Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

jeudi 8 octobre 2015

Une fête où l'on danse


 Je ne peux en rester là. Parce que, comme tout le monde, j’ai besoin de leurres, d’art, d’artifices, pour embellir ma vie. Je souscris à l’idée stupide de me fabriquer "un monde plus beau". Je sais parfaitement que cette entreprise est vaine et ne mène à rien, que pendant ce temps-là, le bateau coule, coule, inexorablement. Mais pendant qu’il coule, j’ai envie de m’étourdir, de m’entourer de musique, d’images, de mythes auxquels je ne crois pas vraiment, mais peu m’importe… Je m’en fous. Ce qui compte, c’est le plaisir. Mon enveloppe corporelle est mon premier recours, mon premier mythe et mon premier plaisir, sans doute le plus vulnérable, le plus fragile, le plus périssable. Mais depuis pas mal d’années, ce corps m’enchante. Pour combien de temps encore? J’aime mon corps, mes seins, mes fesses, j’aime les seins et les fesses des autres filles, et cela m’enchante. C’est stupide. En attendant la fin du naufrage, je refuse de me perdre dans l’introspection circonvolutive de ma déchéance anticipée, même si je la sais absolument certaine, même si elle m’angoisse. Je veux faire du reste de mes jours une fête où l’on danse, où l’on rit, où l’on s’amuse comme des folles. Mais peut-être qu’on ne choisit pas vraiment la manière d’assumer son existence.