Ophélie Conan

Ma photo
Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

mardi 22 décembre 2015

Noël

 Comme l’avait écrit si bien Miss Tic sur les murs de Paris, en ce moment je m’édite. Vous pouvez d’ailleurs commencer à en trouver quelques résultats dans la boutique Kindle. A part ça, nous nous préparons, nous les filles, à passer Noël. Pour l’occasion, comme d’habitude, nous serons séparées, et chacune ira le passer de son côté dans sa famille. Moi, comme chaque année, je vais retrouver mes enfants chez ma tantine Angèle où j’ai déjà dressé un beau sapin.   

 Lectrice, lecteur, je te souhaite un joyeux Noël!


vendredi 18 décembre 2015

Un monstre

 Le Père Noël se laissa photographier une dernière fois, puis déposa par terre les deux jolies poupées blondes qu’il avait sur ses genoux. La plus jeune tendit vers lui ses bras pour lui faire un bisou, ce qu’il accepta gentiment, mais la plus grande, sans doute plus timide et plus craintive, malgré l’insistance de la mère, ne voulut pas et se mit même à pleurer. Le bonhomme avait fini sa journée. Il se leva de son siège, fit coucou de la main aux enfants qui le regardaient partir, puis alla se déshabiller dans le vestiaire qu’on lui avait destiné. Il salua la responsable qui l’avait engagé et sortit du magasin. Il faisait nuit, mais le boulevard Haussmann était encore très vivant. Des attroupements bruyants de familles et d’enfants s’attardaient devant les vitrines animées, merveilleusement lumineuses. 

 L’homme marcha. Il fila comme si il allait au hasard des rues, mais peut-être savait-il où il allait. Il parvint dans un petit parc et s’approcha d’un banc. Il s’y assis. Derrière lui, il y avait un buisson, Des voix semblaient en sortir. Des voix de femmes. Il se retourna, mais ne vit rien. Il se leva et se faufila entre les branches et s’immobilisa, certain de ne pas être vu. Cette fois, suffisamment proche, il pouvait les entendre, d’autant qu’elles riaient et parlaient à voix forte et que, avec l’obscurité, de ce côté-là du parc, la circulation était vraiment peu intense. Mais, bizarrement, elles ne se disaient plus rien. L’avaient-elles repéré? Se méfiaient-elles?

 L’homme pensa que cela était impossible. Jusque là, les deux filles avaient été trop préoccupées à rire et à converser sur leur banc pour observer vraiment ce qui se passait autour d’elles. En plus, l’endroit où il se trouvait à présent était particulièrement sombre. L’homme attendit encore. Si elles se taisaient, il pouvait néanmoins les voir très distinctement à travers les branchages, de trois-quarts face, assises côte à côte sur un autre banc. 

 La blonde aux cheveux longs paraissait d’une nature plus expansive. C’était elle qui, sans arrêt, parlait fort et faisait de grands gestes. Sa copine, blonde également, mais d’un blond plus proche de l’auburn, avait les cheveux courts. Elle paraissait plus sage, plus réservée, bien qu’elle pût rire aussi très bruyamment par moments. Visiblement, elles avaient à peu près le même âge, entre dix-neuf et vingt-deux ans, et l’homme pensa qu’elles devaient être étudiantes. Tout à coup, la blonde aux cheveux longs, avec son bras, entoura le cou de sa copine et, sans crier gare, déposa un baiser sur sa bouche. C’était bien ça, pensa l’homme en ressentant une formidable émotion l’envahir, c’était bien ça, j’avais bien raison…

 Sans bouger, il les regarda s’embrasser. Pendant une à deux minutes, elles se roulèrent un véritable palot, comme si elles fussent seules au monde, et que rien ni personne n’existât tout autour d’elle. Quand l’homme vit que la blonde au cheveux long se mettait à tâter les seins de sa copine sous sa chemise, il sentit soudain la fureur monter grandement en lui. Les salopes, murmura-t-il, les salopes…Mais il demeura complètement immobile, subjugué, fasciné.

 Elles cessèrent leurs attouchements et se remirent à converser. Cette fois, pour l’homme qui les épiait, leur conversation devenait plus audible.
— T’as déjà baisé? demanda la fille aux cheveux courts et auburn.
— Baisé? répondit sa copine. Tu veux dire quoi? Avec un mec?

 Elles partirent à nouveau d’un identique et sonore éclat de rire.
— Chut! dirent-elles, en même temps
— Bien sûr, avec un mec! reprit la fille aux cheveux auburn, sinon, je te demanderais pas! T’es folle! Quelle horreur! Et toi?
— Moi non plus. Je n’ai connu que des filles!
— Moi, reprit la blonde aux longs cheveux, pourtant, j’ai eu des aventures avec des mecs quand même, j’en ai même encore des fois… Ça t’étonne?
Ouais!
— Mais je baise pas, jamais!
— C’est un principe?
Ouais, c’est un principe!

 Elles se remirent à rire bruyamment.
— Mais qu’est-ce que tu fais, avec les mecs, si tu baises pas? lui demanda sa copine.
— Je les suce! Les mecs aiment ça les pipes, tu sais!
— Tu les suces?
— Ouais.
— Et tu te laisses peloter?
— Surtout pas! Dès qu’il essaient, crac, j’ouvre leur braguette et je sors leur truc, et je suce! C’est radical, ils me touchent plus!
— C’est dégueulasse! T’es vraiment une dégueulasse!
— Ouais, mais c’est assez drôle, puis, c’est radical, après ça, t’es tranquille! Le mec, il te fiche la paix!
— Tu le laisses éjaculer dans ta bouche?
— T’es dingue! Surtout pas! J’ai horreur de ça!
— Ben alors, qu’est-ce que tu fais?
— J’contrôle la situation du mieux que j’peux et, quand ça vient, hop, je change l’orientation du truc pour que la sauce coule ailleurs!

 La fille aux cheveux auburn resta médusée. Elle sourit tristement.
— J’en reviens pas. J’croyais vraiment pas qu’tu faisais des trucs comme ça avec des mecs! Tu préfères pas plutôt lécher ma chatte ou sucer mes seins?
— Si, bien sûr, c’est pas comparable!
— Alors? Pourquoi tu fais ça?
— J’sais pas… C’est plus fort que moi! C’est comme ça!
— T’es drôle… Je te comprends vraiment pas. Tu choisis ton camp, tu es lesbienne, donc normalement tu préfères faire l’amour avec des filles, alors, pourquoi tu fais des trucs comme ça, aussi dégueulasses, avec des garçons?
— J’sais pas, je te dis… Pour les tenter, peut-être, pour qu’ils me désirent et qu’ils comprennent bien ce qu’ils perdront en ne m’ayant pas. J’sais pas si tu vois ce que je veux dire? Parce que je ne me donne pas du tout à eux! Jamais. Je reste toujours habillée!
— T’es vraiment une sensuelle, une voluptueuse, une orale accomplie, avide de tout jusqu'à la goinfrerie! 

