Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

jeudi 30 octobre 2014

Contes de fées


Jean Paulhan a écrit: "Les contes de fées sont les romans érotiques des enfants." 
Je suis d’accord. J’en déduis que  les romans érotiques sont les contes de fées des adultes. 

(Par un fleuve emportée...)

mardi 28 octobre 2014

Petite chanson

Assise sur un banc de sardines
J’écoute une chanson de nulle-part
Chantée rien que pour nous deux
Cette chanson vient du fond des mers
De toute cette eau qui remplit
Ce grand radeau bleu qu’on appelle la terre

dimanche 26 octobre 2014

Plaisir mytilicole

                                                           A Marianne,

Quand nous jouons aux dames
Et que je te cergy-pontoise
Les étoiles nous convoitent
Mais tu es bien là
Je cours sur toi
Je me glisse dans ta fissure
Je fais route vers la caverne du temps
Dans tes profondeurs où tout est spasme
Où tout n’est que luxe spasme et volupté 
Tu tombes en pluie
Louve démente ta fièvre m’envahit
Difficile d’écrire que je ne t’aime pas à la folie
Tu m’inondes de comètes
Et je crève doucement dans le caniveau de l’éternité

Le mariage


"Le mariage est soit une corne d’abondance, soit une abondance de cornes." 
(San Antonio)

vendredi 24 octobre 2014

Le propos du poète

 Il faut s’intéresser aux poubelles, ces malmenées, ces mal-aimées qui, comme leur nom l’indique fort bien, sont pourtant belles, de par leur rôle apparemment petit et misérable. D’ailleurs, pour qui sait voir, le beau n’est pas toujours là où l’on croît. Baudelaire a magnifiquement chanté la charogne et Rembrandt su superbement peindre le bœuf écorché… Car sous l’apparence d’un beau corps désirable et lumineux (ce que j’adore, bien évidemment), il y a la barbaque, la merde… Mais ce n’est là qu’un niveau de lecture qui peut aussi être dépassé et perçu à nouveau avec son harmonie interne et devenir lumineux à son tour. Hélas (ou tant mieux), nous ne voyons jamais le monde tel qu’il est, mais tel que nous le percevons, toujours à un certain niveau de lecture auquel nous sommes irrémédiablement condamnés, sauf si l’on est poète. Le propos du poète, n’est-il pas de nous faire accéder à d’autres niveaux de lecture de ce sacré monde.

 C’est pourquoi la poubelle que l’on dissimule sous la table ou dans un placard est un beau symbole de cet arrière-monde. Je n’aime pas trop cette société du spectacle et du bling-bling, impitoyable pour les poubelles qui ne font pas ou plus recette.

(Par un fleuve emportée...)

mercredi 22 octobre 2014

Dès potron-minet

Dès potron-minet
Sous un ciel mûr d’hirondelles
Le bel Albert s’abîme bel et bien une dent en mangeant des p’tits pois
Tandis que le pauvre Pierre 
Seul
Comme un con
Qui se protégeait de la pauvreté et des huissiers
Meurt étouffé en mangeant du jambon
Mais dans son lit
Une petite fille également pauvre mais très blonde se réveille 
Et annonce à ses parents qu’après le petit déj
Elle s’en ira dans la campagne verte faire le portrait de dieu
Qu’elle a vu en rêve
Il ressemblait à un cochon ou à un bouchon de liège
Ça pourrait être une bonne pensée du matin disent en chœur ses parents
En apprenant cette nouvelle
Oui une pensée qui nous mettra du baume au cœur
Dit sa mère
Et nous permettra de bien commencer la journée
Dit son père
Mais d’abord faudrait savoir
Disent ensemble les parents
Cochon ou bouchon
That is the question
Comme elle ne sait pas
La pauvre petite fille pauvre mais très blonde pleure
Tandis que sur son perron ronron
François Hollande ronronne
Il dit à ses plus proches collaborateurs que redresser la France n’est pas facile
Il appréhende de réduire davantage les prébendes
Déjà aussi plates que limandes
Et repense à la famille Massonneau qui n’est quand même pas jojo

lundi 20 octobre 2014

Le paysage qui tue

Les alignements d’arbres des routes
Créent à l’évidence
Un paysage bien identifié qui ne déroute guère
Entrons dans la danse
Et ne faisons pas la guerre
Voyons comme on danse
Suivons la belle écuyère des saisons qui galope toute nue

C’est un paysage qui tue
Qu’on trouve dans tous les pays d’Europe
Et dans leurs anciennes colonies
En général pour se protéger du soleil
Mais surtout pour écrabouiller les automobilistes inattentifs
Et leurs passagers pointilleux

Ouvrons l’œil
Comme toutes les routes du Midi
La RN 7
Bordée de platanes à maille serrée
Tant que le chancre ne les ravage pas
Présente sous la lune parfaite 
Cet aspect mythique de route
On pense aussi aux premiers congés payés
A la Provence
Et à ses petits villages
Et aussi à Louis Charles Augustin Georges Trenet
Né le 18 mai 1913 à Narbonne
Et mort à Créteil le 19 février 2001

