Ophélie Conan

Ma photo
Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

samedi 31 décembre 2016

Vœux

Photographie de Bart Ramakers

Joyeux réveillon
baigné dans le poème
et
bonne année 2017
pleine de bleuités nacreuses

jeudi 29 décembre 2016

Jusqu'à ce que

Nous sommes là 
Pour l’instant
Pour encore un moment
Jusqu’à ce que 
Le rouleau du temps
Nous pousse 
De l’autre côté
Dans l’oubli des autres
Dans le passé
Passé proche 
Puis passé lointain
Pour l’instant je tiens
Pour encore un moment 
La foudre entre mes mains
Et je regarde ravie
La vie
Le temps se casser les reins
Sur la pulpe de tes seins
Tandis qu’éblouies
Nous grimpons
Main dans la main
Jusqu’aux aréoles
Ces vivantes gouttes de nuit
Où nous nous agrippons
Comme à des étoiles

mercredi 28 décembre 2016

Noël est passé

 Mes enfants sont repartis.

 Ma petite fille Kali attendait ce Noël avec impatience mais aussi, paradoxalement, très sagement. Elle était très ennuyée. Elle avait écrit au Père Noël, mais regrettait le contenu de sa lettre. Elle lui avait demandé un château de princesses Playmobil, un grand cheval jouet tout blanc et une tête de blonde à peigner et à maquiller. Avec du recul, elle trouvait que tout cela faisait "trop de sous" et que peut-être, le Père Noël n’était pas suffisamment riche pour lui offrir tout ça… Elle aurait dû mettre des priorités, et sans doute, sa demande excessive allait lui déplaire et il ne lui apporterait rien du tout. 

 En conséquence, durant tous les préparatifs, Kali s’est tenue très sagement avec tous les adultes que nous étions pour ne pas énerver ce brave homme à la barbe blanche qui, elle en était sûre, tenait un œil permanent fixé sur elle. Avant de se coucher, elle a même pensé à mettre, devant la cheminée, des carottes dans une assiette et de l’eau dans une cuvette pour que les rennes de cette énigme scientifique puissent boire et manger. Mais surtout, quelle ne fut pas sa libération quand, le dimanche matin, sous le sapin, à côté de la cheminée éteinte, elle a trouvé tous ses vœux exaucés! Sa joie était vraiment belle à voir! Je me suis identifiée à elle, et j'ai pleuré de joie.

 Quel magicien, vraiment, ce Papa Noël! 

lundi 26 décembre 2016

Envolée avec ses ballons




Retrouvez mes livres sur Amazon ou dans la boutique Kindle.
Sont actuellement parus:

Roman autobiographique

Recueils de nouvelles

Romans

Poèmes
- Le miroir des étoiles (2009-2010)

Journal intime de Conan la barbare

samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël!


"Le bonheur est une femme"
(Friedrich Nietzsche)

jeudi 22 décembre 2016

La magie dans ses yeux d'enfant


 Cette année, comme les années précédentes, je passe Noël chez ma tante Angèle, en compagnie de mes enfants et de leurs conjoints. Seule innovation, Rose est mon invitée. Cela ne pose pas de problème, maintenant que tous les miens connaissent ma situation. Ils connaissent aussi ma liaison avec Marianne et savent que, de son côté, Marianne passera le réveillon avec ses enfants et que, le lendemain, il y aura même la présence de leur père, ce qui n'est pas courant. 

 Pour moi, cette séparation d’avec mon amour, comme toutes les autres séparations pourtant bien normales à chaque vacance, me fend le cœur. Heureusement, cette douleur est compensée par ma joie de retrouver ma petite Kali. Cette année, encore (ce sera peut-être la dernière), Kali croit au Père Noël, et j’aurai le bonheur de voir la magie illuminer ses yeux d’enfant! Elle attend du Père Noël de beaux cadeaux sous le sapin que Rose et moi avons merveilleusement décoré. Des princesses, des robes de princesses, des histoires de princesses! On fera aussi du feu dans la cheminée et Kali jouera avec l’âne et le bœuf de la crèche qu’Angèle a voulu que nous installions, comme chaque année, près du sapin.