 En entendant ces mots, l’homme sentit de nouveau la rage monter en lui, surtout contre cette vicieuse au visage angélique de suceuse. Ça devenait de plus en plus insupportable pour lui, d’autant que, se sentant seules et vues de personne, les deux filles recommencèrent à se bécoter et à se tripoter les seins. La blonde suceuse était vraiment très hardie. Sans rien dire, malgré le froid qui piquait, elle déboutonna le haut de la chemise de sa copine, sous son blouson, et l’écarta suffisamment pour mettre un sein à nu. L’homme le vit nettement, blanc, laiteux, rond, gonflé. Il crut défaillir. La fille, visiblement, ne portait pas de soutien-gorge et l’autre s’amusait à exhiber ce beau joujou pour le pétrir.
— Arrête, s’écria mollement la fille aux cheveux auburn, quelqu’un peut nous voir!
—Mais y a personne!  
— C’est pas une raison! On y va?
— T’es toujours pressée! Où veux-tu aller? demanda ironiquement la blonde aux longs cheveux.
— Fais pas la conne, tu le sais bien! Il est tard, moi, je rentre! J’ai encore du taf, et faut que je me lève de bonne heure, demain matin!
Comme il te plaira!
OK, bye bye, baby! A demain!
A demain!

 Elles se séparèrent et chacune partit de son côté. L’homme décida de suivre celle qu’il considérait comme la plus vicieuse des deux, la fille aux pipes… Avec d’infinies précautions, il la suivit jusque chez elle, prit pour cela discrètement le métro en sa compagnie et, dans une rue du 10ème arrondissement, la regarda, de loin, s’engouffrer sous un porche. Face au grand immeuble de pierre, le type observa la fenêtre du sixième étage s’éclairer. Il en déduisit que la fille devait habiter à cet étage-là, c’est-à-dire au sixième. Il sonna alors sur le premier bouton venu et une voix d’homme lui demanda ce qu’il désirait.
— Je suis un nouveau propriétaire d’un des appartements, expliqua-t-il, et je ne suis pas encore en possession du code de la porte d’entrée. Pourriez-vous m’ouvrir, s’il vous plaît ?

 Aussitôt la gâche libéra l’accès et l’homme grimpa tranquillement l’escalier jusqu’au 6ème étage. Sur le palier du 6ème, il réussit facilement à se repérer par rapport à la rue et déduisit aisément que la fille blonde devait entrer par la porte de droite, à la sortie de l’escalier. Il regarda la sonnette et lut: "Laureleen Deknuyt". Il avait ce qu’il voulait. Il redescendit l’escalier, se retrouva dans la rue et, tout en marchant, rechercha le numéro de téléphone de Laureleen Deknuit sur son portable. Il le trouva et, sans presser le pas, appela la jeune fille. Elle répondit. Il se présenta, raconta qu’il était étudiant et qu’il avait à faire une recherche de doctorat de troisième cycle, et que, pour ce faire, il devait interroger un ensemble de personnes. Elle voulut savoir sur quel sujet portait la recherche, mais il expliqua que c’était compliqué et que, si elle acceptait le principe d’une rencontre, il lui expliquerait tout cela dans le détail. La jeune fille accepta et ils convinrent d’une rencontre à l’entrée principale des Galeries Lafayette. Elle ajouta simplement qu’elle aurait peut-être du retard. Lui la rassura, lui disant qu’il l’attendrait. 

Mademoiselle Deknuyt ?
Oui !

 La jeune fille se retourna et vit un charmant jeune homme aux yeux bleus s’avancer vers elle en lui tendant la main.
— Ah ! C’est vous, dit-elle. Contrairement à ce que j’ai pu vous dire, je suis à l’heure, vous voyez!
— Je vous en remercie, répondit l’homme au regard d’ange. J’espère que je ne vous ai pas fait peur, hier soir, en vous téléphonant?
— Pas du tout, il m’en faut plus que ça pour avoir peur, vous savez! Mais dites-moi, pourquoi avoir fixé rendez-vous ici, devant les Galeries Lafayettes?
— Parce que j’y fais le père Noël en ce moment!
— Le Père Noël?
— Oui, le Père Noël! Il faut bien que je finance mes études de sociologie. J’ai trouvé ce petit job, et ça me dépanne bien! 
— C’est une excellente idée! Comme ça, vous vous faites photographier avec les enfants!
— Exactement!
— Ça doit être sympa! Moi aussi j’aime les enfants. Ça vous plaît?
— Beaucoup! J’aime aussi beaucoup les enfants, ils sont charmants… 

 Un instant, ils ne surent plus quoi se dire.
— Bon… Comme j’ai commencé à vous l’expliquer au téléphone… dit le jeune homme.
— Vous ne m’avez rien expliqué…
— C’est une amie à vous qui m’a demandé de vous contacter au sujet de… Mais, oh!… Excusez-moi… Je suis vraiment désolé… Je ne me suis même pas présenté, hier soir, ni tout de suite. Je suis impardonnable! Je m’appelle Xavier Godefroy, étudiant en sociologie, et je… Enchanté, Mademoiselle…
— Enchantée. Moi, c’est Laureleen.
— Si vous voulez, je vous invite. Allons dans ce café, nous pourrons y prendre un pot et y discuter plus tranquillement, si vous voulez… Comme ça, je pourrai vous expliquer le motif de…de… heu… Comment vous dire?

 Xavier Godefroy parut s’embrouiller. Comme il commençait visiblement à bafouiller et à se mélanger les pinceaux, Laureleen éclata de rire, bruyamment. Elle aimait les garçons comme ça, un peu bébête, timides et empotés.
— Excusez-moi, dit-elle, honteuse, c’est parce que vous me faites rire, venez, entrons!
 Laureleen entra la première et choisit une table bien en évidence au centre de l’établissement, mais Xavier lui demanda s’il ne serait pas possible d’en choisir une autre, plus en retrait, sous-entendant qu’il préférait une certaine discrétion. La jeune fille accepta en souriant.
— Ben, c’est que… Voilà, dit-il, à voix basse, une fois qu’ils furent assis tous les deux, comme je vous l’ai dit, je suis étudiant en sociologie, et je fais une thèse de troisième cycle sur… Oui, c’est une de vos amies… Au demeurant très gentille! Très sympathique! Je l’ai déjà interrogée, et elle m’a dit que vous étiez… Comment dire… Oui, lesbienne! Et comme moi, je fais une recherche sur les lesbiennes, j’aimerais, heu, si vous me le permettez, enfin, je veux dire… Si vous êtes d’accord… J’aimerais vous interroger sur ce sujet!

 Laureleen fronça les sourcils.
— Oui, c’est vrai, je suis lesbienne, mais… Vous me dites, attendez… Quelle amie à moi vous a renseigné?
— Patricia!
— Patricia? Mais, je ne connais aucune Patricia! 
— Pourtant, elle m’a dit qu’elle vous connaissait! Elle vous connaît, puisque c’est elle qui m’a donné votre nom, votre prénom et votre numéro de téléphone! Elle est lesbienne comme vous!
— C’est bien possible ! coupa Laureleen en riant, je connais tellement de filles lesbiennes! Pour l’instant ça ne me revient pas, mais c’est pas grave, continuez!