Faut avoir de bons yeux pour être poète

jeudi 16 octobre 2014

La nature n'est pas droite

La nature n’est pas droite
On s’en fout la nature n’est pas notre priorité
La nature n’est pas bien faite
On s’en fout la nature n’est pas à vendre
La nature est un temple
Oui un temple grec ou romain
Un temple de Vesta
Un temple de la jungle
Où vivent des Templiers et de vivants piliers
Des piliers qu’on a mis au coin
En demeure
A part
En exergue
En examen
Au ban
Au rebut
Tout ça pour faire un peeling
Au pilote de ligne
Et un pied de nez
A l’hôtesse de l’air qui a l’air énigmatique
Dans son coin
Et prend son pied 
Avec une pingouine du pôle nord très magnétique

(Par un fleuve emportée...)

mardi 14 octobre 2014

Tralalalalère

La liberté guide le peuple
Le peuple miniature minaude
Le peuple migrateur se gratte
Gratteur de guitare
Gratteur de do
Ré mi fa sol la si do
Masseur d’idées fausses

dimanche 12 octobre 2014

Mais quand Kali

                                 à Kali,

Dans les rues de Paris 
Roulent sans fin
Des autos polluantes
Y grouillent aussi
Sur ses trottoirs
Et dans les couloirs du métro 
Des anonymes pressés
Et stressés
Et au-dessus de tout ça
Restent dressés 
Les vieux et tristes 
Immeubles haussmanniens 
Tout gris et tout pollués

Mais quand Kali
Me donne sa petite main
Et que je marche avec elle
Dans Paris
Je découvre
Plein de petites bêtes
A l’entrée des soupiraux
Plein de jolies feuilles mortes
Et d’étranges bouts de papier
Dans les caniveaux
Et plein d’étonnants mystères
Sous les portes cochères
Où s’abritent des esquimaux

vendredi 10 octobre 2014

Ma vénérienne

                                                           à Marianne,

Nous nous sommes goûtées sur nos doigts
Et maintenant l’heure est à la sieste
Après avoir tant couru en riant 
Glissé dans la boue
Jusqu'a cet abri de fortune dans les fourrés

Mouillées jusqu'aux os nos vêtements nous collaient
Nous les avons enlevés
Histoire d’avoir une longue histoire commune
Comme une sorte de conscience fiction
Là nous avons rêvé de jours ensoleillés
Et proféré des mots étranges
En attendant des ciels bleus 
Des jardins peuplés d’anges

A demain 
Baladeuse de rêve
Nous nous aimons les seins dans les seins
Nous nous patinons 
En murmurant des regards
En calculant des hasards

Je suis ta capitaine au long cours
Ton anémone ta rose ta croquemitaine 
Ta fleur des quatre saisons 
Ta violette poivrée et sucrée
Tes pomelos
Ta fentine d'amour
Ton île ton elfe ton volcan
Toutes choses
Qu’on ne trouve que dans l’ardeur d’un grand midi

mercredi 8 octobre 2014

Tout se joue et s'invente au présent


 Un homme et une femme forment une étrange union, car chaque sexe ne connaît pas grand chose à l’autre sexe. Chaque sexe fantasme l’autre, plus qu’il ne le perçoit dans sa vraie réalité. Mais n’en est-il pas ainsi du monde en général, des autres, des races, des pays, de la matière, des étoiles? Cette ignorance ne fait-elle pas le charme de la vie? Si nous avions une perception vraiment objective des choses et des êtres, la vie ne serait-elle pas ennuyeuse? La vie vaudrait-elle d’être vécue? Néanmoins, homme ou femme, nous apprenons rapidement quelque chose dans cette histoire de différence des sexes, à savoir que l’homme, en tant que porteur du phallus, est le seul vrai détenteur du désir et de l’initiative, et que la femme doit attendre le désir de l’homme et s’y soumettre. Mais, depuis quelques décennies, les femmes ont bien changé à cet égard, elles assument mieux leur désir. Peut-être étaient-elles un peu hypocrites, au sens que beaucoup, faisaient assumer leur désir par l’homme: "C’est lui qui veut, j’ai subi", "Regarde ce que tu m’as fait faire!", "Je le fais, mais ce n’est pas moi qui veux!" En ce sens, les lesbiennes se situeraient hors de ce modèle. Laquelle des deux désire? Souvent les deux, chacune à son tour. Rien n’est institué. Tout se joue  et s’invente au présent.

(Par un fleuve emportée...)

samedi 4 octobre 2014

Manège

                                                       à Marianne et à Rose,

Par un beau jour cyprin 
Celle que je regarde 
Me tend un regard câlin
Complice
Rapide comme l’éclair du tonnerre de Brest

Néanmoins consciencieuse 
Son devoir l’appelle et je sens bien 
Que moi aussi 
Barbare
Je suis mortellement affûtée par le mien

Allons-nous continuer notre manège clandestin
Est-ce un piège
De respecter ce silence de pierre et de prière intestine
Nous allons jusqu’au bout du bout
Jusqu’à l’épreuve suprême de la dissolution de notre doigt
Dans notre jus

Et le jus vaut bien la perte d’un doigt
A défaut de gagner la chandelle

jeudi 2 octobre 2014

Constance


"Elle était revenue de bien des choses, ce qui ne l'empêchait pas d'y retourner."

Natalie Barney