mardi 20 décembre 2016

Tes seins

                                                     à Marianne,

Quand tes seins se présentent à ma porte
Toc-toc
Je les picore dévote
Et carnivore les dévore 

Avec eux mes mains je décore
Mouvant décamètre dans notre jardin en fleurs
Bel encouragement de la faim
Au lieu de la douceur

Ils créent mon ravissement
Davantage que les roses
Ils sont mon ultime abouchement
Tes seins grandeur nature
Grands agitateurs
Habiles dessinateurs
Peut-être même fieffés malfaiteurs 
Oh je les j’aime
Je les désire
Eux qui toujours
Font jaillir l’allégresse dans mon cœur

dimanche 18 décembre 2016

Celui qui ne savait pas parler

                                                   à Marianne,

Ton cœur se promène 
Au-delà des limites de ta peau
Nos vagins sont reliés
Par le prophète Jérémie 
Celui qui ne savait pas parler
Prophète à deux têtes mais aussi chandelle
Que nous brûlons par les deux bouts
Je me trémousse sur lui
Sur elle
Et tu te trémousses sur elle
Sur lui
Et Jérémie qui d’ordinaire
Aime à se lamenter
Tient vraiment bien la chandelle ce coup-ci
Mais ce n’est pas un souci
Il encaisse les secousses
Fait l’expérience du silence
Et presque de sa propre disparition
Mais dieu murmure nos prénoms
Et une ombre de béton s’avance sur nos tétons
Qui raconte un secret de forêt incendiée
Par un feu dévorant
Elle dit
Qu’il y a toi ma moitié décisive
Qu’il y a moi ta moitié décisive
Et avec Jérémie le Prophète à deux têtes
Qui ne sait pas parler
Ou ne le peut pas
Nous ne formons qu’Une
Locomotive
Définitive

mercredi 14 décembre 2016

La bienheureuse de la rue Tronchet

                                                                                  à Marianne,

J’aime te prendre en levrette avec un gode ceinture
Avec des bas noirs
Quand toi tu en portes des blancs
Ça fait contraste
J’aime le contraste
Je m’agenouille derrière toi
Mes cuisses collent à tes cuisses
Je saisis tes hanches avec mes mains
Et là j’y vais de mes vivants coups de reins
Han
Han 
Han
Ta croupe bien relevée
Tu aplatis tes seins contre la couette
Et tu te laisses troncher comme la bienheureuse de la rue Tronchet
Celle-la
Je ne la connais pas
Mais je sais qu’elle existe
C’est une petite gousse
Qui pousse des petits o
Des petits a
O comme Ophélie
A comme Arrête
Mais ça veut dire continue
Tu te retournes vers moi 
Et de temps à autre
Tu me lances
Des regards langoureux
Et même amoureux

lundi 12 décembre 2016

La coupe à fruits

                                                       à Marianne,

Sois sage Marianne
Je sais 
C’est une surprise
Tu ne t’y attendais pas
Ce matin
Ce dimanche
Ce dimanche matin
Tu allais et venais à poil dans la maison
Comme nous
Innocente
Et perverse 
Quand soudain Rose t’a plaquée sur le ventre
Sur la table de la cuisine
Sur les miettes de pain du petit déjeuner
La tête à côté de la grande coupe à fruits
Celle au joli décor de roses 
Peint à la main
Que tu aimes tant
Où reposent 
Pommes poires bananes et raisins
Sois sage ma mie
Je te tiens
Je maintiens tes épaules et tes fesses
Et j’embrasse ta nuque
Tandis que Rose écarte tes lèvres
Pour y enfoncer deux doigts
Elle te fait mouiller n’est-ce pas
Tu aimes
Oui tu aimes
Tu mouilles si vite ô ma jolie
Et maintenant
La coquine me demande de détacher du régime
La plus grosse des bananes
Dans la grande coupe à fruits
Celle au joli décor de roses
Peint à la main
Que tu aimes tant
Oh comme tu vas aimer ce beau jaune mon amour

