Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

jeudi 30 juin 2016

La dépose du masculin


"Quelque dévêtue qu'elle puisse être, une jolie femme ne prend jamais froid, pour peu qu'elle ait le sentiment d'être en beauté."

Friedrich Nietzsche


mardi 28 juin 2016

J'avoue ma mie que je suis à vous

Une nuit
Tandis que je déambulais nue
Dans une belle avenue itinéraire
Je rencontrai
Sous un pâle réverbère
Sans le moindre ornement funéraire
Comme quand après des années
L’on retrouve
Des brouillons incertains
Une belle ixagénaire 

Avec ses cheveux châtains dénoués
Qui signifiaient sans doute
Qu’elle était en déroute
Ou venait de perdre un être cher
Ou encore de sortir d’un long repentir dans le désert
Elle n’était certainement pas incendiaire
Car malgré sa station verticale
Elle semblait défunte
Ne bougeait pas d’un pouce
Ni d’un petit doigt 
Mais cela pouvait être une feinte
D’ailleurs je vis et sentis tout de suite
En dépit de sa nudité et de son immobilité tenace
Qu’elle était pyrophore et peut-être même gynécophage

Bref elle était mississipiquement belle
Et pour elle
Salace
Je mis les bouchées doubles et des dentelles aux portes de la nuit
Et aussi dans le cœur des étoiles
Et l’emmenai dans une petite chambre de bonne 
Exquisément pelucharde
Du boulevard Raspail
Où avec d’autres filles de paille
Je résidais en ce temps-là

Je la présentai à mes amies
Et bientôt nos gorges râlaient par boites de douze
Quand tout à coup un funambule du hasard
Qui passait devant notre fenêtre minuscule
Nous surpris toutes
Demi-sœurs de partouze
Accomplissant une suprême orgie

J’ajoute qu’auparavant la belle qui avait quitté son garde-à-vous
M’avait 
Sans même remarquer l’homme incrédule
Réclamé une bougie
Et déclaré
D’une voix misérable
J’avoue ma mie que je suis à vous
Si d’abord vous me prêtez votre mascara et aussi votre miroir 
Et m’enfilez cette bougie

dimanche 26 juin 2016

La fureur de jouir

Oripaillée mais rimmelisée
Je roulais
La pleine lune dans le rétro
Évitant les remblais récents
Et les serpents immanes qui cherchaient un refuge
A la recherche d’une diamante perdue dans le vent

Finalement
Je m’arrêtai dans un endroit parfaitement illuné
Et rampai ophioïde
Moi Ophélie
A la recherche de ce diamant perlide
Soudain 
La conviction me vint qu’il était accroché au cou d’une sirène
Écrasé entre ses deux seins
Ou placé dans un recoin de sa vulve prolique

Avisant un coquillage étrange
J’osai m’aventurer en son dedans
Et vis qu’Il s’y tenait un vaste océan
Dans lequel je plongeai
Nageai
Comme une automate farcie
Consciente de posséder définitivement la télécommande de mon squelette

Sur un rocher tout proche
Protudaient quelques belles aux allures prostibulaires
Accoudées sur un halo de lune
Elles m’attendaient
Et je me sentis plus fumellière que jamais
Ne retournez pas le fer dans la plaie
Leur dis-je
Et donnez-moi je vous prie cette diamante perlide
Sinon
Nom de nom
Je roustille vos tétons

vendredi 24 juin 2016

En simultané

L’objet est en cuir 
D’un blanc immaculé
Avec une bite raide en plastique rubellé 
Fixée dans le cuir par quatre beaux rivets chromés 
Juste au niveau du pubis