 Le garçon du café les interrompit brusquement pour effectuer sa commande. Quand il disparut, Xavier reprit, légèrement soucieux.
— Donc, j’ai interrogé Patricia…
— Patricia comment?
— Letrouit!
— Non, vraiment, ce nom-là ne me dit rien, dit Laureleen. Patricia Letrouit. Mais… Enfin! Il se peut qu’elle me connaisse quand même!
— Oui! On est souvent plus connu qu’on ne le croit! D’ailleurs, Patricia m’a dit qu’elle vous a souvent rencontrée et qu’elle…
— Qu’elle?
— Je crois bien qu’elle est amoureuse de vous. Elle m’a fait cette confidence…
— Quoi?
— Oui, elle aimerait faire l’amour avec vous!

 Laureleen marqua l’étonnement.
— Elle vous a dit ça? C’est vraiment bizarre!
— Ouais, elle me l’a dit. Ça vous choque?
— Non! pas vraiment! M'enfin… Comment est-elle cette Patricia Letrouit?
— Grande, blonde, avec des cheveux longs comme les vôtres, jolie fille, quoi! Comme vous, mais un peu hautaine, finalement… De longues jambes et une poitrine assez bien développée. Du moins, j’imagine! Je n’ai pas vu ses seins!

 Laureleen éclata encore de rire.
— Vous êtes cocasse!
— Excusez-moi, dit l’homme, je disais ça comme ça… Histoire de…
— Ah oui, ça y est maintenant, oui, je vois! Oui, effectivement, elle n’est pas mal du tout cette nana! Justement, j’ignorais son nom, je me disais… Donc, elle s’appelle Patricia Letrouit?
— Oui, Patricia Letrouit.
— Peut-être qu’un jour, vous pourriez me la présenter?
— Avec plaisir!

 Le garçon refit apparition avec deux cafés et repartit immédiatement.
— Donc, vous faîtes une enquête sur les lesbiennes?
— Exactement. En fait, j’aimerais comprendre ce qui pousse certaines femmes à faire l’amour avec d’autres femmes! 
— Pourquoi? Ça vous intéresse?
— Oui, beaucoup!
— Vous voulez que je vous réponde?
— Non, pas maintenant! C’était juste pour prendre contact avec vous et vous demander si vous étiez d’accord, je reviendrai une autre fois avec mon questionnaire et un enregistreur!

 Laureleen commença à boire son café à petites gorgées. Xavier, à son tour, porta la tasse à ses lèvres, en regardant attentivement la jeune fille. Puis, il reposa sa tasse.
— C’est vraiment gentil à vous si vous acceptez, ça me retirera une sacrée épine du pied, parce que, pour mon enquête, il faut que je trouve au moins un échantillon d’une centaine de personnes!
— C’est un gros travail, dites donc!
— Oui. Mais comme le sujet m’intéresse, c’est pas vraiment du travail! Vous en connaissez, vous d’autres filles comme vous?
— Bien sûr! Je vous donnerai des numéros de téléphone, si vous voulez.
— C’est gentil. Donc, vous acceptez?
— Comment vous refuser, puisque le sujet vous intéresse! Et puis, vous m’êtes… Comment dire? Sympathique!

 Xavier, timidement, esquissa un sourire. Il rougit.
— Merci bien, dit-il, en baissant le nez. Vous êtes vraiment très gentille!
— Mais qu’est-ce qui vous intéresse exactement dans ce sujet, reprit Laureleen?
— Vous verrez, j’ai écrit tout un questionnaire là-dessus. J’ai des hypothèses que je cherche à vérifier…
— Lesquelles?
— Excusez-moi, mais je préfère ne pas encore vous les dévoiler, parce que cela pourrait influencer vos réponses!
— C’est vrai, je comprends, ça fausserait!
—Exactement, c’est ça, ça fausserait!

 Le jeune homme but une nouvelle gorgée de café.
— Ce qui m’intéresse, reprit-il, c’est de savoir pourquoi certaines femmes deviennent lesbiennes, et comment celles qui le sont devenues font l’amour exactement, et s’il y en a parmi elles qui sont restées hétéro, et pourquoi? Vous voyez?
— Oui, très bien, c’est très intéressant. C’est une vaste enquête, à ce que je vois! Vous me donnerez les résultats de votre recherche quand vous l’aurez terminée?
— Bien sûr, avec plaisir!
— C’est passionnant! Vous êtes vraiment un drôle de type pour vous intéresser à ce sujet! 
 Xavier repiqua le nez dans le fond de sa tasse, un peu plus rouge.
— Quand voulez-vous que nous fassions l’entretien? demanda Laureleen.
— Je ne sais pas, quand vous voudrez!
— Ce soir, si vous voulez, je vous invite chez moi, comme ça nous serons plus tranquilles pour discuter. Vous êtes d’accord?
— Bien sûr! Je vous remercie infiniment!
— A huit heures?
— A huit heures! D’accord!

 Ils se regardèrent en souriant, un peu gênés, ne sachant plus, ni l’un ni l’autre, quoi se dire. Xavier en profita pour disposer des pièces de monnaie dans la petite assiette pour régler les deux cafés.
— Bien… dit-il, en esquissant un lever, donc… A ce soir!
— Attendez, demanda Laureleen, attendez! Je ne vous ai pas demandé. Vous avez déjà assisté à des ébats amoureux entre femmes?

 Xavier se rassit, interloqué.
— Non, jamais, répondit-il en ouvrant grands ses yeux. Pourquoi?
— Je ne sais pas… Je vous dis ça, parce que, peut-être, ça peut vous intéresser pour votre enquête, hein, d’assister à ça?
— Oui, bien sûr! Effectivement, ça serait beaucoup plus concret! Mais…
— Quoi? Ca ne vous intéresse pas?
— Si, beaucoup! Mais…

 Xavier resta muet et Laureleen resta interdite devant lui. Elle finit par articuler:
— Si vous voulez, j’ai ma copine, elle s’appelle Sabrina. Je peux lui demander. Je crois qu’elle serait d’accord. Elle a aussi ce genre de fantasme, comme moi, elle aimerait bien faire l’amour avec une nana devant un mec. On n’a jamais fait ça encore, toutes les deux, mais il faut que vous soyez d’accord! Nous, on aimerait bien, mais à condition que vous regardiez seulement…
— Bien sûr, cela va de soi, répondit le jeune homme, je ne ferai pas autre chose. C’est déjà très bien de… C’est vraiment très gentil à vous! 
— Vous seriez d’accord?
— Oui, tout à fait, mais peut-être pas ce soir! Ce soir, je dois travailler sur mon enquête avec vous!
— OK, une autre fois! Après Noël, si vous voulez. J’en parle d’abord à mon amie, et vous me direz ça! On organisera une petite soirée sympa!

 A vingt heures précises, arrivé au sixième étage, Xavier appuya sur le bouton de la sonnette et Laureleen, toute souriante, apparut aussitôt. Elle portait une charmante robe faussement simple en laine mélangée, légèrement évasée, avec un magnifique décolleté dos et des petits plis finement piqués sur toute la hauteur. Sous le tissu, sur le devant, on devinait immédiatement des avantages extrêmement avantageux.
— Salut! dit-elle, joviale. Comment ça va depuis tout à l’heure?
— Très bien, merci. Et vous?
— Moi ça va très bien. Entrez, et mettez vous à l’aise.