samedi 10 décembre 2016

L'énigme du gouiner ensemble

 Nous ne voulons jamais voir l’autre tel qu’il est. Du reste, qui est-il vraiment? Le saurons-nous jamais et le sait-il lui-même? Et l’autre n’attend-il pas de nous, aussi, parfois, que nous le définissions, précisément parce que lui-même ne sait pas qui il est, et que nous le prenions en charge, que nous le maternions? Oui, l’autre est aussi un faire-valoir, une surface de projection, une oreille attentive, un spectateur attentif, un bras sauveur, une main armée qui vous fusille, qui vous égorge, que sais-je? Mais tout cela n’invalide pas l’autre, mais rend notre relation à lui très complexe. N’empêche que, malgré toutes ces difficultés que nous finissons bien par connaître, nous avons besoin de lui et nous le recherchons. Et quand bien même l’autre n’existe plus à l’extérieur, nous le réinventons en nous-même, à l’intérieur, en dialoguant avec soi-même devenu un autre. Nous avons donc besoin de sa présence pour l’aimer, le détester, le caresser, le torturer, s’exhiber devant lui, le mater à son insu… Tout cela est paradoxal, et je me dis que c’est un paradoxe de plus, dans le droit fil des grands paradoxes de la vie, de la vie qui a besoin de la mort pour proliférer et s’épanouir.

 Je me rends bien compte que je ne pourrais pas vivre seule, que j’ai besoin de mes petites amies. Parfois, je me demande à quoi riment tous ces jeux érotiques et sexuels que nous avons entre nous, je me dis qu’ils sont ridicules, enfantins et puérils, puis je me dis aussitôt exactement le contraire, qu’il me sont bénéfiques et thérapeutiques. L’instant d’après, je me demande s’il ne serait pas plus valable de m’adonner à une action humanitaire ou politique qui pourrait avoir une utilité dans la société. Il y a tant d’injustices en ce bas monde. Autrefois, j’ai beaucoup donné de mon temps pour les personnes âgées (amies du quartier, travail d’aide soignante dans une maison de retraite), mais cette envie, aujourd’hui, déraille très vite et se trouve vite supplantée par un intense désir de jouir de mon corps et de faire jouir le corps de mes amies.

 Je ne sais si, derrière la jouissance, c’est une passion de l’extase qui me mène. L’extase serait étymologiquement la capacité d’être en dehors de soi-même, ce serait un transport hors de soi, pour entrer dans une sorte de dimension cosmique, la même ou presque que recherchent les mystiques qui, par ce biais, espèrent atteindre leur dieu. J’en suis sûre, contrairement aux apparences, c’est une manière de tuer l’égo, de l’anéantir. D’ailleurs j’ai remarqué que, dans ces moments-là, nous ne sommes pas très loin, mes amies et moi, de nous évanouir, de défaillir.  

 Dans ces jeux qui sont une énigme et sont devenus pour nous trois une véritable addiction, ce qui compte en premier, c’est la complicité, la capacité à s’abandonner ensemble, à reléguer dans les oubliettes les convenances sociales, les protocoles de la bienséance. Ainsi, quand Rose, nous propose un bondage avec tout ce que nous savons qui s’en suivra, nous sommes en transe. De manière magique une harmonie s’établit entre nous. Je me sens devenir complètement femme, désirée, visée par le désir d’une autre femme. Alors, j’ai envie d’aimer, de donner tout de moi. Je sais que je vais revivre encore une fois la frénésie de la bataille sexuelle, puis l’abandon, et l’apaisement qui suivra. Déjà, j’ai l’impression de flotter dans l’espace, de ne plus avoir de corps, malgré l’omniprésence suractivée de mes seins, de ma chatte, de mon clitoris, de mes fesses, de mes cheveux, de mes cuisses.

