire) du moi qui parvient à se rendre accessible à l’inconnu. 

(Par un fleuve emportée...)



dimanche 21 mai 2017

Aujourd'hui et demain


Le plus grand obstacle à la vie est l’attente qui espère demain et néglige aujourd’hui.
(Sénèque)

samedi 20 mai 2017

Sortie de bain

Tu es assise pensive lascive sur le rebord de la baignoire
Et je viens frotter mon entrejambes sur ta cuisse
En même temps je palpe tes seins
Et tète le bout de ta langue
Sans que me taraude la moindre défaillance de mon clitoris

vendredi 19 mai 2017

Oops Darling

De souventes fois
Le dimanche
Allongée sur le lit
Je t’admire t’admirer
Devant notre grande psyché
Tu le fais pendant des heures
Faisant mille manières félines 
Dans le but probable de me séduire

Comme des filles nubiles
Ou des sœurs jumelles
Nous portons les mêmes sous-vêtements blancs
Dans le but probable de nous affrioler l’une l’autre
Tu es belle
Ô ma princesse
Et je ne cesse de te le dire quand je te regarde

Mais à la fin quand trop je m’excite 
A la vue de ton image
Quand la beauté de ta croupe et de ta nuque
De tes cuisses et de ton ventre
De ta chevelure qui tombe abondamment sur ton dos
Me font trembler
Je finis par me lever 
Dans le but probable
D’embrasser ta bouche
De te couvrir partout de mille baisers grelottants
Et de retirer ton soutien-gorge

Alors tu t’empresses de retirer le mien
Et nous ne gardons sur nous que nos mi-bas
Dans le but probable
De batifoler sur le grand lit
De nous lécher 
Alanguies 
Le cul et les seins
De nous enfiler tous les dildos du monde
Même les plus immondes
D’oublier comme des sourdes 
Le dehors 
Et ses rumeurs vagabondes

mercredi 17 mai 2017

Le corps parle

 Cannibale, Polly avait été une formidable cannibale. Elle avait toujours eu envie de me consommer aussi bien à table que dans le lit, en me parlant et en jetant sur ma nudité exhibée les mêmes lancinants regards dévorants, en me couvrant de baisers, obsessionnellement, tellement je lui plaisais, tellement elle me trouvait mignonne à croquer. Elle avait aimé manger tout ce qui était bon à manger en moi, mes seins, mes lèvres, mon clitoris. Elle avait vécu le monde dans mon corps et mon corps avait été le monde. Mais, parfois, je me disais qu'il n'était peut-être pas bon de manger sa mère. Manger sa mère, c'était comme manger des humains. Mais cela, jusqu'à ce viol, ne l'avait jamais terrorisée, bien au contraire. Moi, simplement, j'offrais mon corps à Polly, je devenais sa nourriture. Et elle m'offrait tranquillement le sien, et elle était aussi ma nourriture.

 Une fois, elle m'avait dit plaisamment:
— Empêche-moi de te dévorer, s'il te plaît, parce que si je peux te manger, toi aussi tu pourras le faire pour de vrai. Et j'ai peur!

 Mais nos corps d'amoureuses étaient totalement engagés dans nos gestes, dans nos étreintes cannibales.

 Le plus souvent, quand nous sortions du lit, nous étions à la fois épuisées et vidées de toute énergie, mais paradoxalement rassasiées.

 Le corps parle, c'est indéniable. En assistant au délabrement de ma pauvre Polly, je n'arrêtais pas de songer qu'on ne prend jamais assez son corps au mot. Ça parle toujours dans les formes du corps, dans le ventre, dans le sexe, dans les seins, même dans les organes à l'intérieur. Il faut regarder son corps et se déprendre de son masque pour renouer avec l'enfant qu'on porte en soi. Il faut se laisser aller, se laisser déposséder, pour retrouver cet enfant, car le but ultime de la vie est d'être enfin l'enfant qu'on est.