 Le jeune homme aux yeux bleus pénétra dans le petit appartement de l’étudiante et alla s’asseoir discrètement dans le canapé convertible qu’elle lui désigna.
— Retirez votre imper, si vous voulez, dit la jeune fille, mettez-vous à l’aise!
— Merci, répondit le jeune homme, assez intimidé, merci beaucoup.

 Il se leva et retira son imper.
— Alors, demanda Laureleen, vous avez votre matériel?
— Quel matériel?
— Je ne sais pas? Votre enregistreur, votre questionnaire!
— Ah oui, bien sûr!

 Aussitôt, il sortit de la poche de son imperméable un enregistreur portatif et un petit carnet.
— Bon, et bien, dit-il… Commençons par le commencement. Vous êtes prête?
— Je suis prête, répondit Laureleen, juste assise en face de lui sur une chaise.
— Je commence.
— Attendez, dit-elle, soudain. On pourrait peut-être se tutoyer, ce serait plus sympa, qu’en pensez-vous?
— Peut-être pas pendant l’enquête, répondit Xavier, il faut donner un peu de formalisme, c’est une affaire sérieuse!
— D’accord! Vous avez raison, excusez-moi!
— Ce n’est pas grave! Bon. Voilà, je vais vous poser la première question: Vous êtes lesbienne, à quoi cela correspond pour vous exactement? Est-ce une affirmation identitaire, une anomalie sexuelle, une pathologie, un art de vivre? Ou bien quoi d’autre?

 Laureleen, un instant, demeura complètement surprise par la question. Elle réfléchit en souriant, un doigt sur la tempe.
— En tout cas pas une pathologie, répondit-elle, et pas une anomalie sexuelle… Oui, c’est ça. C’est plutôt une affirmation identitaire, un art de vivre. Mais pour moi, c’est un peu la même chose. J’ai besoin d’aimer une femme ou de faire l’amour avec une femme pour me sentir bien dans ma peau! Vous voyez ce que je veux dire?
— Très bien, répondit le jeune homme tout sourire, je comprends très bien. Maintenant, passons à la deuxième question… Il y en a trente, comme ça! Dites-moi: Comment dites-vous que vous êtes? Quels mots employez-vous pour désigner le fait de vous aimer entre femmes? Dites-vous que vous êtes une lesbienne, un gouine, une homosexuelle, une invertie, une tribade? Ou quel autre mot encore?

 Laureleen fut encore plus surprise par cette nouvelle question, mais cette fois, elle ne sourit plus, avait l’air grave. Ses belles dents blanches renvoyèrent des éclats de lumière.
— Oh! Moi, je ne dis rien de moi, répondit-elle. Si! Je me dis peut-être que je suis une lesbienne! Mais… Avec mes copines, on se traite facilement de gouines. Dans notre bouche, ça n’est pas du tout péjoratif comme ça pouvait l'être autrefois, c’est même gentil!
— Parfait, merci. Et maintenant, troisième question, comment vous expliquez-vous que vous soyez devenue lesbienne? Comment cela s’est-il passé pour vous? Cela vous est-il venu tôt ou tard? Est-ce que cela a été une découverte ou bien l’avez-vous toujours su?
— Aujourd’hui, j’ai vingt ans, et je fricote avec des filles depuis trois ans environ. Mais avant, j’ai connu des garçons pour des petits flirts. Ça été une véritable découverte pour moi, quand une copine de lycée m’a initié à des petits jeux…
— Ah oui, lesquels?
— Faut que j’raconte? 
—Si vous voulez! Mais ce n’est pas obligatoire!
— Elle s’appelait Maud, et quand je la voyais, elle me touchait les seins. Après, je lui en ai fait autant et c’est devenu un petit jeu entre nous, une véritable obsession, quoi! On ne pouvait plus se rencontrer sans se tripoter les nénés!
— Ah oui. Et après?
— Après ça a dégénéré et on fait du touche-pipi. On allait se cacher toutes les deux dans des salles de classe obscures pour faire ça.
— Vraiment?
— Oui, mais on n’a vraiment fait l’amour ensemble qu’aux grandes vacances. On est parties toutes les deux avec une toile de tente, c’était vraiment super, toutes les deux, sous la toile! On a fait de sacrées parties de jambes en l’air, vous savez!
— Et les garçons?
— Les garçons? Bah! Ils ne m’intéressaient plus vraiment. A la force, je m’en désintéressais. 
— Ils vous dégoûtaient?
— Non, mais je préférais de loin les filles, et je dois dire qu’à partir de Maud, je me suis mise à draguer les nanas. C’était drôlement plus marrant que de se faire draguer par les mecs!
— Ah oui?
— Et ceux qui me draguaient, car ils ne savaient pas, et bien…
— Quoi?
— Ça dépend!
— S’ils étaient assez mignons, et bien…
— Oui.
— Vous ne voyez pas?
— Non!
— Je leur faisais des pipes! Uniquement des pipes, et rien d’autre!
— Ils aimaient ça?
— En général, les garçons aiment ça, vous ne croyez pas?
— Si. Vous avez raison. Vous en faites toujours?
— Bien sûr! C’est pas parce que je préfère les femmes que je ne fais pas de pipes aux hommes! J’ai un petit faible pour cette chose-là!

 Il y eut soudain une pause. Laureleen eut le sentiment d’être allée trop loin. Elle pensa qu’elle n’aurait pas dû dire cela. Ils se regardèrent attentivement. Xavier fixa Laureleen dans les yeux et tenta de lui échapper.
— Vous voulez bien m’en faire une?
— Maintenant? répondit-elle, gênée, mais… Votre enquête? Cela peut la fausser…
— Nous la reprendrons après! Vous en avez envie ou pas?
— Je veux bien si ça vous peut vous faire plaisir, mais ça peut dérégler le bon déroulement de votre enquête!
— Ça n’est pas grave! Approchez! Nous la reprendrons après.

 Laureleen se leva de sa chaise et vint s’agenouiller entre les jambes de Xavier. Là, devant lui, elle zippa doucement la braguette de son pantalon et sortit son sexe de son slip, disposant convenablement ses couilles au-dessus de l’élastique afin que le tout fût parfaitement accessible et utilisable. Ce préambule réalisé, elle leva ses grands yeux vers l’homme qui lui sourit tristement. Puis, approchant sa bouche de la verge molle, elle y introduisit le gland et commença à le sucer. Elle sentit le sexe lentement enfler dans sa bouche, se dresser, se raidir.
— Vous aimez ça? demanda le jeune homme.
—Oui.— Vous préférez me sucer ou sucer votre copine Sabrina?
— Sucer ma copine Sabrina!
— Je vois!

