Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

jeudi 26 mai 2016

Oh douce vie!



Elle conçut qu'il fallait se plier à sa discipline
Revenir à l'état de chienne 
Car elle savait qu'elle était une chienne dangereuse qu'il fallait dompter 
Il devint préférable de céder plutôt que de résister
Elle se fit ruban d'écume qui se plie
Et se déplie
Au gré des mouvements de sa maîtresse
D'une maîtresse qui plie ses soumises à une discipline excellente
Et pour le corps et pour l'esprit 
Comme on plie un journal ou une carte routière

Ophélie Conan (Mon amante irréligieuse

lundi 23 mai 2016

Déchéance de profil

 Depuis plus de quinze jours, je n’existe plus, je n’ai plus de profil. J’ai dû faire des attentats (à la pudeur) et j’ai été rayée des communautés. Dans ces communautés qui m’ont acceptées comme membre, il m’est impossible de publier, et mes précédentes publications n’apparaissaient plus, ont été supprimées, et le sont encore. Censure. Qu’ai-je donc fait pour mériter ce sort? Ils ont dit "pornographie". Je n’ai vraiment pas l’impression d’en avoir fait plus que d’autres. Pour moi, la pornographie, ce n’est pas quand on montre deux jolies femmes qui s’embrassent ou font l’amour, mais quand on les montre de manière vulgaire et laide, ou encore quand elles le font vulgairement et sans beauté. Le sexe n’est donc pas forcément pornographique, il peut être beau, voire sublime. Il y a tant de choses laides, vulgaires et nocives qu’on n’interdit pas et qu’on n’arrête pas de nous mettre sous les yeux pour qu’on les consomme: le vilain habitat de masse tout bétonné, la détérioration des paysages par des centrales nucléaires, des éoliennes, des cars de tourisme, la malbouffe industrielle avec ses camps de concentration pour cochons, poulets et dindons, certains médicaments dangereux pour la santé, la guerre, les attentats, la connerie fanatique, toujours associée à un idéal de pureté, à une immaculée conception, à un eugénisme militant, au sexisme, au racisme, à la xénophobie…

 Dada et le joli mois de mai 68 s’éloignent. Ils deviennent un mirage. Sommes-nous en train de renouer  avec les valeurs d’une Europe d’avant ce souffle nouveau, symboliquement représentées par une Suisse propre et en ordre, plus-que-parfaite, celle d’avant les années 80, où il était interdit d’être différent, sous peine de passer pour fou, folle, indécent, indécente, obscène, pornographe, à l’image de ces jeunes filles qui, n’étant pas issues de suffisamment bonnes familles, se trouvaient enfermées avec la bénédiction des autorités médicales et religieuses dans des prisons (comme celle de Hindelbank, par exemple) parce qu’à seize ou dix-sept ans, elles étaient tombées enceintes et pas assez propres sur elles. Au besoin, en plus, des âmes pures et hygiéniques, au nom de la science médico-psychiatrique, pouvaient même les stériliser pour qu’elles ne se reproduisent pas et qu’ainsi la Suisse bien-pensante puisse dormir en paix. Méfions-nous de l’idéalisme et des absolus, ils sont totalitaires. Le monde n’est pas unique et pur, il est bigarré. Nietzsche le savait: "Toute forme d’absolu relève de la pathologie."

mercredi 18 mai 2016

Ravies au lit

 Le matin, dans le lit, avant le petit-déjeuner, avant de mettre un pied par terre, avant de commencer la journée, avant d’aller peigner la girafe, avant de philosopher amèrement sur l’espèce humaine, avant même de me prendre pour la druidesse Velléda dont le sein découvert s’abaissait et s’élevait comme l’écume des flots et dont la tunique noire, courte et sans manches, servait à peine de voile à sa nudité, c’est toujours un plaisir, que dis-je, non seulement un plaisir, mais une vraie source de vie, de vitalité et de bonne santé, que de sucer, de titiller, de téter, de mâchonner, de mordiller, de suçoter nos précieuses mammofriandises. Équitablement et compulsivement, nous les partageons car, de fait, sans être pour la compulsion de répétition, nous sommes pour le commerce équitable. Ainsi, Marianne et Rose me donnent les leurs, et moi, je leur donne les miennes. L’opération est gagnant-gagnant. Toutes trois sommes ainsi ravies et nous levons généralement ensuite du bon pied pour aller vivre une belle journée pleine d'allégresse.