Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

vendredi 25 juillet 2014

L'état du monde

 Un jour, une de mes lectrices m’a écrit que mon aimée et moi avions le pouvoir de magnifier les lieux. Je ne sais si c’est vrai, mais en tout cas, à l’inverse, nous avons le sentiment d'être magnifiées par certains lieux où nous ressentons impérativement le besoin d'y faire l'amour. Il y a des lieux effectivement très particuliers, immensément magiques, qui sont des sortes de portes qui ouvrent immédiatement sur un autre monde. Par exemple, je pense au château de Trécesson, dans la forêt de Paimpont-Brocéliande, au hêtre de Ponthus dans cette même forêt, aux rues de Pont-L’Abbé, à son jardin public, à son port, la nuit, et encore à mille autres lieux tout aussi magiques… 

 Cette recherche du beau, quêtée dans un miroir est difficile, mais elle représente la base d’une vie merveilleuse et exaltante que j'ai choisie, et que, pour rien au monde, je ne voudrais changer. Pour moi, l’art, est la chose la plus importante au monde. Mais derrière le feu de la passion, tout est une question d'équilibre et de patience. Mais parfois, je ne sais plus. Je me dis que l’art n’est pas une question de beau, mais d’état du monde, que l’artiste n’a d'autre mission de décrire l’état du monde.

 Bientôt, ce blog sera en pause. Je ne sais pas quand. Marianne est partie en vacances avec ses enfants, et sans doute, Rose et moi allons-nous en faire autant. Pour aller où? Le monde est si grand.

(Par un fleuve emportée...)

mercredi 23 juillet 2014

L'innocence de l'enfance

 Durant ce dernier week-end, Karine et Anders sont venus passer quelques jours chez ma tante Angèle. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé ma petite fille Kali qui, bientôt, aura trois ans. A cet âge, on dit beaucoup non, on s’oppose beaucoup, mais Kali reste une petite fille facétieuse et rieuse, facile à vivre, bavarde comme une pie, qui a toujours quelque chose à dire, qui a un besoin fou d’exprimer son avis sur tout. Pourquoi ci? Pourquoi ça? Un matin, en posant son bol de chocolat qui lui faisait des moustaches, elle me dit: « Tu sais Mamie, j’ai le même zizi que Maman, sauf que le mien, il est comme le tien, il n’a pas de moustache! »

 Hier, je me suis disputée avec Rose. Dispute sans gravité, mais dispute quand même qui a duré plusieurs heures. Nous nous sommes boudées. Et Marianne, partie pour un mois, n’était pas là pour nous réconcilier. Mais oui, cela arrive à la maison, des disputes. Rose veut souvent avoir raison. Je l’aime quand même. C’est une fille nature qui s'intéresse à la nature, à la terre, aux plantes et aux animaux, bien davantage qu'aux textes. Elle dit de moi, d'ailleurs, que je suis une obsédée textuelle! Elle n'a pas tort, mais, comme elle, j'aime aussi la terre, l'eau, les plantes, les animaux... Je pense qu'il faut des mots, des sons, des couleurs, pour jouir vraiment du monde, pour le bien chanter et le bien magnifier! Il faut juste un miroir! Pour moi, sans miroir, la vie n'aurait aucun sens. Contrairement à Marianne et à moi, Rose n'a pas besoin de miroir... Elle vit au premier degré, simplement... Sans doute a-t-elle raison. Sans doute est-elle plus heureuse ainsi, puisqu'elle vit dans l'innocence de l'enfance, même quand elle se comporte en maîtresse! 

 "Tout bonheur est innocence" a écrit Marguerite Yourcenar. 

(Par un fleuve emportée...)

mardi 15 juillet 2014

Dans les incessants et mouvants remous du courant

                                                      à Marianne

Île  Ô mon délire
Argile démon goémon 
Fragile
Heure imbécile au charme naturel
Voilier silencieux
Auprès d’elle passé
Près du cœur de la cible
Qui bat fébrile sous ses seins
Capable d’en jouir
Et d’ouïr un jour peut-être
Ce vieil avenir qui m’offre le bonheur

Je l’amuse encore
De mon âme dépitée
Séparée
Matin à supporter l’avenir
Il est tard
Bordel
Mais c’est sans doute ça le souvenir mortel
Et sage
D’un coupable rayon de soleil