 Le regard du jeune homme devint soudain étrange. Il paraissait lointain, irréel, comme à la recherche de jours perdus.
— Retirez votre chemisier, dit Xavier, assez sèchement, ainsi que votre soutien-gorge, je voudrais voir vos seins pendant que vous me sucez!
— Non, s’il vous plaît, pas maintenant, répondit Laureleen, vous les verrez quand je ferai l’amour avec Sabrina devant vous, comme je vous l’ai promis. Je lui ai téléphoné tout à l’heure, elle est d’accord, elle m’a dit qu’elle viendrait! Je vous l’ai promis, on fera l’amour devant vous, on se mettra toutes nues, toutes les deux, et vous verrez, ça sera super! Vous nous regarderez autant que vous voudrez, et nous, on prendra toutes les poses que vous voudrez! Si vous voulez, même, on se baisera avec un godemiché. Vous nous regarderez, dans votre petit coin, et si vous voulez, vous pourrez vous branler! C’est ça qui nous plaît justement, d’être regardées par un homme qui se branle! Ça sera super, n’est-ce pas?

 Laureleen reprit alors le sexe de l’homme dans sa bouche et recommença à le masturber. La queue devenait de plus en plus grosse. Elle était énorme à présent.
— Oui, c’est ça, dit l’homme, en guise de réponse, en même temps qu’il posait ses deux mains sur le crâne de la jeune fille, afin d’accompagner le mouvement de va-et-vient, c’est ça, je vous regarderai, tout seul dans mon petit coin, pendant que vous…Oui, c’est ça!

 La jeune femme attentive à faire bien les choses ne vit pas la fureur subite que jetaient les yeux bleus de Xavier. C’était comme une vague immense qui entre dans une maison.
— C’est ça! C’est ça! ne cessait-il de répéter, je vous regarderai, tout seul dans mon petit coin, et vous, pendant ce temps, vous vous enfilerez des fausses bites dans le con! C’est bien ça? Mais, vous n’êtes que des salopes, murmura-t-il entre ses dents, en même temps qu’il fit glisser ses deux mains lentement de chaque côté du cou de Laureleen.
— C’est ça! Tout seul dans mon petit coin comme un con! Vous n’êtes vraiment que des…

 Soudain, il retira brutalement sa queue de la bouche de la jeune fille et, renversant celle-ci brusquement en arrière, se jeta sauvagement sur elle, en serrant son cou avec une force incroyable. Laureleen, extrêmement surprise par ce brutal retournement de situation, se mit à hurler de toutes ses forces, mais Xavier, pour la faire taire, lui asséna immédiatement un formidable coup de poing en plein milieu du visage qui l’abasourdit et fit évanouir sur-le-champ son envie de crier. A partir de ce moment, la fille qui saignait abondamment du nez, se débattit beaucoup moins, devint plus molle, et l’homme fut nettement plus à son aise pour se consacrer à l’étranglement en règle qu’il avait entrepris. Comme un orang-outang, il serrait de toutes ses forces. La fille essayait bien de résister, faisait des efforts surhumains pour tenter de s’opposer à la formidable pression, luttait autant qu'elle pouvait pour essayer de survivre, mais à la longue, c’était de plus en plus mollement. A la fin, elle poussa de vagues râles étouffés, et bientôt, plus aucun souffle ne sortit de sa bouche et de ses narines sanguinolentes. Ses yeux devinrent brusquement fixes, et son beau visage, encore souriant voici quelques secondes, était devenu violacé, méconnaissable, tout boursouflé et sans vie.
— La salope! grommela Xavier, constatant qu’elle était morte. 

 Il la laissa choir sur le sol comme une merde. Aussitôt, ne voulant pas perdre une seule seconde, la queue plus droite que jamais, il se dirigea vers son imperméable et, de l’une de ses poches, extirpa une boite noire qu’il ouvrit et de laquelle il sortit un superbe couteau dont la lame en acier inoxydable luisait incroyablement. 

 La lame pointée en avant, Xavier s’approcha de la fille et, sans tarder, penchée sur elle, découpa sans précipitation sa robe selon l’axe longitudinal du corps. Ce travail fait, il en rabattit les deux côtés. Sous sa robe, la fille portait un slip et un soutien-gorge. Xavier les coupa également par le milieu, selon la même technique, et rabattit les morceaux de chaque côté. Xavier regarda attentivement le corps dénudé de la fille. Il la trouva belle. Ses seins étaient de bonne taille, et son pubis tout rasé.
 — La salope, maugréa-t-il encore, la garce!

 Glissant ses deux bras sous le corps, il le souleva et l’emporta. D’un violent coup de pied, il poussa une porte et entra. C’était la chambre à coucher, une chambre coquette et bien rangée, avec des étagères et plein de petites choses dessus. Il jeta le cadavre sur le lit, au beau milieu, puis alluma la lumière. Sans se presser, il retourna dans le salon, y reprit son couteau et revint près du corps. Xavier bandait toujours. Tuer le faisait bander. Son sexe dépassait de son pantalon, ainsi que Laureleen l’avait disposé tout à l’heure. Il écarta les jambes de la fille, regarda son sexe grand ouvert et, sans attendre, en tenant son couteau dans sa main droite, il s’allongea sur elle et commença à la pénétrer. Quand son sexe fut complètement introduit, Xavier jubila en s’agrippant aux gros seins, et remua sa queue de plus en plus vite en râlant, ne cessant de répéter:
— Salope! Hein! Tu vois, je peux te baiser! Hein, je le peux! Y’a pas que ta poufiasse qui le peut!

 Soudain, il se retira. Les yeux exorbités, agenouillé entre les cuisses de la fille, il approcha le couteau du sexe ouvert et enfonça lentement la lame brillante à l’intérieur. La lame entra complètement, jusqu’à la garde. Un timide filet de sang coula entre les lèvres. Excité, Xavier remua la lame, d’abord légèrement, puis plus largement et dans tous les sens. Le sang se mit à couler à flots. Xavier sentit monter en lui l’ivresse. La vue du sang l’excitait, lui procurait une incroyable exaltation, un invraisemblable bonheur. Il tira de toutes ses forces vers lui et il sentit la lame fendre les chairs, revenir vers la surface et se faire un passage sur le pubis. Ça y était, le couteau était revenu, il avait ouvert le triangle, et le sang, maintenant, coulait en abondance, giclait par endroits, s’infiltrait dans le lit, réalisant une grande auréole dans le dessus de lit. Xavier trouva beau ce spectacle, aurait bien voulu le contempler plus longuement, mais il n’avait plus qu’un seul désir, c’était d’ouvrir cette putain de salope, de voir l’intérieur de son cul, là où, avec l’autre salope, elles s’enfonçaient des godes.

