Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

dimanche 31 janvier 2016

Bourrasques

Dans son fauteuil roulant
Devant une grande baie vitrée
Elle attend
Elle regarde
Elle essaie de voir au-dessus des toits
Les cimes des grands arbres qui se balancent 
Agitées par des bourrasques de vent
Qui s’échappent d’un proche joyeux cimetière
Et les gouttes de pluie
Et les feuilles de l’automne
Qui s’écrasent contre la vitre
Non ce n’est pas un rêve

mercredi 27 janvier 2016

Miracle

Mon soutien-gorge est sous le sien, sur l’accotoir d’un fauteuil. Le mien est tout noir avec des nœuds rouges. Il est à cheval sur l’accotoir, et le sien, tout rouge avec des nœuds noirs, quand elle l’a jeté, il s’est posé dans le sens de l’histoire, dans la longueur de ce même accotoir, à la perpendiculaire et au-dessus du mien. Un miracle. J’ai jeté le mien comme ça, comme un vieux papier plein de chiffres à la gloire des grands hommes, un papier qu’on vient de chiffonner et dont on se débarrasse en le mettant dans une poubelle. Et voilà, me dit-elle, comme on écrit l’histoire! J’étais pressée. Pressée de la goder parce que la goder est un instant magique, miraculeux. Elle aussi était pressée de me goder, je le voyais dans ses yeux caramel. Nous nous regardons en souriant, mais nous regardons aussi nos soutiens-gorge et nos petites culottes qui gisent sur l’accotoir du fauteuil et par terre sur le tapis. Ce petit monde fait grise mine à présent, tandis que nous, nous vivons notre miracle et le temps présent. En fait, nous sommes nues. Nous nous agitons, nous trémoussons l’une vers l’autre. Nous nous sommes embrochées aux deux extrémités d’un même gode et nous suivons le même rite, et pourtant nous ne sommes pas mennonites. Nous sommes bien, pas au Texas, nous rêvons, et Rose, Eros, nous regarde. Je pense qu’elle a raison, Il faut s’intéresser aux poubelles, ces malmenées de l’histoire, ces mal-aimées qui, bien que poux sont pourtant belles. D’ailleurs pour qui sait le voir, le beau n’est pas toujours là où l’on croit.

vendredi 22 janvier 2016

Après son garouage


Quand elle aura terminé son garouage, elle rentrera sagement chez elle où l'attend sa belle, elle s'étendra avec elle devant le grand feu qui brûle dans la cheminée et elle se plongera dans la lecture délicieuse de quelques de mes récits.
Ici


jeudi 14 janvier 2016

vendredi 8 janvier 2016

Dévotion particulière

                                                                                     à Marianne,

Chaque jour je ne veux être ni tout à fait la même 
Ni tout à fait une autre
Je ne suis qu’un improbable miracle pourvu de tentacules
Avec de grands yeux perçants
A la recherche d’un pourquoi
Sans doute j’ai de la merde plein la tête
Mais ce que tu me fais me va droit aux cuisses
Et m’enchante
Je ne suis qu’une femme amoureuse
A qui il arrive d’être laboureuse
Parfois brouteuse
Mais toujours langoureuse
Mes intermittences sont nos intermittences
Je m’acharne à résoudre la quadrature du sexe
Parce que je suis liée à toi par un cordon ombilical
Un cercle nous formons
D’opale dans un océan de dentelles
Dimanche dernier Rose était en verve
Plus inventive et rebelle que jamais
Copieusement punies toutes deux fûmes par elle
Avec bonheur
La chipie
Sans doute je te passe mon mauvais sang tu me passes ton bon sang frais
Mais ta pelouse a besoin d’être tondue
Pas plus de deux minutes
Pour voir surgir le grain de blé mûr du plaisir
Pour voir la mort et l’amour aller ensemble

vendredi 1 janvier 2016