Amie
Le temps qui est une plantation rectiligne
Ne viendra pas guérir mon inconstance
Cours court désespoir
Ignorante amante
Ardent bonheur
De plus de mille soleils d’espérance
Je suis transparence
Numéro de téléphone
Matière anti-matière
Ancienne et neuve
Et surtout ne perds le souvenir
Du pourpre de mes lèvres
De l’humidité 
D’où je viens
Entre les rives escarpées de l’Odet 
Plantées de sombres châtaigniers
Et de rhododendrons
Qui croissent mollement au bord de ses anses
Dans les incessants et mouvants remous du courant

(Par un fleuve emportée...)

dimanche 13 juillet 2014

L'autodictateur

Le dictateur était autodidacte
C’était un autodictateur qui
Après avoir longtemps vendu du boudin
Avait fini par connecter
Nos futurs
A l’endroit exact où ils percutaient son passé

Il parlait de hasard
De tendresse dans l'infini
Disant qu’elle s'offrait a nous
Et que notre fusion serait magique et intemporelle
Il parlait aussi de philosophie
Exprimant le regret qu’elle se trouvait dans le margouillis
Où Dieu l’avait lâchement abandonnée

Il parlait
Il parlait
Et n’entendait pas les cris aigus des filles qu’on chatouille.

vendredi 11 juillet 2014

mercredi 9 juillet 2014

Jeux latins

Heureux celui qui a pu pénétrer le fond des choses
A dit Virgile
J'ajoute
Celle qui chaque jour fait de même
Avec la femme qu'elle aime
N'est pas tant malheureuse


(Par une fleuve emportée...)

lundi 7 juillet 2014

Révolution du rêve

Dieu a dit: aimez-vous les seins les autres
Moi je dis il a raison
Le bonheur est dans l’inutile
Il faut rêver
Et mettre le monde 
Seins dessus dessous

(Par un fleuve emportée...)

samedi 5 juillet 2014

Peut-on deviner le secret des montagnes?


 "Esperanza haussa les épaules. De nouveau, les deux femmes restèrent un long moment silencieuses à s’éviter du regard, puis se fixèrent droit dans les yeux. Pas une ne les baissa. Le professeur se disait qu’elle finirait bien par imposer son autorité à son élève, mais rien n’y fit, Esperanza ne cédait pas. Le regard du professeur finit par s’échapper par la fenêtre. La lumière planait, radieuse, irréelle, presque vermeille… Est-il vrai que l’espoir se nourrit d’images et de silence?
— Bon, finit-elle par dire, exaspérée, cela suffit votre petit numéro, Mademoiselle! J’en ai déjà que trop accepté. Pour cette fois, je ferme les yeux sur votre égarement, et vous laisse partir, mais… Je pense que vous avez complètement perdu la raison, et comme j’ai la faiblesse de croire que cela peut arriver à n’importe qui, je ne vous en tiens pas rigueur, mais ne recommencez pas! Sinon, je me verrais dans l’obligation d’en aviser Monsieur le Proviseur!
— Vous ne m’avez pas comprise, Madame, répondit Esperanza dans un sombre murmure, aussi calme qu’un mur, aussi calme qu’un nuage qui vient de confisquer le soleil, je veux vous posséder…
  — Me posséder? Me posséder? Décidément, vous êtes entêtée! Me posséder? Mais qu’est-ce que vous voulez dire? Arrêtez-vous êtes complètement folle!
— Vous voulez vraiment le savoir?"

Extrait de Jour d'anniversaire.

jeudi 3 juillet 2014

La poule pratique

Vient de paraître un traité complet d’élevage pratique.

Autrefois, la poule qui couvait ses œufs dans quelque coin ignoré, conduisait ensuite ses poussins dans des champs voisins et les ramenait le soir à la ferme. Tant pis si quelques-uns manquaient à l’appel: il en restait toujours assez.

L’aviculture raisonnée a changé tout cela, elle est devenue, pour les privilégiés de la fortune, une distraction de faux-goût, et constitue, dans les campagnes, une véritable industrie, aussi sérieuse que lucrative.


Comme telle, elle mérite d’être étudiée sous toutes ses faces et dans les moindres détails. Lisez LA POULE PRATIQUE, par E. Leroy. En vente dans toutes les bonnes librairies.

mardi 1 juillet 2014

La reine blanche

Dans son soutif
Où il n’y a plus de place
La  reine blanche met force biscotins pour ses chiennes couchantes
Tandis qu’elles se félinent entre elles dans son lit
Lovées en couleuvres
Couvertes de petits nuages blancs
Qui se tiennent dans les rameaux
Tout au-dessus d’elles
Comme des petits oiseaux
Et que les enfants du village font des attrapettes
En plein milieu de la nuit blanche
D’un blanc véritable de glaïeul blanc

(Par un fleuve emportée...)