Sous icelle
Devant la fentine
Il y a comme une ocelle 
Mais creuse
Ajourée
Permettant la réception d’une éventuelle 
Et bienvenue percerie
En simultané 
Et en sus de celle
Qui peut être effectuée par le grand obélisque

mardi 21 juin 2016

Quand le miel coule à flots

 Hier soir, quand je suis rentrée du travail, un peu tard, je le reconnais (j’avais fait tout un détour pour aller baguenauder seule dans les rochers, du côté de Penhors), je suis d’abord allée faire un petit tour dans le jardin, pour voir, malgré ce fichu temps pourri, comment ça pousse, puis chez mes voisins, Yann et Joséphine, qui m’ayant entendue derrière le mur parler à Minette, m’ont gentiment demandé de venir chez eux au sujet du renseignement d’un formulaire administratif sur lequel ils n’étaient pas d’accord entre eux. Comme ils sont bavards, ils m’ont parlé abondamment de tous ces événements horribles dont la France fait l’objet ces temps derniers. Yann disait qu’il en avait marre de cette chienlit qui n’en finissait pas.

 Au bout d’une heure, et après un petit verre, je suis rentrée à la maison, par la porte du salon. Le spectacle y était magnifique. Rose, Marianne et Sandrine étaient nues, ce qui en soi, n’est pas rare, mais Rose, assise sur un accotoir du canapé, s’émerveillait de regarder Marianne et Sandrine s’exciter sur les deux godes cuisse qui étaient fixés sur chacune de ses cuisses. Toutes deux, se tenant par la taille et se bécotant, avaient l’air d’avoir complètement perdu la tête et se secouaient au même rythme endiablé. Leurs chattes, vives et sémillantes, s’accordaient parfaitement autour de ces deux bâtons. Bienheureuse, Rose avait à disposition directe quatre seins et profitait des quatre, tour à tour, avec application. Elle ne pouvait s’empêcher de les rapprocher, de les masser, de les sucer ou de les mordre. Immédiatement, affriolée par le spectacle, je me déshabillai et m’approchai d’elles. Debout à côté de Marianne, je lui proposai ma poitrine, ce que, délaissant un instant la bouche de Sandrine, elle ne refusa point. Puis, quand je trouvai ce don suffisant, je la présentai à Sandrine qui me tétait à son tour avec voracité. Je dois dire que Sandrine est une admirable et inlassable suceuse de tétons. Enfin, l’une, puis  l’autre, me céda sa place sur l’une ou l’autre des cuisses de Rose, et c’est ainsi que j’entrai dans la danse.

 Sautillant à mon tour avec l’allégresse et l’insouciance d’une enfant, je me disais que ma vie avec mes amies était une vie particulièrement désirable, et que, pour rien au monde, je n’avais envie d’en changer. Nous étions, certes des marginales, vivant à leur guise, hors de la normalité, mais il me semblait que dans cette normalité, où la vie est lisse et sans heurts, sans mystère et sans saveur,  on ne pouvait avoir que des bonheurs au rabais, très loin de celui que j’étais en train de vivre. Mes amies et moi, nous ne sommes pas des consommatrices connectées. Nous ne rêvons pas d’être de notre temps, à la mode, trendy, et normales comme le président. Nous vivons comme nous le ressentons et le désirons, sans doute un peu barbares, à l’abri de l’uniformisation des modes de vie, de l’alimentation, des voyages, des sentiments, des affects, des émotions, des attentes et des objets branchés issus du marketing. Sans doute notre vie, douce pour l’instant, sera aussi faite de malheurs qui se juxtaposeront à nos bonheurs. Elle l’a d’ailleurs déjà été. Dire oui à la vie c’est certainement accepter cette juxtaposition, car l’amour va avec la haine, la trahison, la souffrance, l’effroi, et je suis sûre qu’on ne peut idéalement et indéfiniment filtrer la vie pour n’en conserver que le sucre et le miel. Mais c’est vrai, qu’à mon arrivée, chez nous, hier soir, le miel coulait à flot et faisait plaisir à voir.

