Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

mercredi 24 février 2016

Portrait de la comtesse


"Son corps, malgré la trentaine, était souple comme celui d’une jeune fille, et ne portait encore aucunement la marque de l’âge. Joliment faite, ses hanches étaient parfaitement marquées, ses jambes, longues et fines, merveilleusement dessinées, et ses fesses, étonnamment rondes, rendaient encore plus plat son ventre."

Extrait de "Entre chiennes et louves"


samedi 13 février 2016

Entre chiennes et louves

She is a Vampire - Blas Gallego


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mardi 9 février 2016

Aux bimbos aveugles de naissance


"La religion chrétienne est essentiellement la religion de la volupté.
Le péché est le grand attrait qui suscite l’amour de la divinité.
Plus on se sent pécheur, plus on est chrétien.
Le but du péché et de l’amour, c’est l’union inconditionnée avec la divinité."
 (Novalis, Fragments inédits)

(Délicieuses femmes)

mercredi 3 février 2016

Ainsi s'écoule notre vie

 Cela fait plus de cinq ans que j’ai rencontré Marianne à un mariage, c’était le 27 juin 2010, et quatre que j’ai récupéré ma Rose dans une rue de Quimper, c’était le 7 mars 2011, peu de temps après sa sortie de prison. Rose et moi avons vécu ensemble après ce fameux 7 mars, et Marianne la Normande est venue nous rejoindre le 13 octobre 2012. Depuis, nous ne nous sommes plus guère quittées. Nous sommes entre femmes et nous passons très bien de ces messieurs, sauf ceux avec lesquels nous devons échanger socialement et économiquement bien sûr, le plus souvent d’ailleurs avec courtoisie. L’homme, en tant que porteur d’une queue, ne nous manque pas, nous nous suffisons complètement à nous-mêmes. De même que certains et certaines vivent en couple, nous, nous vivons en triade. Nous formons, si j’ose dire, une triade de tribades.

 Fidèles nous sommes tout en ne l’étant pas. Fidèles, parce que nous restons ensemble et que nous tenons à le rester. Infidèles, parce que chacune vit des aventures en dehors de la triade. Moi, le plus souvent, avec Marceline et Marlène, Marianne avec Sandrine, Rose avec Agathe, sa skippeuse de Douarnenez. Nous ne sommes ni exclusives ni jalouses. D’ailleurs, si besoin est, nous échangeons facilement nos conquêtes. Elles-mêmes se connaissent et, entre elles, ont de sérieuses affinités. Bref, au-delà de notre triade, nous formons un petit groupe de très bonnes amies.

 Ce qui fait notre solidité, c’est, je crois, que nous nous aimons, mais aussi que nous partageons les mêmes valeurs. La première est la liberté. Nous aimons vivre libres. Nous n’acceptons pas d’appartenir à l’une ou à l’autre, ou à quiconque. C’est aussi pourquoi nous aimons vivre nues et partager notre nudité. Être nue, c’est être libre. Notre seconde valeur est le jeu. Nous aimons fabriquer beaucoup d’instants de plaisir où se mêlent peurs et orgasmes. J’en suis sûre, le plaisir ne tombe pas du ciel, il se fabrique, se concocte, se cuisine, se mijote. Ainsi, dès que nous nous retrouvons ensemble sans avoir rien d’urgent à faire, nous redevenons des enfants et nous jouons. Bien sûr, nos jeux sont majoritairement érotiques et ont perdu l’innocence de l’enfance, mais ils en présentent la même fonction et se vivent dans le même état de grâce et de légèreté.

 Quand je regarde Rose aujourd’hui, j’ai du mal à reconnaître la jeune femme maigrelette et pouilleuse que j’avais rencontrée rue Kéréon, un soir d’hiver 2011. Elle a pris de l’assurance, de la détermination. Son séjour en prison l’avait brisée. Elle avait essayé de tenir tête aux matones et cela ne lui avait guère réussi. Elle s’était finalement retrouvée dans la rue, à sa libération, sans liens familiaux, sans travail, sans le sou, et psychologiquement lessivée. C’est peut-être pour ça, pour effacer cette humiliation, qu’elle a tant besoin d’entrer dans des rôles de maîtresse et qu’elle joue si bien ces rôles. 

 Sans le dire beaucoup, Marianne souffre de ne pas rencontrer plus souvent ses enfants. Elle se ressent coupable de ne pas être davantage auprès d’eux, de ne plus être la bonne mère qu’elle était avant de me connaître. Mais elle ne peut résister à l’attraction de notre vie. Pourtant, elle a très souvent des contacts avec ses enfants, elle sait qu’ils ne sont pas malheureux, qu’ils s’épanouissent correctement chez leur grand-mère, qu’ils l’aiment et qu’ils savent qu’elle les aime, mais elle se ressent indigne. Ce n’est évidemment pas mon cas, moi dont les enfants sont aujourd’hui adultes, ni celui de Rose qui n’en a pas et qui, pour rien au monde ne veut en avoir. Aussi, Rose et moi faisons ce que nous pouvons pour rassurer notre chérie. Nous lui avons même laissé le choix, si elle le désirait, d’aller retourner vivre avec ses enfants, mais elle s’y refuse, disant qu’elle ne peut se passer de l’étrange vie que nous menons toutes les trois, même si cela la déchire et la torture. 

 Heureusement, cette culpabilité de Marianne trouve à s’apaiser dans les mises en scène de Rose. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, Marianne se soumet avec beaucoup de complaisance aux jeux gentiment sadiques de ma pyromane adorée, laquelle, de son côté, endosse avec délectation l’uniforme de maîtresse. Marianne expie, se lave de sa faute, acceptant de subir les humiliations, le qualificatif de salope, les fessées, les coups de martinet et les bondages de Rose. Souvent, je ne peux m’empêcher de me joindre à la malheureuse pour partager ses souffrances, et lui montrer combien je suis près d’elle, avec elle pour endurer et partager son infortune. Il n’est pas rare, qu’à la suite des sévices endurés, je la console, la prenne dans mes bras, la berce, comme si elle était un petit enfant. Rarement, je suis sa maîtresse, préférant laisser ce rôle à Rose qui y excelle et s’y montre toujours très inventive. Mais nous pouvons, à l’occasion, Marianne et moi, nous venger de cette méchante sorcière en la traitant à notre tour en esclave, en lui faisant subir mille maux. Cela arrive assez peu, mais Rose s’y soumet toujours de bonne grâce, et nous aimons bien, Marianne et moi, ces moments.

 Ainsi s’écoule notre vie de femelles lubriques, libertines, avec nos jeux qui donnent tant de mystère aux choses, ces pauvres choses qui s’enfouissent au jour le jour sous la cendre des habitudes de la vie quotidienne…