 Cette harmonie magique repose certainement sur des dimensions qui nous échappent et c’est ce qui en fait une énigme. J’y vois notre plaisir commun du contact et des odeurs des peaux, des muqueuses, des liquides qui s’écoulent, la rencontre de nos inconscients, notre manière d’échanger, de nous parler dans ces moments-là, complètement surréaliste, notre façon facile d’imposer alors à l’autre ce que nous savons qu’elle aime, désire et attend, notre complicité intellectuelle fondée sur une bonne base de transgression commune et partagée, laquelle, elle-même, est abondamment nourrie par notre joie d’utiliser toute une variété d’accessoires: godemichés, menottes, cordes, électrostimulation, ventouses à tétons, tapettes, paddles, rosebuds, tout un ensemble de choses capables de créer en nous une seconde mise à nu, bien plus intense que la première.

jeudi 8 décembre 2016

Pourquoi

On parle souvent des chaussettes de l’archiduchesse
On se demande si elles sont sèches
Ou bien archi-sèches
C’est une bonne question
Comme disent maintenant nos hommes
Et femmes politiques
Pourquoi ne parle-t-on jamais de sa petite culotte
Qui n’est jamais sèche
Ni archi-sèche
Mais très souvent humide
La salope
Pourquoi n’en parle-t-on jamais

mardi 6 décembre 2016

A l'ombre de la vague



A l’ombre de la vague
Où se mirent les étoiles
Une blonde de rêve
S'écorche le cœur
Dans les yeux immenses d’une brune

Ô dames d’infortune
Ô jolie balade bientôt nocturne
Le ciel s’effondre
Et poudroie
Incendie l’océan
Tandis que vos baisers s’égarent sous vos doigts
Et vos seins
Que vous portez sciemment nus
Sous vos liquettes déchirées
S’entrechoquent silencieusement
En d’inopportunes et lentes intimités
Comme des algues

Océane tendresse
Le soleil va couchant
Vous arrêtez votre marche
Nul souffle de vent
Et vous tenez
Immobiles
Devant le grand océan
Figées comme des statues

L’une
Brune
Se prend à rêver d’indécence
Et l’œil polisson
Songe à forcer la raison
Elle s’inquiète prudemment
Des choses à l’horizon
Puis
Gagnée d’un étrange frisson
Soulève un peu sa robe
Découvre lentement
Le miel de ses cuisses lisses
Et longues
Jusqu’à ce que
Frisée
Echevelée
Belle et rebelle enfin
Apparaisse
Scandaleuse
Sa brune toison

Blonde
Son amie frondeuse
Fascinée la regarde
Brûlante du désir de toucher
Sa main
Sur sa robe agrippée
Rêve de devenir celle d’une salope

Avide et craintive
Elle hésite
S’abandonne au mouvement délicieux
Entraîne le tissu
Et avec nonchalance
Dévoile vicieuse
Une architecture symétrique
Identique
En tous points
A celle de son amie
Hormis le médaillon
Blond comme un champ de blé
Mais tout aussi impudique

Touffe brune touffe blonde
Triangles délicieux
Le soleil va mourant dans les cieux empourprés
Effrontées
Les amies se rapprochent
S’ébouriffent en miroir
Fiers vaisseaux
Eclaboussés par les flots
Se caressent le pubis
Effleurent leurs lèvres du bout de leurs doigts
Ô touffes qui dégoulinent
Ô femmes qui se touchent

Follement troublées
Elles regagnent le sable sec
Y égouttent perles et diamants
Se débarrassent de leurs loques
Précipitamment
Et s’offrent l’une à l’autre
En spectacle
Dans de grands ravissements

Mariées nouvellement mises à nu
Elles se mettent à genoux
Jouent avec leurs bouches
Qu’elles baisent avec fureur
Avec leurs seins
Qu’elles se touchent
Et qu’elles bougent
Et se donnent à téter
Ô goulues enragées
Avec leurs doigts
Qu’elles pointent entre leurs cuisses écartées
Qu’elles glissent en de profonds fourreaux
Comme des chevaliers
Ô délices des marées
Avec leurs fesses
Qu’elles se donnent à bercer
A choyer comme des nouveau-nés