lundi 6 juin 2016

Les Champs-Élysées

 Les hommes et les femmes forment une étrange union. Je pense que chaque sexe ne comprend vraiment pas grand chose à l’autre. Chaque sexe fantasme l’autre, plus qu’il ne le voit dans sa vraie réalité psychologique. Mais n’en est-il pas de même du monde en général, des autres, des étrangers, des pays, de la matière, des étoiles? N’est-ce pas aussi ce qui fait le charme de la vie? Si nous avions une perception parfaitement objective et certaine des choses, ne serait-ce pas une véritable catastrophe? La vie dans la certitude vaudrait-elle le coup d’être vécue? Néanmoins, homme ou femme, nous apprenons rapidement quelque chose de cette histoire de différence des sexes, du moins dans nos sociétés, à savoir que l’homme, en tant que porteur du phallus, est le seul vrai détenteur du désir et de l’initiative, et que la femme doit attendre le désir de l’homme et s’y soumettre. Mais je crois qu’actuellement, les femmes changent et assument mieux leur propre désir. Certaines sont encore hypocrites quand elles disent: « c’est lui qui veut, j’ai subi ». En ce sens, nous les lesbiennes, nous sommes plus courageuses. Laquelle désire? Bien évidemment les deux. Rien n’est institué, tout est à réinventer, et c’est cela qui me plaît dans le saphisme. L’aventure.

 Hier, par exemple, Rose avait entrepris de nous bonder, Marianne et moi. Elle ne nous a pas demandé notre avis, mais elle sait bien que nous sommes généralement d’accord. Si nous ne le sommes pas, nous savons le dire haut et fort, et l’affaire est tout de suite réglée. Ce coup-là, nous nous sommes laissées faire, donc cela voulait dire que nous le désirions autant qu’elle. Comme nous étions en petite culotte, elle nous a demandé de la retirer et nous a d’abord ligotées séparément, mains et bras derrière le dos, en prenant au passage les seins. La corde passait sous et au-dessus de nos miches et se croisait entre. C’est un art assez délicat, je dois dire, que de ligoter une femme pour que le résultat soit beau à regarder et ne lui fasse pas trop mal. Quand cela fut fait, Rose nous a demandé de nous allonger sur le sol en nous enfourchant par nos cuisses. J’ai mis mes jambes entre celles de Marianne. Ainsi, nos sexes qui ne se touchaient pas, se trouvaient à trente centimètres environ l’un de l’autre. Dans cette position, Rose a pu les réunir par un gode « double dong » qu’elle a intercalé, en nous demandant de nous rapprocher, de nous serrer l’une contre l’autre. Ce n’était pas facile car nos mains étaient attachées derrière notre dos. Ce faisant, le gode est rentré par les deux bouts et nous a pénétrées, de plus en plus plus profondément, très profondément même. Quand il fut bien entré en chacune, Rose a ligoté chaque couple de nos cuisses avec deux autres cordes, ce qui nous a définitivement immobilisées dans cette position. Le gode était alors définitivement en nous. C’était un bonheur. Rien à faire pour le retirer. Marianne et moi avions le même, et ainsi nous communiquions vraiment par cette chose qui allait nous faire faire le même voyage dans des îles inouïes. Enfin, Rose acheva son œuvre en mettant sur la bouche de chacune un baillon-gode sur lequel elle est venue s’empaler de temps à autre. Très en verve, elle chantait des vieux tubes de Joe Dassin, en même temps qu’elle tripotait allègrement nos seins.

mercredi 1 juin 2016

Prière

                                                            à Marianne,

Mains jointes
Je fais ma prière bien que je ne croie pas en dieu
Sous le pont de tes cuisses où se glisse une tempête
Je vois tes yeux mirabeaux qui nagent
Je ne sais pas pourquoi
Je mets mes doigts dans ta fentine mirabelle
Et j’entends une comptine admirable
Des enfants qui chantent
Des enfants qui jouent
Qui tirent une demoiselle sur un cheval de doigts
J’abdique car je ne suis pas une potiche
Et nos corps à genoux bizarrement se godemichent
Au-dessus des toits
Sous un ciel tout nu comme une belle jambe bleue