Extrait de Le saut de l’ange 3, publié dans mon ancien blog, puis désormais  chez Amazon.

mardi 16 mai 2017

Je me sens molle

 En ce moment, je me sens molle, je n’ai plus guère envie d’écrire mon journal et des nouvelles. Seuls mes poèmes m’enchantent et m’emportent. Et puis, bientôt quarante-neuf ans, le 17 mai, et huit ans déjà, ce même 17 mai, mon premier blog, chez Over-Blog. Les débuts de Conan la barbare. Heureusement, je suis follement aimée par Marianne que j’aime toujours autant, et très bien entourée par mes amies, Rose, Marlène, Marceline et Sandrine. Dommage, je ne revois plus guère mon ex, Amélie, et sa copine Chloé. Heureusement, cet été, il y aura Grace, la petite garce new yorkaise et son beau petit cul de salope. Pourquoi garce? Je ne sais pas. Sans doute parce qu’elle s’appelle Grace, et que ce dérapage est bien tentant. Quant au beau petit cul de salope, c’est vrai. Grace a un beau petit cul de salope et de beaux nichons, bien ronds et bien fermes. Nous nous écrivons régulièrement, elle nous dit qu’elle a très envie de venir en France, en Bretagne, et surtout à Paris. J’ai hâte de peloter ses seins d’ébène et de lui faire minette. Et elle aussi a sûrement envie de revivre les joyeux moments que nous avons passés chez elle et dans notre chambre d’hôtel.

 Paris. Souvent aussi je repense à ma belle et défunte Apolline, à notre première rencontre au musée Gustave Moreau, à l’initiation au saphisme que je lui ai donnée, à sa folle espièglerie, à notre extraordinaire soirée aux grandes eaux au palais de Versailles, à toutes nos merveilleuses sorties nocturnes. Souvent, aussi incroyable que cela puisse paraître, Marianne en est jalouse. Je crois que j’étais autant amoureuse de Polly que je le suis, aujourd’hui, de Marianne. Notre séparation a été bizarre. Cette période est devenue floue. Son viol. Incompréhensible. Elle était devenue anorexique à partir de ce moment, et complètement folle. N'était-elle pas fondamentalement psychotique? Je me souviens quand j’ai appris sa mort, c’était à la terrasse d’un café, place Toudouze, dans le neuvième, alors que j’attendais Amélie. C’est cette fille, une certaine Martha, qu’Apolline avait soi-disant appelée Angie, qui me l’a annoncée sans crier gare. Elle m’a aussi dit que les cendres d’Apolline avaient été dispersées du haut du Sacré-Cœur… Cette Martha-Angie avait des grands yeux de louve, très beaux, je m’en souviens. Et puis, je ne l’ai plus jamais revue, et je me demande bien pourquoi. Pourtant, elle voulait qu’on se revoie. Elle savait tout de moi, moi pas. Je n'avais aucun moyen de la retrouver dans Paris.

 Cette période de ma vie est lointaine, comme si elle n’avait jamais existé. Aujourd’hui, Ophélie, c’est Marianne et Rose. Une vie paisible, routinière à certains égards, même dans notre recherche aventureuse d’érotisme. Notre but, c’est de nous rendre heureuses et de nous donner du plaisir, c’est d’inventer toutes les manières possibles de nous donner des orgasmes, en ne reculant devant rien. Parfois, j’en ai un peu honte. Ce soir, par exemple, je ne sais pourquoi, je me sens coupable de la mort d’Apolline. Mais à quoi bon cette culpabilité? Pourquoi rester collée au passé? Il faut aller de l’avant, subir le rouleau compresseur du temps, être joyeusement ce rouleau compresseur qui nous pousse dans le futur, dans l’abîme. C’est pourquoi, nous avons décidé, toutes les trois, de quitter notre actuelle maison que je loue, trop petite désormais, celle que tout le monde dans P. appellent, la maison de Trottinette, et d’en acheter une autre, plus grande. J’ai en vue une belle maison de caractère, du dix-huitième siècle, en granit, avec un grand terrain entouré de murs, non loin de P. Nous pourrions l'acheter à trois, nous deviendrions copropriétaires... 

lundi 15 mai 2017

Acrobate

Acrobate
Tu doigtes ma chatte qui
Comme un lapin dans les phares
Regarde ton doigt