 Xavier enfonça son couteau dans la béance sanguinolente et taillada la chair, exactement comme un boucher taille dans la viande. Il ouvrait en rabattant sur les côtés comme il l’avait fait avec la robe. Il rencontra l’utérus et le fendit. Puis, il perfora les deux feuillets du péritoine, et poursuivit son geste jusqu’au nombril. Les intestins jaillirent. Xavier en coupa un bout, plongeant sa lame sous ce qui devait être l’estomac, puis l’autre bout, quelque part du côté du côlon sigmoïde, près de l’ampoule rectale. Il trancha au passage, ici et là, quelques artères qui s’y trouvaient associées et qui retenaient l’ensemble, et se débarrassa de ce putain de bordel qui partait dans tous les sens comme un tuyau d’arrosage, en tirant dessus très fort. Puis, il le jeta sur le tapis, à côté du lit. Observant la cavité vide, Xavier s’arrêta, comme hébété. Mais, il ne tarda pas à se ressaisir. Comme il bandait plus que jamais, il posa son couteau et commença à se branler devant cette horrible boucherie. Pour lui, c’était beau, ce corps féminin éventré, dont la chair sanguinolente et toute chaude palpitait encore. Il éjacula. Ses giclées de sperme chutèrent l’une après l’autre dans la chair sanguinolente…

 Xavier rangea son sexe et regarda les seins si parfaits de la fille. Ils paraissaient irréels à proximité de cette épouvantable boucherie. Xavier aimait les beaux seins et il ressentait en lui le désir de garder ceux-là en souvenir. Ils étaient bien ronds, bien formés, vraiment merveilleux. Xavier reprit son couteau dans sa main droite et, s’approchant de la fille par le côté du lit, attrapa un des mamelons entre le pouce et l’index de son autre main, et tira dessus. Enfonçant sa lame au niveau du sillon sous-mammaire, le monstre découpa proprement, fit minutieusement le tour du sein et le décolla complètement des muscles pectoraux. Ce travail effectué, il alla vers son imperméable et, d’une poche, tira un sac en plastique qu’il avait eu lors d’un achat dans un supermarché. Il y rangea le sein, délicatement. Puis, sans se presser, fit subir le même sort au second, en songeant au moyen qu’il pourrait bien inventer pour se mettre les nichons sur lui, sur sa poitrine, pour avoir l’air d’une salope…   

 La sonnette retentit. Xavier alla ouvrir. Derrière la porte, Sabrina attendait, ingénue, souriante. Xavier, d’un ton poli et amical, se présenta. Il avait vraiment l’air d’un jeune homme charmant et sympathique. Du reste, son physique était avantageux et, quand il se mettait à parler, il se montrait timide, légèrement beau parleur et surtout attentif aux autres, et cela pouvait séduire une femme, même une lesbienne.
— Enchantée, répondit Sabrina, je sais qui vous êtes, Laureleen m’a parlé de vous au téléphone. Elle est là? 
— Elle vous attend dans sa chambre, répondit Xavier, elle est prête, je veux dire: elle est déjà toute nue et elle se languit de vous, mais elle veut vous faire une petite surprise! Elle m’a demandé de vous dire qu’il fallait d’abord vous déshabiller vous aussi, avant d’entrer la voir.

 Sabrina s’étonna, puis sourit. 
— Elle vous a demandé ça, ma copine?
— Oui. Je pense que c’est un jeu entre vous!
— Ouais, ce doit être un jeu… Mais pour moi, comment dire, c’est un jeu cruel… Parce que je n’ai guère l’habitude de me déshabiller devant un homme, elle le sait très bien!

 La jeune fille paraissait assez mal à l’aise d’avoir à se dénuder devant cet homme inconnu qu’était Xavier. Mais, contre toute attente, Xavier n’eut pas à insister davantage car, toute docile, Sabrina commença à s’exécuter. La bouche en cœur, avec un regard doux et rond comme celui d’un pierrot, elle regardait ce type qu’elle n’avait jamais vu. 
— Vous ne me connaissez pas. Je suis le Père Noël, dit-il.
— Le Père Noël… 

 Sur son jean, elle portait une large ceinture corselet en coton africain et, sur sa poitrine, elle arborait fièrement un beau pendentif en argent. Aux pieds, elle avait des bottes d’équitation en cuir gras qui achevaient, avec ses cheveux courts et auburn, de lui donner un air de cavalier sauvage. D’abord, elle retira son blouson en peau lainée, puis son pendentif, et commença à se dépouiller de son gilet en laine et mohair. Ce n’est que lorsqu’elle fut en soutien-gorge, qu’elle enleva ses bottes. A ce moment-là, Xavier qui assistait sans dire un seul mot à ce parfait déshabillage, fit quelques pas pour aller verrouiller la porte.
— Pourquoi faites-vous ça? demanda la fille en débouclant sa large ceinture. 
— Pour être plus tranquilles, répondit l’homme. On ne sait jamais, quelqu’un peut entrer! Si on vous voyait toute nue!

 Sabrina, avec son regard de pierrot lunaire, acquiesça, sourit et, aussitôt, retira son jean. En slip et en soutif, elle hésita à aller plus loin, à dégrafer son soutien-gorge, mais elle voulait le faire quand même, par provocation, ce qu’elle fit, sans baisser les yeux, en se laissant regarder par ce curieux homme que sa surprenante copine avait rencontré et qui prétendait être le Père Noël…Aussi, pensa-t-elle, pour montrer à Laureleen qu’elle n’était pas une dégonflée! Les seins à l’air, elle fit alors glisser son petit slip sur ses longues cuisses soyeuses et, complètement nue, vint fièrement se présenter devant le mâle inconnu, mais en masquant sa paire de gros nénés derrière ses petites mains. 
— Mais pourquoi ne m’a-t-elle pas prévenue de ce petit jeu? Et pourquoi ne dit-elle toujours rien? demanda-t-elle, en parlant de Laureleen. Où est-elle?
— Dans sa chambre, je vous ai dit! Elle vous attend patiemment! Elle doit se marrer!
— Je trouve ça plutôt bizarre!
— C’est le jeu! Vous n’aimez pas jouer? Tenez, attendez là, où vous êtes!

 Xavier marcha vers le canapé et, aussitôt revint en tendant à Sabrina un gode ceinture.
— Vous le reconnaissez? demanda-t-il. Laureleen m’a chargé de vous le remettre. En ce moment, elle vous attend et elle meurt d’envie que vous la preniez avec. Savez-vous ce qu’elle m’a dit, tout à l’heure? Naturellement, elle m’a expliqué son fantasme de faire l’amour avec vous devant moi, mais elle voulait également que je vous accueille de cette manière et que je vous prépare en vous donnant ce gode! En ce moment, elle doit bien se marrer d’entendre vos questions et de vous sentir inquiète!

 Ces propos aggravèrent encore la surprise de Sabrina. Néanmoins, grâce à cette dernière explication qui lui parut plausible, elle disposa l’accessoire devant elle, sous le regard attentif de Xavier. Quand elle en fut harnachée, il la félicita pour sa participation au jeu et lui décocha son plus beau sourire, ce qui la sécurisa. 
— Vous ne me paraissez pas très à l’aise, dit-il.
— C’est que… D’habitude, ouais, ça ne se passe pas du tout comme ça entre Laureleen et moi! Il n’y a pas d’homme… Je crois que.. Enfin, je ne sais pas… Votre présence m’intimide!
— Excusez-moi, répondit Xavier, je suis vraiment désolé, mais je respecte la volonté de votre amie, c’est elle qui a tenu à ce que j’assiste à vos ébats, ce n’est pas moi. C’est elle qui a tout réglé de cette façon! 
— Ce n’est pas grave! J’essaierai de m’habituer!
— Savez-vous ce qu’elle m’a demandé encore?
— Non!
— Excusez-moi, mais… Elle a demandé que vous me suciez!
— Quoi?
— Vous avez très bien entendu!
— Ce n’est pas possible!
— Si! Elle veut qu’avant que vous alliez la baiser, vous commenciez par sucer ma queue!
— Mais elle est folle, explosa Sabrina tout affolée, ça, je ne marche pas! Le reste, d’accord, mais ça… Non! J’aime pas ça d’abord, elle le sait, c’est vraiment dégueulasse! J’aime pas faire l’amour avec un homme. Elle n’a sûrement pas dit ça, c’est impossible! Laureleen! Laureleen!

