Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

samedi 31 janvier 2015

Une fenêtre qui s'ouvre

Il y avait le ciel bleu
Et aussi le lointain
D’ailleurs pas si loin le lointain
On voyait nettement des maisons assises
Qui regardaient la mer
Des bosquets aux cheveux chevelus
Des collines qui s’invitaient à danser
Il faisait chaud
Une douce torpeur m’enveloppait
C’était aux alentours de midi
Bercée par le clapotement tranquille tout autour du bateau immobile
Ancré sous l’eau verte et bleue
Aux mille reflets magiques et dansants
Je faisais entrer et sortir un aimable et manipulable ami
Tandis qu’elle 
Mon amie
Inébranlable
A plat ventre
Tétait mon téton tété
Ce qui troublait intensément ma chair maritime et chère
Et éclaircissait durablement les cieux

jeudi 29 janvier 2015

Je ne suis pas sûre


Je ne suis pas sûre qu’il y ait un grand architecte de l’univers, mais je suis certaine qu’il existe une création, c’est la nature, et aussi une créature, c’est la femme, qui est notre passé, notre présent et sans doute aussi notre avenir.

mardi 27 janvier 2015

Le grand bazar

Ce matin
C’est le fouillis
C’est le bordel
La chambre est jonchée de soutiens-gorge
De magasines
D’ours en peluche
De jeans bouchonnés
Et de verres renversés
De stilettos
De tasses à thé Minton
De godes de toutes les couleurs et de toutes les formes
De bracelets
De bâtons de rouge à lèvres
De couettes défaites
Ici ce sont des menottes
Là un éventail
Ça c’est un martinet qui fait mal 
Et ça une bouteille d’eau minérale
A côté c’est une boite de tampons Playtex
Et sous le lit oui c’est un cochon rose qui fait tirelire
Et un gode ceinture avec un membre aussi rose 
Que le cochon
Avec des lanières translucides
Et un guide du routard destination l’Italie
Et des brosses à cheveux
Et deux ordinateurs portables
Et du vernis à ongles
Et trois smartphones
Vraiment ce matin
Chez nous
C’est le grand bazar

dimanche 25 janvier 2015

Sans doute


"Il faut être de mauvaise foi pour confondre l’érotisme et la pornographie, une petite culotte ressemble pas à un gros slip…"
Jean-Marie Gourio
(Brèves de comptoir)

vendredi 23 janvier 2015

Bienvenue chez Bienvenue

Dans le métro
Si l’on veut
Le temps de transport est un temps de transmort
Donc de transe morte
En conséquence un temps mort qui clitorise
L’observation et l’imaginaire
Donc la résurrection de soi
Momentanément du moins

Dans cette rame libre d’être moi 
Je regarde les autres
Ils sont autour de moi
Des voyageurs comme moi
Des usagers
Mes frères et mes sœurs

Leur condition de vie est comme tatouée sur leur corps
Il y a beaucoup de corps gras et las
Boursouflés
Lents
Avachis
Marqués par la lassitude
Peut-être celle du travail ou de l’angoisse
Peut-être celle de l’ennui
Plus rares sont les corps minces
Fermes
Sains
Dynamiques 
Altiers et suavement parfumés

Mais les corps changent et se succèdent dans la rame
Ceux de Saint-François-Xavier ne sont pas ceux de Place Clichy
Le passé
L’histoire 
La nourriture marquent la chair
Mêmes si les stations sont presque partout pareilles
C’est-à-dire très ordinaires
Presqu’apollinaires
Peu luxueuses
Rarement à l’image du quartier qu’elles desservent
Ce sont les corps
Les corps des voyageurs
Des usagers 
Usagés ou peu usagés
Quand ils descendent ou entrent dans la rame
Qui renseignent sur la nature du quartier
Avant que résonne la sirène au son si singulier
Et que toutes les portes 
D’un même mouvement 
Se referment

mercredi 21 janvier 2015

Un thé entre filles

Un thé entre filles
Partie carrée aujourd’hui
Demain probablement sextine
Sans doute octavine après-demain
C’est comme ça un thé chez nous 
Filles anandrynes

De passage
Sans doute pas sages avec nos aréoles en feu 
Folles de nos corps et de notre cyprine
Préférons penser à nu
Toutes nues
Et nous oublier quand nous parlons

Pourtant jamais
Au grand jamais
N’oublions nos corps
Le soir au fond des bois
Sachant que tout ce qui a des nichons peut être déniché
Même dans la nuit noire d’une forêt profonde
Ou du profond décolleté 
D’une reine de cœur

