Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

mardi 29 mars 2016

Dévotions vespérales

Le jour venait à peine
En ce lieu ténébreux
Où se complaisaient de nombreuses paires de nichons
Toutes plus rondes 
Plus gonflées
Les unes que les autres
Certaines étaient encore emballées dans d’extravagants soutiens-gorge
D’autres gigotaient libres mais immédiatement happées par de picoteuses bouches
Des têtes qui déroulaient des chevelures emmêlées et luxuriantes
Reposaient sur de pâles édredons
Et d’autres 
Nichées entre des cuisses de satin se goinfraient de bon jus 
Partout des mains aux ongles nacrés s’enlaçaient à la chaîne
D’autres manœuvraient de trépidants olisbos
Des miaulements sortaient partout du fouillis des étoffes fripées
Et de la torpeur des femmes
Et par la fenêtre
Le ciel se courbait pour dire bonsoir à toutes
Et clore ainsi l’haussmannienne avenue

jeudi 24 mars 2016

Une pratique très excitante


Avec de graves sourcils
Elle marchait d'un pas grave
Comme revenant docile
D’un très lointain exil
Mais sa démarche était fluide
C’était une femelle farouche
Avec une pivoine rouge dans sa bouche

Extrait de "La mort", un de mes poèmes parus en Boutique Kindle dans un recueil intitulé "Le miroir des étoiles".


(Délicieuses femmes)

mercredi 16 mars 2016

Bénédictine

Je suis bien
Sur ce vieux matelas de plumes
Je suis comme une hôtesse de l’air
Les fesses en l’air
La tête de côté
Le menton appuyé sur ma main gauche
La bouche ouverte
Les yeux fermés
Et toi le nez entre mes lunes
Une main sur chacune
Tu me fourrages bien la moule avec ta langue
Comme une pénitente
J’endure ton long et minutieux ouvrage de 
Bénédictine
Qu’il est doux
Mon dieu
Qu’il est délicieux
Comme je suis bien
Alanguie
Et comme tu es vaillante ma douce
Ô que viennent encore d’autres insomnies

mercredi 2 mars 2016

Là où il n'y a pas l'amour il y a la mort

                                                          à Marianne,

Je me dis ça quand je me lève
Chaque matin
Et je me dis aussi
Qu’on n’a pas suffisamment chanté les seins  
Au sein des grandes fougères arborescentes
Remplies d’essaims d’abeilles bourdonnantes
Ou bien
Au sein de ces matins de janvier 
Dans les vignes de Lesbos
Où je ne suis jamais allée
Un jour j’irai
Je lèverai mes yeux verts vers les cieux constellés
Et je chanterai les seins d’Europe
Les seins d’Afrique
Les seins d’Asie
Les seins d’Amérique
Malgré les craquements du navire
Je veux du lierre dans ta nuque
Pour mieux te surprendre
Je veux tes narines délicates et nos bouches liées
Je veux que tu confondes sentir et respirer
Frémissement de mes lèvres et souffle du vent
Je veux te baiser comme une femme de flammes
Sur les collines serpentines du hasard