 Désemparée, Sabrina s’était mise à crier, appelant de toutes ses forces son amie.
— Pourquoi est-ce qu’elle ne me répond pas? demanda-t-elle, terrorisée, comme si, soudain, elle sentait qu’elle était prise dans un piège.
— Mais qu’avez-vous? demanda Xavier, calmez-vous, calmez-vous, ma belle, vous n’avez rien à craindre, c’est le jeu voulu par Laureleen, et rien d’autre! Allons, agenouillez-vous, très chère, je vais remplir votre jolie bouche en cœur! Je ne vais pas vous violer, voyons, c’est simplement une petite faveur que vous me faites! Et en plus, c’est le souhait de votre amie!
— Je vous en prie, implora Sabrina, j’aime pas ça du tout, je ne l’ai jamais fait, je pourrais pas! C’est impossible! Ne le prenez pas mal! Laureleen! Laureleen!

 Xavier fronça les sourcils. Il avait envie de se fâcher. Il attrapa la jeune fille par le bras et la secoua.
— Agenouille-toi, dit-il, d’un ton brusquement très sec, en même temps qu’il faisait briller la lame de son couteau qu’il venait de sortir de sa poche, sinon je te perce! Tu entends?
— Oh! Mon dieu! s’écria Sabrina, en tombant à genoux, complètement terrorisée, mon dieu! Qui êtes-vous?
— Je te l’ai déjà dit, je suis le Père Noël! Je suis passé un peu plus tôt, c’est tout.

 Effrayée, elle regardait Xavier. Malgré son brusque accès de colère, l’homme paraissait extrêmement calme et décidé. Sabrina sentit soudain sur sa gorge la pointe effilée de la lame. Un simple geste, et… Oh! Non! Elle n’osait y penser. Mon dieu, elle était tombée dans un piège. Ce type était un fou criminel, un tueur en série sûrement! Et Laureleen? Où était-elle? Qu’était-elle devenue?
— Voyons, sors mon truc, dit l’homme, ouvre ma braguette! Il faut donc tout te dire!

 Sabrina tremblait de tous ses membres. Comme une automate, elle zippa la fermeture et sortit le sexe du type. Où est Laureleen? pensait-elle obsessionnellement. Ce type est complètement fou. Qu’a-t-il fait d’elle?
— Voilà, c’est très bien, très chère, dit Xavier devenu plus doux. Maintenant, mets-le dans ta bouche, et fais moi bander. Comme ça, on va voir lequel du tien ou du mien sera le plus gros!

 En faisant entrer la queue molle du type dans sa bouche, Sabrina remarqua que le gland était encore tout maculé de sperme. Elle n’avait pas le choix. Elle le nettoya avec sa langue, avec ses lèvres. Puis, après plusieurs haut de cœur, craignant la mort, elle se mit à téter le gland qui, en bouche, lui parut une chose énorme par comparaison avec les mamelons des femmes dont elle avait l'habitude. A force de téter, la queue grossissait, et le type la poussait de plus en plus profondément dans sa bouche, dans le fond de sa gorge. C’était vraiment dégueulasse, répugnant et, de nouveau, Sabrina fut prise par une terrible envie de dégueuler, mais le type ne plaisantait pas, la lame était là, tout près d’elle.
— Continue, dit-il, en agitant l’arme pointée sur son cou, ça me fait beaucoup de bien!

 Sabrina ne craignait qu’une seule chose à présent, c’était que le type ne déchargeât dans sa bouche et la forçât à avaler son sperme. Mais elle en fut vite rassurée, car il se retira, la félicitant ironiquement.
— C’est très bien, dit-il, tu es une excellente pipeuse, ma chérie. Maintenant, allons voir ta copine qui se meurt de désir pour toi. A propos, sais-tu ce qu’elle m’a dit encore? Mais redresse-toi donc, tu ne vas pas rester là, plantée comme une gourde, à genoux, à me regarder comme si j’étais Arthur Rimbaud!

 Sabrina était livide, sans ressources, littéralement abattue, craignant le pire. Elle se releva lentement, péniblement.
— Tu sais ce qu’elle m’a dit ta copine? Elle m’a dit qu’il fallait qu’on compare nos queues, parce qu’après, comme ça, elle se fera prendre par celui ou par celle qui aurait la plus grosse! A dire vrai, je crois que c’est toi! Hein? C’est toi qui a la plus grosse queue, sans conteste, hein? T’as de la chance, c’est toi qui va pouvoir la baiser! Viens, allons la voir, maintenant!

 Xavier entraîna la malheureuse vers la chambre, mais, dès en arrivant dans l’encadrement de la porte, reconnaissant son amie étendue sur le lit, Sabrina, effrayée, se mit à pousser un  long cri d’horreur, puis s’évanouit sur-le-champ. Plusieurs minutes, elle resta allongée sur le dos, inerte et insolite avec son grand sexe d’homme dressé entre ses jambes. Quand elle commença à reprendre ses esprits, elle se mit aussitôt à pleurer de manière ininterrompue et à gémir de façon tellement désespérée que Xavier, vint à son côté et se tint tout près d’elle comme s’il eût envie de la soutenir. Le monstre avait presque perdu son cynisme et sa méchanceté et paraissait bizarrement éprouver de la compassion pour la malheureuse jeune fille.
— Et bien, demanda-t-il, pourquoi pleures-tu, ma petite Sabrina?
— Vous le savez bien! répondit Sabrina. Vous êtes un monstre! Pourquoi avez-vous fait ça? Pourquoi avez-vous tué mon amie? Hein? Pourquoi lui avez-vous vous ouvert le ventre et coupé les seins? C’est horrible! Vous êtes un monstre! Un monstre! Un monstre!

 L’homme se mit à rire.
— J’ai fait ça parce que c’est ce que j’aime faire aux femmes, c’est ma façon à moi de les aimer et de leur faire l’amour, vois-tu. Surtout aux gouines, parce que des filles qui baisent entre elles, pour moi, c’est une insulte faite à l’homme, surtout celles qui se parent de gros godemichés, comme toi!
— C’est vous qui m’avez demandé de le mettre!
— Je sais, mais il est à vous deux, n’est-ce pas? C’est bien avec ça que vous baisez toutes les deux? Je me trompe?
— Je vous en prie, renchérit Sabrina, je vous en prie, ne me tuez pas! Je ferai tout ce que vous voudrez!
— OK, je ne vais pas te tuer, répondit Xavier, grand seigneur, mais à une condition! C’est que tu baises ta copine!