Un thé entre filles
C’est une fête entre fées
Et ça n’est rien de dire
Que ça nous fait de l’effet

lundi 19 janvier 2015

Portrait aux bougies

                                                                                            à Marianne,

Dans le fond de la pièce des petites bougies
Veillent
Il y en a une grande et trois petites
Quatre lueurs qui vacillent
Comme de maigres petites vieilles
Et toi devant
Assise au pied de notre lit
Tes jambes 
Et ton buste sont nus
Tes seins fermes et bien tendus sont une splendeur
Deux seigneurs qui attendent patiemment la lune
Le pouce de ta main droite est accroché à l’élastique de ta petite culotte
Ainsi tu m’exhibes ta fentine
Que bientôt
Je le sais 
Tu allumeras avec la plus grande des bougies
Et 
Pour compléter le tableau
A tes pieds
Fidèles comme des chiens
Parce que je les aime
Tes fins Louboutin gris
Délicats et jolis

samedi 17 janvier 2015

L'araignée du souvenir

 Je me souviens. C’était après une très  belle journée d’automne, chaude et ensoleillée, c'était en 2014. Des gros connards dépourvus d'humour n'avaient pas encore massacré les dessinateurs d'un journal satyrique ni d'autres innocents à la Kalach dans Paris, et je n'étais pas encore devenue Charlie, et n'avais pas encore marché dans Paris avec d'autres Charlie. 

 Ce soir-là, nous étions parties, nos mains s’enlaçaient à la chaîne. Il ne faisait pas encore nuit, nous semions une ombre qui traînait, avions roulé en direction de Lechiagat, où se trouve une jolie plage que nous aimons bien, souvent agréable en été. En revenant du boulot, en entrant dans la maison, j’avais aperçu un fil où pendait une énorme et belle, mais effrayante araignée. Araignée du soir, signe d’espoir, a dit Marianne. Après cette étrange et lugubre rencontre, nous nous étions parées comme d’habitude, je veux dire maquillées, parfumées, bichonnées, avions revêtu seulement des bas et des porte-jarretelles noirs qui me faisaient penser à l’araignée, avions quitté notre maison tranquille où Rose était restée seule, après nous avoir embrassées presque maternellement en nous souhaitant de passer un bon moment. 

 Je me souviens, nous avions roulé avec le chauffage à fond. Nous étions bien dans notre auto, comme des poules en pâte, comme dans un petit cocon douillet, sans rien sous nos manteaux grand ouverts, fiers nichons à l’air, foufounes jolies en parfaite liberté. En prime, au ventre, comme d’habitude, la  peur du gendarme, et sur le pare-brise, un air de tourmente s’égarant bizarrement dans ce qui restait de lumière.

 Je me souviens, je conduisais. Marianne sans cesse me touchait. Je  la touchais aussi, surtout ses seins, son minou. Le temps passait, le soir se détachait lentement. La lumière, aux angles des croix, au sommet des calvaires, s’évanouissait peu à peu, offrait des orgies de pâleurs. Arrivées en contrebas de la plage de Léchiagat, nous nous sommes embrassées goulument, et chacune a ouvert sa portière. Dans un arbre, des fils électriques dessinaient comme des éclairs. Hou! Quel froid! Dur de sortir. Nous nous sommes regardées.  

 Je me souviens. Nous avions quitté l’habitacle de l’auto, grimpé à toute vitesse ce qui reste de dune pour pouvoir admirer la mer d’en haut, mais le sable était glacé, un petit vent acide s’engouffrait sous nos manteaux, mordait nos tétons et nos cuisses. D’en haut, l’endroit, si joyeux d’ordinaire, étalait une plage lugubre, comme une araignée immense. La nuit et le froid tournaient tout à la guerre. 

Je me souviens, nous avions renoncé à nos folles et marines amours, étions retournées aussi vite que venues dans notre auto bien chaude où s’arrondissait le fol espoir de nos fleurs en émoi. Après mille agaceries, nous avions décidé d’aller ailleurs, de ne pas nous lécher à Lechiagat, sachant qu’en cet ailleurs, on ne pourrait guère mieux sortir nues, because la froidure. Marianne eut la bonne idée de proposer Saint-Guénolé. Du côté des rochers.  

 Je me souviens, j’y avais garé l’auto en bordure des gros blocs, dans un endroit où nous pouvions distinguer toute la baie d’Audierne, perceptible par ses milliers et minuscules points lumineux, à la suite du long mur qui la masquait. Dans notre étroit cocon où s’élevaient comme des paroles confuses, ou plutôt un murmure paisible, nous avions fait l’amour dans l’obscurité, sans utiliser d’objet, seulement avec nos bouches, nos mains et nos doigts habiles. Nos ventres avaient faim. Nos yeux ouverts nous éclairaient. 

 Je me souviens. En faisant l’amour, je pensais que j’aimais le faire en voiture, parce qu’une auto est un endroit étroit et inconfortable, et que, dans ces conditions, il faut faire preuve de plus d’imagination que dans un lit ou au milieu d’un champ de luzerne. Et l’imagination, c’est fou ce que ça procure du plaisir.