Le soleil disparaît
Dévoré par la mer
Le ciel se fait soudain plus sinistre
La blonde s’est alanguie
Morte de caresse
Brune son amie
Ardente se redresse
Secoue sa crinière de tigresse
Lui montre ses fesses
En regardant la lune

La mer a presque disparu
Le chant des vagues s’abolit
La nuit est tombée
Un fantôme appelle
Allongé sur le sable
Un autre à quatre pattes
Le chevauche
Tête-bêche
Ils enfouissent leurs têtes dans une mystérieuse chose
Leurs langues réussissent des métamorphoses
La mer n’existe plus
Un monstre marin
Venu des eaux profondes
S’est échoué sur la grève
Il y agonise doucement
Et l’on entend
De longs et doux gémissements
A faire tressaillir l’onde. 


dimanche 4 décembre 2016

Farniente

Tu rêves sur le dos
Et tout haut tu bonimentes
La tête recouverte par tes jambes ferventes
Qu’en arrière tu as jetées
Ainsi tu ressembles à une belle charpente
Et me présentes ta fente
Mon sein droit s’encastre finement dans la raie de tes fesses efflorescentes
Et celle de droite 
Concurrente 
Trouve une niche douillette entre mes seins
Ton cul je peux le contempler sans fin 
C’est une vraie beauté ardente
Qui décidément a fait un pacte avec le diable
A l’issue d’une indolente et pertinente attente

vendredi 2 décembre 2016

Une manœuvre délicate


Madame de Kerouragan savait, puisque c’était elle, avant notre départ, qui avait introduit ces cinq boules de Geisha dans mon vagin. Néanmoins, elle me demanda de continuer à avancer, ce que je fis. J’aurais voulu les retirer, mais ce n’était pas possible, en pleine rue.

Elle poussa la porte d’une grande maison bourgeoise et entra sans hésitation. C’était la maison de l’ophtalmologiste. Plusieurs plaques indiquaient la présence d’un cabinet médical dans cette spécialité. A l’entrée du couloir, sur la droite, dans une petite pièce encombrée de dossiers, une secrétaire sans âge me demanda mon nom et m’indiqua la salle d’attente. Nous y entrâmes et nous installâmes côte à côte dans des fauteuils en rotin, face à la seule personne qui attendait, un homme à lunettes, feuilletant un Paris-Match usagé. Il se mit à nous déshabiller du regard, l’une après l’autre…

Une porte s’ouvrit, happant l’homme à lunettes. J’eus juste le temps d’apercevoir le praticien, un homme également. Seules à présent, nous restâmes silencieuses, à l’écoute des vagues rumeurs qui descendaient des étages, probablement habités. Madame s’assit en face de moi et me dit, amusée:
— Dommage que ce type soit entré si vite, nous aurions pu jouer avec lui. Vous avez vu comment il nous lorgnait, Stéphanie?
— Effectivement, Madame… Il nous regardait avec beaucoup d’insistance!

Elle ouvrit son sac et y chercha vainement quelque chose, avant d’ajouter:
— Maintenant, il serait opportun de retirer les boules!

Comme je demeurais inactive, ne sachant si Madame se chargerait de cette opération ou si je devais la réaliser moi-même, elle me lança:
— Et bien, qu’attendez-vous?

Alors, j’écartai la fente de ma robe, plaquai ma main entre mes cuisses, sur mes poils, et tirais sur le fil qui dépassait. Ainsi je ressortis la première, puis les quatre autres, avant de présenter le tout à Madame…
— Que dois-je en faire?
— Me le mettre! Répondit la comtesse.

Comme s’il avait reçu une intense décharge électrique, mon cœur se mit instantanément à cogner dans ma poitrine… Pétrifiée, je restai à l’affût du moindre bruit dans cette maison silencieuse… Le bureau de la secrétaire se trouvait assez loin… J’entendrais certainement la porte d’entrée s’ouvrir… Je me persuadai qu’il n’y avait aucun risque à entreprendre cette manœuvre.