 Sabrina se mit à hurler de douleur, essayant de dire que cela lui était impossible.
— Tu ne l’aimes donc plus? demanda Xavier, ironique. Elle ne te plaît déjà plus? Je croyais pourtant que tu aimais te rouler dans sa viande? Hein? Ce n’est plus ça qui te plaît, maintenant? Allons, approche-toi d’elle! Fais un petit effort, ma jolie, et tu auras la vie sauve!

 Sabrina était effondrée, complètement désespérée. Elle avait acquis l’intime conviction qu’elle ne parviendrait pas à raisonner ce fou sadique, d’autant qu’il venait de remettre la lame de son couteau sur sa peau, sous son sein droit, prêt à le lui transpercer ou à le lui trancher. Avec cet argument, la malheureuse n’osa résister. Elle se leva et vint se placer, complètement défaite, entre les jambes du corps inerte et complètement méconnaissable de son amie. 
— A la bonne heure, ironisa, une fois de plus, le tueur. Et maintenant, allonge-toi sur elle, et montre-lui que tu l’aimes! Fais-lui l’amour, ma chérie! Vas-y, ma chérie, vautre-toi sur sa viande! C’est ce que tu aurais fait, n’est-ce pas, si tu ne l’avais pas trouvée morte? Pourquoi est-ce que tu ne veux plus le faire? 

 Sabrina, épouvantée, larmoyante et écœurée, tardait à se mettre à l’ouvrage. Impatient, le monstre, d’un geste vif, déplaça sa lame et entailla le dessous du sein droit qui se mit aussitôt à saigner abondamment. Médusée, la jeune fille jeta vers l’homme un regard d’étonnement, puis de mépris, enfin de résignation. Craignant le pire, et sentant le piège se refermer complètement sur elle, elle n’eut plus d’autre solution que de faire ce qu’il demandait… 

 Lentement, Sabrina s’étendit sur le cadavre horrible, sanguinolent et tout mutilé de sa pauvre amie, et fit mine, un instant, de coïter avec elle. Réjoui, le monstre la regarda faire. Il semblait aimer ça la voir barboter dans le sang et s’exciter de la sorte. Mais, soudain, il la fit cesser et lui ordonna de se remettre immédiatement debout, histoire de considérer avec délices son corps dénudé, désormais bien plus beau, depuis qu’il était tout maculé de sang. Il lui lança:
— Maintenant, ma belle, je sens que je vais te tuer, je sens que je ne peux plus résister à cette envie, c’est ma manière à moi de te faire l’amour, tu comprends? Et c’est plus fort que moi. Je ne sais pas encore si je vais t’égorger comme une truie ou bien te faire jouir la chatte avec ce beau couteau! Mets-toi à quatre pattes, ma jolie, juste au-dessus de ta bien aimée, pendant que je réfléchis un peu à tout ça!
— Je vous en prie, implora encore Sabrina, exécutant néanmoins l’ordre sans tarder, ne me tuez pas, je vous en prie, ne me tuez pas, je ferai tout ce que vous voudrez! Je ne vous ai rien fait!
— Mais si, voyons, tu m’as fait quelque chose puisque tu es une gouine, et que, par définition, tu me méprises puisque tu méprises tous les hommes! Ça, vois-tu, Xavier Godefroy ne le supporte pas!

 Sabrina, totalement soumise, n’osait désobéir, de crainte de déplaire au monstre et de provoquer sa colère et, de la sorte, de déclencher sa violence. En position de totale soumission, il la regarda, la contempla d’un peu loin, palpa son beau derrière, puis trancha la sangle du gode qui s’insinuait dans la raie de ses fesses. Le gode se détacha et tomba sur le lit. 
— Ouais, c’est ça! D’abord, enlever cette saloperie! Pour qui te prends-tu, salope? Tu n’es qu’une femelle, pour qui te prends-tu, hein? grommela-t-il.

 Sans hésiter, il vint placer son couteau sous le ventre de la fille en l’introduisant par l’arche formé par ses cuisses. Et là, il eut envie d’un geste précis. Envie de planter sa lame dans le nombril, puis de la tirer violemment vers lui pour la faire ressortir par la raie des fesses, en tranchant le sexe, et tout ça, dans un flot abondant et ininterrompu de sang. Une véritable orgie. Il l’imaginait déjà. Ça serait divin, pensa-t-il, mais la mort ne serait pas instantanée. Cela ne le gênait pas, bien au contraire, mais la fille crierait, hurlerait de douleur et peut-être ameuterait tout les occupants de l’immeuble. Ce n’était pas la bonne méthode, mais il ne pouvait renoncer à la tuer. Il avait envie de la tuer, parce qu’il voulait encore connaître cette subtile jouissance. Il retira donc sa lame par où elle était entrée puis, se redressant, considéra le dos de la fille qui attendait toute docile. Avec sa main libre, il le caressa, apprécia le velouté de la peau. Vraiment, cette fille, comme l’autre, était magnifique, vraiment très belle. Une beauté incroyable, pensa-t-il. Quel gâchis qu’elles fussent devenues des gouines et qu’elles baisassent ensemble! Peut-être que l’une des deux aurait pu devenir sa femme si elles n’avaient aussi mal tourné! 

 Xavier pelota les seins divins qui pendaient sous la fille et se mit du sang sur une main en touchant le droit qui continuait de saigner.
— Ma chérie, dit-il, avant d’être immolée et de connaître le suprême orgasme de la mort, celui de la lame qui entrera dans ta chair, je crois qu’il est important que tu connaisses, au moins une fois dans ta vie, la bite de l’homme! Donc, tu vas te tourner un peu et tu vas recommencer à me sucer comme tu l’as si bien fait tout à l’heure! Pense que c’est la bite de Papa Noël et que ce n’est pas donné à tout le monde de recevoir ce cadeau du ciel! 

 Terrorisée, les yeux dans le vide, la fille se tourna et prit dans sa bouche déformée le sexe que l’homme immonde lui présenta. Croyant tout à coup que son zèle lui serait peut-être d’un quelconque secours, elle se mit à sucer avec un incroyable acharnement, s’efforçant même de sourire lorsqu’elle réalisa que c’était elle qui venait de lui donner d’aussi impressionnantes dimensions. De même, avec zèle, elle pivota de cent quatre-vingt degrés, pour présenter son cul quand le monstre lui demanda de le faire, et c’est avec l’expression d’une certaine satisfaction qu’elle laissa la pine entrer dans sa chatte. Un instant, elle crut avoir gagné. Le type, comme un beau diable, se démenait en elle, allait et venait, s’excitait. Elle l’entendait qui soufflait. Elle pensa qu’il allait jouir bientôt et qu’il serait content. Mais, c’était manquer de discernement. En même temps qu’il éjaculait en elle, elle ne vit pas le couteau s’abattre brutalement et violemment au milieu de son dos et entrer entre ses deux omoplates. 

(Passions à contre-jour)

Si vous avez aimé cette histoire, vous en trouverez d'autres ici et .