 Je me souviens. L’endroit où nous étions, pourtant bien connu des touristes en été, était désert et lugubre. Il me sembla soudain que la couleur du mur changea, devint violacée. Ce qui est sûr, c’est qu’il était fait mention, sur ce mur, de l'épouse d'un ancien préfet du Finistère, emportée par une lame, ainsi que d’autres personnes, en cet endroit même où nous nous trouvions. J’imaginais le drame, la lame féroce, la mort atroce de cette dame engloutie, et cela ne m’empêcha pas de jouir. Malgré mon trouble et le froid que je ne ressentais presque plus à force de plaisir, j’avais quitté mon siège, contourné la voiture, ouvert la portière de ma passagère qui, immédiatement, avait compris mon intention. Elle avait jeté ses jambes hors de l'auto, et moi, agenouillée à ses pieds escarpinés, entre ses genoux gainés de soie, malgré le froid, je m’étais mise à la lécher, bercée par le doux clapotement presque immobile de la marée, songeant encore à l’araignée tout au bout de son fil.

jeudi 15 janvier 2015

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Charlie

L'horreur

Déclaration universelle des droits de l'homme

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

(Grandeur et misère)

mercredi 7 janvier 2015

Pulsions de vol

C’était il y a longtemps
Au mois de décembre
Peu avant Noël
Dans un pays lointain
Qui sans doute n’existe plus
Dans un de ces grands temples de l’hyperconsommation

Un gamin de dix ans avait volé une console de jeux
Deux vigiles l’avaient attrapé et
Pendant plus de deux heures
Dans un débarras glauque
L’avaient cuisiné méthodiquement

Ils l’avaient ensuite ramené dans son immeuble
Où sur une coursive
Profitant de l’inattention de ses deux gardiens
Le gamin a fait l’oiseau

Il a fait un vol du cinquième
Jusque sur le trottoir bitumé

Dans ce pays lointain
Qui sans doute n’existe plus
Le mois de décembre était un grand mois 
Pour les achats et les cadeaux

samedi 3 janvier 2015

La machine

Camden Town

 Cette année, j’ai passé Noël en famille avec mes deux enfants et leurs conjoints chez ma tante Angèle. Après Noël, tandis que Marianne était encore avec ses enfants et que Rose s’enracinait chez sa sœur, je me suis rendue à Londres, invitée par Amélie et sa copine Chloé. Amélie, vous vous souvenez, c’est mon ancienne amante, avant Marianne, et après Polly… A Londres, on résidait toutes les trois dans un hôtel à Camden Town, au nord de la Tamise. C’est un endroit bizarre et charmant, où tout est possible. Avec Marianne, j'y étais déjà venue en septembre 2012. Dans la journée, on se baladait beaucoup dans ce quartier très fréquenté par des Punks et des Gothiques, et aussi dans le centre de Londres. J’aime beaucoup Londres, c'est une ville fabuleuse. Le soir, dans notre chambre d’hôtel, ou chez Hi, une Chinoise, amie de Chloé qui résidait à Camden et nous avait déniché cet hôtel, toutes les quatre on jouait à pratiquer des doubles pénétrations en sandwitch. 

 D’abord, on se nettoyait correctement l’anus avec des poires à lavement, puis on se le lubrifiait. Trois d’entre nous se harnachaient de godes ceinture et, quand cela était fait, l’une, pas toujours la même, s’asseyait au bord d’un lit. Celle qui n’avait pas de gode, ingénument, venait s’asseoir sur elle, en prenant bien soin d'empaler son petit trou du cul sur la chose dure et hardiment dressée. C’était une opération délicate qui retenait toute l'attention de toutes. Enfin, quand le gode était entré, sa porteuse s’allongeait sur le lit, et l’enculée faisait de même sur le ventre et la poitrine qui s’offraient sous elle, veillant à écarter ses cuisses. A ce moment, sans tarder, une de celles qui, debout, s’esclaffaient et regardaient la scène, approchait son dard de la chatte offerte et, simplement, le glissait dans le délicat et vibrant fourreau, sans autre forme de procès. La baisée ne pouvait être mieux remplie que par ses deux godes qu’elle sentait en elle, si proches et si présent, à quelques centimètres l’un de l’autre. 

 Le jeu des va-et-vient pouvait alors commencer, mais ne commençait pas. C’était la règle. Il fallait attendre que la troisième fût mise à son tour par la quatrième qui se tenait debout derrière elle. Cela prenait encore un peu de temps. Malgré que les anus fussent tous bien huilés, les godes étaient gros et ne rentraient pas si facilement. On s’en doute, la prise se faisait en levrette, et la baiseuse-baisée écartait ses fesses avec les doigts de ses deux mains pour mieux élargir son petit trou. Quand le troisième gode avait trouvé sa place, la machine pouvait alors se mettre en marche. Elle se mettait effectivement en action, d’abord lentement, car il fallait trouver la coordination, puis plus activement et enfin ardemment. C’était un beau voyage. Divin. Le tour pouvait durer de longues et folles minutes pendant lesquelles s’échappaient gloussements et onomatopées. Quand nous avions assez joui ou que nous en avions assez, nous arrêtions, nous décollions l’une de l’autre, échangions nos impressions à la volée, flattions nos nibards, riions, proférions des bêtises, puis nous apprêtions à organiser un nouveau tour en intervertissant nos godes et nos rôles.